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L'AZUR

L'azur rit au glacier" dont la blancheur Timplore, Aux cimes des forêts, à Tonde qu'il colore, Comme il fait du ruisseau son peiit miroir pur.

C'est tout le firmament, son âme, son essence, Puisque l'astre monarque a besoin de l'azur Pour montrer l'infiiti de sa magnificence !

Avec le mal entour de leur teinte pâlie.

Fermant de vaporeux la noble immensité , lis font au paysage une mysticité, Gomme un grand sanctuaire à sa mélancolie.

Que de regards vers eux se calment ou s'éplorent ! Et que de fois le cœur s'y confronte en secret ! Ils sont contagieux de l'espoir, du regret, De la joie ou du deuil que leurs lointains arborent.

Dominant les ravins, les terres et les ondes, Gigantesques ou bas, montagneux ou boisés, Ils fascinent le rêve, — et, jusques aux pensers, Projettent le reflet de leurs stupeurs profondes.

Tout le jour, l'imprécis des rocs et des feuillages S'y transforme, — et, quand l'astre y croule agonisant, On dirait, monstrueux, sous un voile de sang, Des chaos de cité, de mers et de nuages.

On les voit, pleins du vague où le brouillard les plonge. Spectres pétrifiés dans leurs enchantements.

Davantage fanés, blêmes, éteints, dormants, Ils sont encore plus magiciens du songe.

Joignant le ciel, — mêlant à leur cime fondue

Son azurolair ou pâle — égal ou pommelé.

Ils vivent son aspect léthargique ou troublé.

Couvent sa confidence à travers l'étendue.

las LES APPARITIONS

Les mêmes horizons, vision coutumière,

Ont le don de distraire autant que d'attrister, Demeurant toujours neufs pour vous faire a'ssister Au jeu fantomatique et doux de la lumière.

Seul, l'horizon des pics, comme d'un sortilège, Nous opprime à jamais d'un cauchemar vainqueur ; Encore, maintes fois, le noir ennui du cœur Se console à souffrir l'ennui blanc de la neige.

Ayant, lorsqu'au printemps la nue est découverte, Le murmurant silence et la gaze qui rit.

Ils semblent dégager sur tout ce qui fleurit Le radieux de leur immobilité verte.

Du poids de son soleil l'été qui les écrase Dans leur gloire déjà met de l'accablement ; Sous le ciel travaillé d'un orageux tourment, Ils regardent croupir les choses en extase.

Teintant à l'infini leur masse monotone D'un pompeux coloris si triste en ses éclats, Ils sonnent pour les yeux les mystérieux glas Des beaux jours figurés par les feuilles d'automne.

Et l'hiver, au stagnant dénudé de l'espace Ils ajoutent leur mort et comme leur terreur ; L'ombre de leur squelette affreuse de maigreur Etend son âpre té sur cette carapace. •

Dans ces plaines d'ennui, dont la longueur avide Se déroule uniforme, et sans un arbrisseau, Sans un spectre de roc, de ronce pu de roseau. Les horizons perdus sont les décors du vide.

C'est là, sur ce hideux théâtre si désert.

Qu'un soir, je vis le drame effrayant de l'Abîme

Que la Foudre elle seule à la fois parle et mime

Avec les grondements, les gestes de l'Enfer.

Alors, les horizons figés et taciturnes,

Tous quatre horrifiés par leurs apprêts nocturnes

Tremblaient et mugissaient du tumulte des cieux,

Et, par instants, changés en montagnes de braise. Faisant flamboyer Tombre où se brûlaient mes yeux. Cerclaient le gouffre plat d'une ardente fournaise.

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