II. l'esclavage
Sur la question de l'esclavage, les Esséniens se
sont prononcés avec une admirable netteté. Leur
jugement est l'expression même de la raison : la
philosophie ne peut pas aller au-delà. « Philon. On
JÉSUS et l'essénisme. î215
ne voit pas un seul esclave parmi eux; mais, étant tous également libres, ils se servent les uns des autres. Ils condamnent ceux qui possèdent des esclaves, non-seulement comme injustes et ennemis de l'équité, mais comme des impies et des destructeurs de la loi de la nature, laquelle ayant engendré et nourri tous les hommes, ainsi que leur mère commune, les a rendus frères et propres frères les uns des autres, non point seulement de nom, mais en effet et en vérité. Il n'y a donc, disent-ils, que la violente passion de dominer qui, n'ayant trouvé aucun obstacle à ses malheureux desseins, a rompu les nœuds de cette alliance sacrée, et a fait succéder le désordre à l'union et l'inimitié à l'amour. »
Le jeune homme :
1° Qui se consacre exclusivement aux brebis perdues d'Israël ;
2° Pour qui les Païens sont des chiens et des pourceaux;
3° Qui condescend à leur rendre service en récompense de leur foi en lui, et non en récompense de leurs bonnes actions ;
4° Qui connaît la fraternité religieuse, mais ignore la fraternité humaine ;
Ce jeune homme-là, malgré son incontestable générosité, paraît bien pâle auprès de ces Ascètes qu'éclaire la pure lumière de la, raison et qu'embrase l'amour de l'humanité.