J. de Maistrb
l'évoque comme tenant au milieu de vous la place de Dieu même. » (11 e siècle.)
Constantin aux Pfaes du Concile de Nicée. — Discours de clôture : « Vous êtes des Dieux que Dieu nous a donnés. » (rv° siècle).
Le Père Félix. — Conférence sur le socialisme : « Le prêtre est l'homme qui représente Dieu même, l'homme qui apparaît dans sa personne comme une incarnation de Dieu dans l'humanité. » (xix e siècle.)
Enfin, le Concile œcuménique de Rome en 1870 en a fait un dogme : il a accordé au pape l'attribut qui seul distingue Dieu de l'homme ; l'infaillibilité.
Concile de Trosley (près Soissons), en 909. — « Dictionnaire des Conciles. La Religion était comme abandonnée; les crimes se multipliaient chaque jour ; ce n'était partout que fornications, qu'adultères, qu'homicides. Les évêques ne remplissaient pas leurs devoirs ; et, négligeant le ministère de la parole de Dieu, ils laissaient périr, faute d'instructions et de bons exemples, le troupeau du Seigneur... Les moines, les chanoines, les religieuses, n'ayant plus pour supérieurs que des étrangers, tombaient dans le dérèglement. »
Canon 9 e . « L'immoralité, cette peste, n'a pas seulement atteint les hommes de tout rang, mais encore les hauts dignitaires de l'Église. Et les prêtres, qui devaient retrancher des autres cette grangrène, les prêtres eux-mêmes pourrissent dans le fumier de la luxure. »
N. B. — Détail intéressant au point de vue de l'histoire des doctrines physiologiques : le Concile de Trosley défend les unions entre consanguins parce que « c'est d'elles que naissent les enfants aveugles,
bossus, chassieux ou couverts de taches repoussantes (les nœvi, sans doute) » .
Concile d'Augsbourg en 952. — Canon 1 er . Défense aux clercs, depuis l'évêque jusqu'au sous-diacre inclusivement, de se marier sous peine d'excommunication.
Canon 4 e . Défense aux clercs d'avoir chez eux des femmes sous-introduites : celles-ci, par ordre de l'évêque, seront fustigées : on leur coupera les cheveux.
Canon 11 e . Non-seulement les évoques, les prêtres, les diacres et les sous-diacres vivront dans le célibat, mais on obligera encore les autres clercs à la continence quand ils seront parvenus à un âge plus avancé.
L e Siècle. — Le xi e siècle, en fait de corruption, s'éleva à la hauteur des siècles précédents, si même il ne les dépassa point. Le Clergé avait tout usurpé, richesses et dignités ; aussi ne mit-il plus de frein à ses mauvaises passions. « Les richesses et les dignités temporelles de l'Église, dit l'abbé Guyot, furent l'occasion de son abaissement moral. Les bénéfices étaient envahis, la simonie propagea l'intrusion ; à la suite de ce sacrilège trafic, tous les vices s'introduisirent dans le Clergé ; la luxure, la première, car qui peut se passer de jouir? et les jouissances du sens dépravé sont l'instinct le plus indomptable quand il n'est pas étoufTé par une vocation divine et la piété. Revendiquer ses domaines profanés, replacer la chair sous le joug si noble et si doux de la continence, l'Église l'essaya; mais trop peu d'évêques avaient échappé à la corruption, et leurs eflfarts furent
paralysés par la violence ». (T. II, pp. 7, 21 et suivantes.)
En 1033, on jucha sur le trône pontifical un enfant de douze ans, Benoît IX. En grandissant, le jeune Vicaire du Christ se fit tellement haïr par sa vie dissolue, par ses meurtres et ses rapines, qu'il fut chassé en 1044. On vit alors un spectacle étrange. De même que Didius Julianus était monté sur le trône impérial à prix d'argent, de même la chaire pontificale fut achetée, argent comptant, par un évêque de la Sabine. Le nouveau Pontife, Sylvestre II, ne jouit pas paisiblement de son emplette : il eut un concurrent, Jean XX. Quelque temps après, Benoît lui-même rentra en scène : ce qui fit trois papes à la fois. L'un siégeait à Saint-Pierre, un autre à Sainte-Marie-Majeure, et Benoît au Palais de Latran : tous les trois également remarquables par leur vie criminelle, « flagitiosam et turpem vitam duxêre » l . Le mépris public et la haine contre Benoît étaient trop violents pour que celui-ci pût conserver la tiare. Benoît donc se décida à la vendre à un homme riche appelé Gratien qui fut intronisé sous le nom de Grégoire VI.
Grégoire VI est apprécié avec la plus grande faveur par les écrivains ecclésiastiques : « il fut regardé comme pontife très -légitime par les hommes les plus saints et les plus savants du temps, entre autres par le célèbre Hildebrand, par Pierre Damien et d'autres docteurs implacables contre les simoniaques. C'est même par amour pour Grégoire VI que Hildebrand, en montant sur le trône pontifical, prit le nom de Grégoire VII 1 ». Par quel prodige cet