Voir le chapitre nr, Un épisode
Tidée pût lui en venir : elle considérait et jugeait la chose du même œil que toute la société antique. Mais il était logique et naturel qu'elle entreprît de donner au concubinat le caractère chrétien : or, c'est précisément ce qu'elle a fait.
La première condition qu'elle imposa, condition conforme à la loi monogamique de Jésus 1 , fut que chaque homme ne pourrait prendre qu'une concubine, une seule !
La seconde, conforme à l'exclusivisme originel, fut que la concubine serait chrétienne.
Cette admission du concubinage dans la morale canonique nous semble étrange à nous, enfants du xix e siècle, qui avons l'habitude d'examiuer les faits passés à travers le prisme de nos idées actuelles et de nos mœurs policées. Si l'on veut que les siècles anciens se déroulent clairement à notre intelligence, il est nécessaire que l'on suive la méthode indiquée par Tite Live : « Pour comprendre les choses antiques, il faut qu'on revête une âme antique. » Eh bien, si, nous dépouillant de notre éducation contemporaine, nous entrons par la pensée dans les conditions historiques, dans les idées et les mœurs des premiers siècles, il sera facile de reconnaître que la discipline de l'Église au sujet du concubinage a été ce qu'elle devait être, et même qu'elle ne pouvait pas être autrement.
Non-seulement elle est le résultat naturel des mœurs du temps, mais elle n'a rien, absolument rien, qui soit en contradiction avec la théorie du mariage, telle que Paul l'a donnée au catholicisme.