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LES DEUX PORTRAITS

Le maître du château — vieil avare que ronge

L'inextinguible soif de Tor, Laisse le grand manoir poudroyer dans la mort,

Moisir dans le croupi du songe.

Mais, à tous les minuits, quand la lune emblafarde

Les antiques appartements.

Face à face accrochés, les deux portraits d'amants

Plus concupiscents se regardent.

Puis, ayant tressailli sur le haut mur farouche, Quittant leur cadre en même temps,

Ils volent l'un vers Tautre, et se joignent, flottants, Là, dans le vide, bouche à bouche.

Ils se boivent, lents et sans bruit.

Pendant qu'au-dessous d'eux, la Nuit Peuple de cauchemars le sommeil du vieux ladre ;

Et, quand Tombre pâUt •— avec des soupirs longs. Chacun, pensif, à reculons, Vient se remettre dans son cadre.

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