LA MAGIE DU TORRENT
Puis, toujours 'plus cette eau diverse et monotone
S'empare de Tâme et des yeux,
Les rive à son train sinueux Qui se creuse, bondit, tourne, oscille et moutonne.
De tout ce fugitif d'aspects, de voix sans nombre,
Emane un ensorcèlement Par lequel on n'a plus, sans corps ni sentiment,
Que la pure extase d'une ombre.
On est tellement hors l'espace, Au dedans, comme à la surface.
De soi-même on est si sorti...
Que l'on ne pourrait, sans mensonge, Dire ce que l'on a senti Pendant cette ivresse de songe !