SCENE PREMIERE JAG'JUELIN, MADAME JAGQUELIN, GERMAINE
Au lever du rideau, Jacquelin sommeille dans un fauteuil près de la cheminée, le dos tourné au public. Madame Jacquelin est occupée à mettre des étiquettes sur des pots de confiture que Germaine place ensuite sur les rayons de l'armoire.
MADAME JACQUELIN
Eh bien, Germaine, à quoi penses-tu ? Voilà trois fois que tu me donnes une étiquette pour les abricots au lieu d'une pour les mirabelles !
GERMAINE
Tiens ! En effet !
Qu'est-ce que tu peux avoir? Tu es absorbée^ distraite...
GERMAINE
C'est une idée que tu te fais... Crois-tu que tout va tenir là-dessus?
MADAME JAGQUEMN.
Mais oui, mais oui... et nous aurons ainsi une belle provision de confitures pour Pierre... De quelle date est donc au juste sa dernière lettre?
GERMAINE
Je vais te le dire... Elle est là, avec toutes les autres, dans le tiroir.
MADAME .JAGQUELIN.
Va doucement. Prends garde de faire du bruit et de réveiller ton père.
GER.MAINE
N'aie pas peur. (eUo va sur la pointe du pied ouvrir un secrétaire ot y prend une letlre. Lisant.) « HanOÏ, le i
août.. »
MADAME JAGQUELIN.
Elle nous est parvenue le 6 septembre... nous sommes le 14... nous en aurons silreuient une autre aujourd'hui ou demain; l'enfant nous écrit fidèlement
tous les huit jours... (Regardant la pendule.) Déjà deux
heures et pas de courrier encore ! Ce facteur arrive uiainlenant avec des retards scandaleux !
Il est si vieux, pauvre homme, si fatiyuèl