ACTE DEUXIÈME
giées, jusqu'au jour où ils couvriront de baisers l'enfant que j'aurai ramené sain et sauf ! Puisse ma ré^ compense alors être leur éternelle affection., la vôtre, Germaine !
GERMAINE
Elle vous est à jamais acquise I
Ce qui signifie, n'est-ce pas, que vous serez mienne ?... Promettez-le moi avant de nous séparer.
GERMAINE
Non, non! ne me demandez pas ça!.. .l'ai des raisons de ne pas vous répondre... des raisons de conscience..'. Et dites-moi, oh! dites-moi que, même si je ne devais jamais être à vous, vous ne vous en consacrerez pas moins au salut de mon frère?
MAURICE
Me croiriez-vous capable de mettre une condition à mon dévouement ?
GERMAINE
Non ! certes non ! Pardonnez-moi, je vous ai fait injure !.. Mais silence devant mon père !
Entre Jacquelin par le fond suivi d'une troupe de vendangûurs.
SCÈAE X
Les Mêmes, jacquelin, MANCEAU, Plusieurs Vendangeurs, puis MADAME JACQUELIN, et MARCHAND, puis VICTOIRE etd'AuTRES Vendangeurs.
JACQUELIN, entrant, aux vendangeurs.
Venez, mes amis, venez par ici, pendant que vos
camarades déchargent au pressoir la charrette qui transportait les derniers cuviers. (a Maurice.) Car elle est enfin cueillie, Maurice, la dernière grappe !
Ah ! bravo !
JACQUELIN, aux vendangeurs.
Vous allez être récompensés de votre peine. En attendant le souper, on va servir une collation qui vous donnera des forces pour presser le raisin blanc et fouler le rouge dans les cuves...
MANGEAU.
Ma foi, monsieur Jacquelin, ce ne sera pas de refus. Nous avons donné un rude coup de collier pour arriver au dernier rang de ceps, avant la fin de la journée.
Entre par la gauche madame Jacquelin suivie de Marchand qui porto un panier de bouteilles. MADAME JACQUELIN.
Victoire nous suit avec les gâteaux...
On entend des cris et des rires bruyants dans la coulisse à gauche.
JACQUELIN
Qu'est-ce que c'est ?
Entre par la gaucho en courant Victoire, les bras chargés d'un plateau sur lequel sont des gâteaux. Elle est entourée de vendangeurs qui la lutinont et elle rit aux éclats. VICTOIRE.
Voulez-vous me laisser... Ah! ah I ah !.. Voulezvous bien ? Ou je laisse tout tomber pour vous flanquer des gifles !.. Défends-moi, Marchand, ils veulent m'embrasser de force, défends-moi!.. Ah! ah! ah!
JACQUELIN
Allons, allons! Soyez convenables!