De Custodia virginitatis, p
faudrait pas continuer les veilles à la Fête de Pâques, de peur que les Adultères qui attendent longtemps cette occasion n'accomplissent leurs desseins criminels, et qu'une femme coupable ne s'en serve pour pécher avec d'autant plus de facilité que son mari ne pourra la tenir enfermée sous clé ? » . Choisir le temple de Dieu pour théâtre de telles infamies dénote chez les Chrétiens du temps une rare dépravation.
Les Conciles ne cessent de rappeler les clercs à la continence, c'est-à-dire au premier et au plus saint de leurs devoirs. Le mal avait fait d'effrayants progrès. Si lès Ascètes et les Agapètes vivaient en concubinage mystique, de leur côté, les Prêtres se distinguaient par le relâchement de leur conduite. Pour caractériser les mœurs de Pipizo, directeur de conscience fort à la mode, Jérôme s'écrie : « C'est un ennemi de la chasteté 1 . » Mais rien ne peut donner une idée pîus nette de cette corruption que le récit des aventures du prêtre Sabinien.
Sabinien, nommé diacre par l'Évêque de Rome, « avait abusé de plusieurs filles, déshonoré des personnes illustres en souillant leur lit ; enfin il allait dans les lieux infâmes satisfaire sa lubricité et son ivrognerie 2 ». La séduction d'une grande dame, mariée à un personnage puissant, l'obligea de prendre
1. Jérôme, édition Maria nus. De Custodia, p. 147 : « Huic immica castitas ». — Quinze siècles plus tard, en 1878, dans le procès Lambertini, à Rome, l'avocat italien, M. Tajani, voulant caractériser les mœurs du cardinal Antonelli, s'écria : « C'était un ennemi de la chasteté. » M. Tajani, à son insu, répétait les paroles mêmes de saint Jérôme.