VENGEANCE D'OUTRE-TOMBE
L'activant du regard, du geste et de la voix ; Depuis longtemps déjà, la nuit file sa trame, L'orage met dans Tair de l'horreur et du drame.
Replaçant ses mains sur les bords De la table qui déraisonne, Elle dit : « Allons ! tu t'endors?... > Bientôt, maint craquement résonne.
La vieille interroge des morts, Et jusqu'à la moelle frissonne Quand l'un d'eux parle de remords...
Juste à ce moment minuit sonne t La table avec d'affreux efforts Se lève, la dame soupçonne Sa haine, et veut fuir au dehors...
Mais, le meuble lourd l'emprisonne En lui barrant la porte. Alors, Sous l'esprit fou qui l'éperonne, Cette table a des bonds plus forts
Contre Têtre qu'elle environne, Puis, tumultueuse, elle tonne Avec ses quatre gros pieds tors, Et, comme une masse à ressorts, Se précipite sur ce corps Qu'elle écrase, lente, et tronçonne.
Ainsi, par le pire des sorts.
Finit cette vieille personne Dans son grand château monotone Où gémissent les cris discords Des hiboux et du vent par les longs corridors.