‹ Les Appendicites A OxyuresChapitre 5 sur 17 · ANS · texte numérisé non relu

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— 12 — 6 Dans les thèses de Ragaine, Bertholet, Desaunais de Guermarquer sont décrits des cas où l’oxyure paraît avoir été cause des lésions appendiculaires ; mais, chez tous ces auteurs, Panatomie pathologique paraît avoir été délaissée, où bien, les quelques données que nous y trouvons semblent plutôt prouver la non existence des lésions: si bien, qu'en 1908, Comby, dans un travail sur l’appendicite chronique chez l'enfant, écrit: «On a’signalé parfois la présence d’oxyures et de trichocéphales, mais ces parasites semblent n'avoir joué aucun rôle dans la pathogénie des lésions.

Ce n’est qu'en 1907, que M. Wéinbeïg (1), dans un article sur les Helminthes, parle des effets de l’oxyure dans Pappendicite; en 1909, MM. Brumpt-Lecène (2) et Ménétrier (3) signalent de nouvelles lésions. Ayant eu la chance de posséder une observation détaillée de M. le professeur Forgue et des coupes de l'organe extirpé, nous tàcherons de grouper ces diverses observations et d'en dégager les lésions dues à l'oxvure, ses effets éliniques et sa pathogénie. ,

Mais auparavant, il convient de faire un court exposé parasitologique de l’oxyure.

(1) WEINBERG. Annales de l'Institut Pasteur, 1907. Juillet.

(2) BrRuMPT-LECÈNE, Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1909.

(3) MÉNÉTRIER. Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1909.

PARASITOLOGIE

L'oxyure (1) est un Nématode de la famille des Ascaris ; c’est un parasite de l’homme chez qui il siège dans l'intestin grèle; l’accouplement se fait dans le voisinage de la valvule iléo-cœeale; puis les femelles fécondées restent dans le cœeum et l’appendieïte et, après la maturation des œufs, émigrent vers l’anus.

L'oxyure est un petit ver de couleur blanchâtre, mesurant 3 à © millimètres pour le mâle; 9-12 millimètres pour la femelle; il présente une extrémité céphalique qui est renflée et où se trouve une bouche munie de trois lèvres; la partie latérale du corps est longée d’une crête prismatique. Le mâle se distingue de la femelle par sa taille plus exiguë et par son extrémité caudale qui est sinueuse, ou enroulée en spirale, et dont l'extrémité est un long spicule retourné en hameéçon. La femelle plus longue, effilée à sa partie caudale, à la vulve vers le quart antérieur du corps.

Sur une section transversale, l’oxyure présente les deux saillies linéaires de son enveloppe chitineuse, situées aux deux pôles de la circonférence externe de l’animal; en plus, celte partie externe prend une coloration très intense avec les réactifs ordinaires; mais ce qui le caractérise véritablement, ce sont ses organes, surtout génitaux, ou, chez la femelle, les œufs qui, malheureusement, ne sont pas toujours visibles sur

les coupes.

(4) Synonymie (d’après GuraArT): Ascaris, Lumbiculus; Ascaris

vermicularis; Fusaria vermicularis; Oryuris vermicularis.

LISA Se :

L'oxyure se distingue des autres parasites intestinaux par sa taille plus exiguë (surtout vis-à-vis de l'asearis); il se diffé-

rencie du trichocéphale, dont les dimensions sont plus voisines, surtout par son appareil masticateur qui, chez l’oxyure, est

dénué de dents. En plus, ils sont différents les uns des autres par leurs œufs: tandis que ceux de l'oxyure sont. ovales, mesurent 50 1 de longueur environ sur 45 u de large, et renferment, au moment de la ponte, un embryon, ceux de lascaris sont d’un aspect muriforme, et ceux du tricocéphale ont la forme d’un citron ou d’un fuseau dont les deux extrémités sont

brillantes.

Le parasite étant connu dans ses principaux caractères, il convient d'exposer l'observation d’où découleront en même temps

des conclusions cliniques et pathogéniques:; la partie clinique est due à M. le professeur Forgue, la partie anatomo-patho-

logique à M. le pfofesseur Bosc.

Observation

{due à l’obligeance de M. le professeur Forgue)

X.., 25 ans, sujet espagnol, entre à l'hôpital pour vagues douleurs adbominales, douleurs peu vives, survenant par crises à intervalles irréguliers.

Les antécédents du malade nous apprennent que, cavalier dans un régiment espagnol, il eut à plusieurs reprises des douleurs abdominales survenant brusquement et le mettant dans impossibilité de continuer son service. A plusieurs reprises, il avail été ainsi admis à l'hôpital, et les crises disparaissaient en quelques jours.

Quels furent à cette période les symptômes, le diagnostie, le traitement ? Nous ne le savons guère, car ce malade s’exprime très difficilement en français. Cependant il semble que les médecins durent arriver à un diagnostic peu ferme, car après quelques crises, ce malade fut traité comme simulateur.

LS a.

Depuis sa sortie du régiment, le sujet continue à souffrir.

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La douleur n'est pas suffisante pour nécessiter le repos au lit: elle est pongitive, localisée de préférence dans la fosse

iliaque droite, s’accentuant par l'effort et la fatigue au point de

mettre cet hommé hors d'état de travailler avec activité et con-

tinuité. Il n'y a jamais eu de véritables crises; mais la douleur

prend, à certains moments, un caractère de plus vive acuité. Le malade s'exprime mal sur sa forme exacte: ce n’est point une sensation de uraillement, ni une douleur lancinante.

C'est un point profond, une sensation de « chaleur doulou-

reuse » avec paroxysmes que les écarts de régimes, les fati-

gues, révèlent davantage. Les digestions sont irrégulières, l’amaigrissement manifeste; la constipation alterne avec des périodes de diarrhée fétide. Jamais de glaires ni de peaux dans les matières. La pression dans la fosse iliaque droite révèle une très faible résistance musculaire; mais les doigts, même profondément appuyés, ne rencontrent aucune tuméfaction cœcale ou appendiculaire perceptible. Quelques nausées habituelles sans vomissements. 7

Devant cet état, mon diagnostic est: appendicite chronique simple. Et, devant la sincérité indéniable des plaintes du sujet, la continuité de l’état douloureux, son obstacle au travail régulier, son retentissement sur la nutrition générale, je conseille et pratique l'intervention. L’appendice était libre, un peu congestionné sur sa surface séreuse; l'intervention fut rapide et simple. Or, à ma grande surprise, ouvrant l’appendice, comme j'ai toujours l'habitude de le faire devant les élèves, je trouvai l'organe occupé par un grand nombre d’oxyures. Il en avait une cinquantaine recouvrant la muqueuse. La chose me frappa d'autant plus que, depuis la communication de Metchnikoff, j'ai systématiquement recherché les entozoaires, oxyures ou tricocéphales dans les appeñdices que j'ai enlevés; c'était la première fois que je trouvais ces vers parasites: el, depuis un an, où s’est présentée cette première observation sur une série de 39 appendieites opérées, je n’en ai rencontrée une comme ce cas. Quelques-uns de ces vers, examinés au microscope, se mon-

trèrent être des oxyures f emelles. L'examen an atom: pathologique de l’appendice montre les lésions habituelles de l’appendieite chronique telles que Letulle et Weinberg les ont établies.

Les suiles de cette intervention furent excellentes. L'opéré

quitta l'hôpital guéri de ses douleurs, mangeant et digérant normalement, plein d’ardeur et de confiance dans sa capacité au travail. A

Nous ne Pavons plus revu depuis,

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