‹ Les appareils d'approximation en chirurgie intestinaleChapitre 8 sur 14 · CA OR · texte numérisé non relu

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da plaque, faire une étoile quadrangulaire ; on laisse pendre à deux bouts les aiguilles, aux deux autres bouts les nœuds. Les fils sont alors enfoncés, sous forme d’anses, à travers les quatre orifices latéraux dé la plaque, de facon à dépasser la paroi postérieure de la lamelle et les anses sont fixées à la plaque par un troisième fil circulaire passant par toutes les anses. On forme ainsi un cercle parallèle à l’orifice central. Les deux bouts pourvus de nœuds constituent les fils des « sutures terminales »: les deux bouts pourvus d’aiguilles, ceux des « sutures de fixation ».

« Pour opérer, on fait sur le côté convexe de l'intestin (celui opposé au mésentère) un orifice anastomotique de 3 à 5 centimètres de long. On introduit de champ la lamelle armée dans ia cavité intestinale; puis on la retourne de façon que les bouts des fils regardent la paroi et que les extrémités des lamelles soient à distance égale des bords de la plaie. On fixe les lamelles en passant les fils armés d’aiguilles à travers la paroi du tube digestif, à plusieurs millimètres en dehors des bords de la plaie. On procède de la même façon pour le deuxième bout d'intestin. On procède ensuite à l’union de ces lamelles. Pour celz on lie : 1° les fils de fixation internes ; 2° les fils. des sutures terminales; 3° la dernière paire des fils de fixation. Les nœuds sont coupés courts et les deux séreuses sont ainsi appliquées exactement. »

On peut compléter cette approximation par lamelles par une suture de Lembert continue.

La méthode de Senn fut partout vite acceptée par nombre de chirurgiens; elle donna d'excellents

résultats car elle est rapide. Pour une entéro-anastomose il ne faut en effet que de dix à quinze minutes; elle n’en demande que vingt à trente pour une gastro-entérostomie, et trente-cinq à soixante pour une résection du pylore avec gastro-entérostomie, au dire de von Baracz. Jessett, qui fit en 1889 un résumé des recherches précédentes, conclut que la méthode de Lembert donnait 86,6 p. 100 de mortalité, tandis que celle de Senn abaissait ce pourcentage A7 03.

Néanmoins il est incontestable qu’elle nécessite une certaine expérience et on lui a fait quelques objections :

lo Difficulté parfois de rapprocher les lamelles;

2° Glissement facile en dehors des lamelles des bords de la plaie, d'où nécessité de multiplier les sutures séreuses et perte de temps ;

3° Gangrène possible des parois, si on serre trop les nœuds ;

4 Longueur de Ïa préparation des plaques et de leur armement.

On modifia bientôt la méthode et de nombreuses variétés de plaques anastomotiques furent employées, qui n'étaient du reste que des dérivés de l'appareil de Senn.

Robert Abbe, après avoir employé les plaques de Senn avec succès dans un cas d’obstruction complète du côlon, propose cependant de leur substituer des anneaux de catgut, à cause de la difficulté qu'il eut à préparer les premières et à les appliquer. Mais la

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confection et la conservation de ces anneaux semblent Être aussi délicates.

Rudolphe Matas, Brotraw emploient à leur tour, l’un des anneaux en caoutchouc, l’autre des tubes en caoutchouc segmentés.

Avec Robert Dawbarn apparaissent les plaques d’approximation très facilement résorbables : lamelles de pomme de terre.

Roman von Baracz (de Lemberg) utilise successiment des raves, des pommes, des radis, des carottes, des betteraves, des choux-navets. On opère comme avec les plaques de Senn. Par ce procédé il fit avec un bon résultat une gastro-entérostomie.

Un chirurgien anglais, Littlewood, fit, dès 1887, l'opération proposée par Senn en la modifiant: dans l’ouverture des deux plaques, il place une bobine d'os décalcifié ; de la sorte, les ouvertures desdites plaques restent bien en face, les parois intestinales sont ainsi en contact très uniforme.

Puis en 1890 on voit avec Sachs, Jesset, Robson, réapparaitre les boutons et bagues d’approximation qui n’ont rien de bien particulièrement différent de ceux signalés déjà, si ce n'est qu'ils sont tous en substances résorbables.

Ce retour aux boutons nous conduit à l'appareil de Murphy et à ses dérivés.

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