ACTE DEUXIÈME
MAURICE
Trouvez-vous qu'elles fassent bien?
GERMAINE
Ah! grand Dieu!... C'est tout de travers!... Ah ! les hommes! Ah !
JACQUELIN
C'est ça! Gronde-nous, pour nous remercier!... (a MauricG.) Ça nous apprendra à faire son ouvrage !
En elfet. Ça nous apprendra !... Plaçons tout de même ces potiches... C'est votre frère qui vous les a envoyées ?
GERMAINE
Oui, d'Indo-Chine.
MAURICE
Ce bon Pierre!... Mais comme vous devez vous féliciter de ce qu'il n'a pas été envoyé en campagne ! Je lisais hier, dans un journal, qu'on signalait au Tonkin un réveil de la piraterie, et à la description des cruiiutés commises par ces monstres d'Asiatiques, j'ai constaté que le sort vous protégeait toujours...
Pendant que Maurice parle, madame Jacquelin semble très émue.
•JACQUELIN, vivement.
Maurice! Maurice! ne parlez pas de ces choses-là devant ma femme! Ça l'émeut, ça la bouleverse!
GERMAINE
Ah, mon Dieu ! C'est vrai, maman est toute pâle I
MADAMIC .JACQUELIN.
Oui... oui... l'idée que Pierre pourrait être exposé...
MAURICE
Je ooiuprenJs... l'idée seule... Ahl combien je vous demande pardon! Mais dites vous qu'il est loin du pays où l'on se bat, en toute sécurité I
JACQUEr.,IX.
yiens, Annette, rentre à la maison, (aux autres.) Ce ne sera rien ; seulement, elle est si nerveuse!,.. Vous, mes enfanU, restez à votre ouvrage.
GERMAINE
Par exemple! J'accompagne maman...
MADAME JACQUELIN
Non, ma chérie, non! je suis déjà tout à fait remise...
JACQUELIN
Tu n'as que le tem|)s, mignonne, de finir ton chefd'œuvre; reste, je le veux !
Jacquelin sort par la gauche, emmenant madame .lacquelin.