ACTE ÏUOISIÈME
esprit avec la nôtre, celle de la maison natale, des lieux qui lui étaient si chers... Mon Dieu! mon Dieu!
Grise d'angoisse. Elle se trouve mal.
VICTOIRE
Madame! Madame! je vous dis qu'il vous reviendra!
JACQUELIN
C'est une crise comme celle de ce matin... (a madame Jacqueiin.) Là... là... calme-toi, ma bonne... Si tu prenais un peu de ta potion ?
Non, plus tard!... Ah! cette oppression! cette étreinte!
JACQUELIN
Ou si tu pouvais venir dans ta chambre... En pareil cas, tu es beaucoup mieux couchée !
MADAME JACQUELIN
Oui, tu as l'aison, oui.
VICTOIRE, aUant pour soutenir madame Jacqueiin.
Doucement, Madame, appuyez-vous sur moi.
JACQUELIN
Non, laisse. Victoire; Germaine et moi suffirons...
(a madame Jacqueiin qui est debout.) Là, tU Vas déjà
mieux, viens à petits pas. viens !
Madame Jacqueiin sort à gauche soutenue par Jacqueiin et Germaine.
VICTOIRE, à ga;iclie, à la cantonade.
Ça ne sera rien, allez!... Je vais marquer sur un bout de papier la soniiae due aux ouvrières pour que demain vous n'oubliiez pas... et le nom de Marie Letourneur, pour que vous ne lui donniez plus d'ouvrage!
Victoire restée seule se met à écrire. Entre Leroy par le fond.
88 LESAFFKLKUKS
SGÈNh: III VICTOIRE, LKROY.
Tu es seule, Victoire?
VIG'J'OIRE.
Oui, monsieur Leroy, entrez donc... Là, c'est fait.
Elle va mettre le papier sur lequel elle a écrit en évidence sur la cheminée.
LEROY
Tu pars toujours ce soir?
VICTOIRE
A sept heures, monsieur Leroy,
LEROY
Il fait froid, tu vas passer une mauvaise nuit; (jue ne pars-tu demain matin?
VICTOIRE
Oli ! non, non! je suis trop pressée de me rendre là-bas, de voir la porte du cloître se refermer sur moi pour toujours, oui, pour toujours, monsieur Leroy... crac ! pafl... comme une pierre sur une tombe!
LEROY
Ma foi...
VICTOIRE
Oui, n'est-ce pas?... Les morts ne sont guère plus tranquilles dans leur cercueil que nous dans nos cellules... et c'est ça qui est bon! voyez-vous, c'est ça qu'il faut!