‹ Les appareils d'approximation en chirurgie intestinaleChapitre 9 sur 14 · LE BOUTON DE MURPHY ET SES DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

LE BOUTON DE MURPHY ET SES DÉRIVÉS

Dès 1892 se construisent des appareils plus complexes mais plus facilement et plus rapidement applicables : ce sont les boutons anastomotiques proprement dits dont celui de Murphy est le type.

Il est trop universellement connu pour que nous en donnions une description détaillée ; du reste la figure est assez claire et explicite par elle-même.

Qu'il nous suffise de dire qu'il se compose de deux pièces ; la pièce mâle et la pièce femelle, pouvant s'engager l’une dans l’autre et restant solidement appliquées l’une contre l’autre grâce à un ressort.

mue OU

La partie mâle est en outre pourvue d'une bague mobile qui peut se rapprocher de la pièce femelle. Le manuel opératoire relevant de son application est basé sur les principes suivants, d’après Murphy lui-

meme :

1° Retenir l’apposition automatiquement, c'est-àdire sans suture;

2 Produire l'union des tissus par une ligne d’atrophie par pression élastique ;

3° Juxtaposer les bords des mêmes enveloppes ;

4° Faire l'union avec le minimum de cicatrice possible ;

5° Opérer rapidement (dix à quinze minutes).

Qu'il s'agisse d’une anastomose bout à bout (entérorraphie circulaire), d’une anastomose latérale (entéro-anastomose) ou encore d'une gastro-entérostomie, voire même d’une cholécystentérostomie, ce manuel opératoire comporte plusieurs temps :

1° Introduction de chacune des deux moitiés du bouton séparées dans la lumière du viscère ;

2° Accolement des lèvres de ce dernier à la surface du cylindre central par une suture en bourse ;

3° Rapprochement des deux demi-boutons et emboîtement de l’un dans l’autre ;

4 Il est enfin quelquefois nécessaire et prudent de mener un surjet séro-séreux au niveau du pli circulaire d’adossement des deux parois.

Pressées l’une contre l’autre, ces parois se nécrosent; le bouton devient libre et est entraîné.

rue”

Son expulsion a lieu en général de une à trois semaines après son application.

Murphy pratiqua de nombreuses expériences chez les animaux et chez l'homme avec son bouton et malgré les résultats obtenus on lui adressa de nombreuses critiques. On a dit qu'il présentait de grandes difficultés dans l'application — on l’a accusé de causer des ulcérations de l'intestin, de produire de l'occlusion à son niveau, d'amener de la gangrène — où a insisté sur la difficulté d'élimination, etc.

Il est incontestable que toutes ces objections sont parfois manifestement exagérées et qu’il est souvent facile d'éviter ces inconvénients. Nous y reviendrons du reste au sujet du bouton de M. Jaboulay.

Toutefois, appréciée par nombre de chirurgiens, la méthode de Murphy fut vite adoptée et se substitua rapidement aux plaques de Senn et à leurs dérivés. |

On la modifia néanmoins dans ses détails et dans la construction de l'appareil du chirurgien de Chicago.

M. Destot, en 1894, dans les Archives provinciales de chirurgie donna la description d'un bouton qui supprimait la suture en bourse. Mais, en somme, ce nouveau modèle est un bouton de Murphy ayant pour principe celui de l'appareil de Bonnier.

Le bouton de Villard se compose également d’une pièce mâle et d'une pièce femelle. La bague avec ressort de l’appareil de Murphy est supprimée. La pièce femelle porte un pas de vis à l’intérieur de son cylindre central pour s’articuler à la partie mâle qui,

elle, a quatre languettes à ressorts avec griffes, cellesci entrant dans Île pas de vis de la précédente. Le cylindre externe est percé de quatre trous ovalaires destinés, dit Terrier, à laisser passer les matières.

A la même époque, un certain nombre de fabricants d'instruments de chirurgie ont imaginé aussi des modifications.de l'appareil de Murphy. Signalons celles de Mathieu, de Windler (Berlin), de Drall (Heidelberg). |

Le bouton imaginé par Chaput ne ressemble en rien aux boutons précédents. Avec lui nous revenons aux appareils de support simples. C'est une gouttière elliptique, dont la face concave (la gouttière) regarde en dehors et dont les bords présentent quatre incisions. Il y a cinq modèles de tailles diverses. L'application en est simple: pour l’anastomose latérale, après incision des viscères, on rapproche les bords postérieurs des deux ouvertures et on les réunit par un surjet ; on applique ensuite le bouton, de champ, de facon que le bourrelet postérieur ainsi formé vienne occuper la moitié de la gouttière et on l'y maintient en nouant les deux bouts du surjet sur l’autre moitié de celle-ci, sa gorge antérieure ; puis on passe un deuxième fil derrière le bouton et on se sert de ses deux chefs pour pratiquer un surjet antérieur qui complète l’anastomose.

D'après Chaput les avantages de ce bouton sur celui de Murphy sont que l'opération est plus rapide ; — que le gros bouton a une circonférence plus petite que le plus petit bouton de Murphy et un orifice plus grand que le plus gros bouton de Murphy ; — que le

CT

Page 1