Jérusalem fut prise par Pompée, 64 avant J.-C
3. Gaston Boissier, la Religion romaine, t. II, p. 343 et 344.
time;iln'a qu'une compagne de servitude qui habite avec lui (contubernalis), ou qui partage son lit (concubina)... Le consentement des parents et la permission du maître constituaient toute la cérémonie. Gomme ces unions n'avaient aucune sanction légale et qu'on pouvait les rompre aussi facilement qu'on les faisait, on hésitait moins avant de s'y engager, par la certitude qu'on avait de s'en dégager sans peine. Aucune autorité n'empêchait les conjoints de se séparer lorsqu'ils ne se convenaient plus. » Si l'on songe que. d'une part, les Apôtres, « gens illettrés et du commun du peuple » , vivaient au milieu des esclaves, tous concubinaires : que, d'autre part, la Communauté chrétienne recruta ses premiers et ses plus nombreux adhérents parmi les esclaves, les petites gens, et « tout ce qu'il y avait de vil et de méprisable selon le monde (I Corinth., 1, 28) » ; que, par conséquent, partout, en haut comme en bas de la société contemporaine, le concubinage enveloppait les Apôtres, comment pourrait-on leur attribuer la moindre répulsion pour ces unions si communes? Ce qui serait invraisemblable, c'est qu'étant donné leurs propres mœurs, les mœurs de la patrie juive, celles de la Société romaine et le milieu servile où ils vivaient, ils se fussent abstenus d'une liaison naturelle, légale et morale à leurs yeux, laquelle les aidait efficacement à observer l'une des prescriptions fondamentales de leur religion.
Ah ! sans doute, on pourrait élever quelque objection si les disciples de Jésus eussent montré une âme au niveau de celle de leur Maître; si les Douze Apôtres eussent été autant de Socrates ou d'Épictètes; mais en est-il ainsi? La vérité historique, telle
que nous la donnent les Évangiles, les Actes des Apôtres et les Lettres de Paul, nous dépeint les Apôtres comme de pauvres gens, obtus, superstitieux, rongés d'envie, lâches et ingrats, âpres au gain, et ne reculant même pas devant l'assassinat lorsqu'ils craignent pour leurs intérêts pécuniaires 1 . 11 est donc naturel que, voués au célibat et craignant pour la foi naissante la fréquentation des femmes païennes, les Apôtres aient emmené dans leurs missions étrangères chacun sa concubine chrétienne.
III. — Le concubinage chrétien inauguré par les Apôtres a été admis dans la discipline de l'Église pendant plusieurs siècles.
Le concubinage apostolique n'a pas été un phénomène isolé dans la Communauté chrétienne; il n'a pas surgi avec les Apôtres, puis disparu avec eux. Loin de là! il a laissé dans l'histoire de l'Église une trace ineffaçable. Respirant de toutes parts l'atmosphère concubinaire, l'Église naissante, dans l'intérêt de la propagande, ne pouvait pas heurter de front une coutume légale et profondément enracinée dans les mœurs publiques. Du reste, comment aurait-elle pu songer à engager la lutte lorsque ses membres, ses chefs, pratiquaient eux-mêmes le concubinage et ne voyaient en lui qu'un bien? Donc l'Église, au début, non-seulement n'a pas essayé de supprimer le concubinage, mais encore il était impossible que