Les applications de l'anthropologie criminelle
Je n’étais, encore, qu'aux dernières lignes de mon ouvrage : les Nouvelles recherches de Psychiatrie et d' Anthropologie criminelle^ et j’ai dû me convaincre avec regret que je dépassais les limites fixées par mon éditeur à cette publication. Force m’a donc été de scinder mon sujet et de réunir dans un second volume que je présente aujourd’hui au public les applications littéraires, pénitentiaires et médico-légales de V Anthropologie criminelle^ applications que nous devons à Du Hamel, Tarde, Sighele, Ferri, Le Fort, Frassati, Garofalo, Drill, Nathan, Zola, Dostoiewski, Onanoff, Blocq, Brookway, Winter, Sergi, Gaudenzi, Mosso, Anfosso, Benedikt, Bertillon, Nicomède, Ryckiere, Latischew.
Ce livre sera, en même temps, une nouvelle réponse à ceux qui nous reprochent de rester toujours dans les nuages, sans pouvoir descendre dans le monde pratique et juridique. — Il ne serait pas, à vrai dire, bien extraordinaire qu’une science aussi nouvelle n’eût pas trouvé , de prime abord, des applications. Le plus grand historien et peut-être le plus grand psychologue de l’Europe, M. Taine, a bien écrit qu’il n'est
LOMBKOSO. — Aip\iL de l'anthr.
■1 u:S APPLICATIONS DC L’ANTJIROPOLOGIE CRIMINELLE
pas nécessaire que le vrai soit utile. C'est qu’il faut posséder les instruments, les avoir bien aiguisés, et savoir les manier avant de les employer avec avantage ; et il faut bien se souvenir qu’un siècle s’est presque écoulé depuis l’invention de la pile de Volta jusqu’à son application au télégraphe, aux dynamos, etc. Nous ne serions donc pas honteux que nos théories ne fussent pas encore utilisables dans la pratique. Cependant, nous allons montrer dans ce livre les applications de V Anthropologie criminelle^ les points les plus éloignés, dans le champ littéraire par exemple, dans celui de la pratique pénitentiaire et du droit pénal (1) qui, déjà, commence à sentir le souffle de la réforme et à changer de direction.
Et comme il y a toujours dans le monde des Wagner, qui ne croient pas une science sérieuse, si elle n’est pas bourrée de chiffres et d’instruments compliqués, lesquels tiennent lieu, pour les laïques, des anciennes formules hiératiques, nous compléterons nos études par une brève description des instruments que nos collègues Gaudenzi, Mosso, Anfosso et Benedikt ont récemment inventés pour rendre faciles, même aux profanes, les mesures anthropologico-criminelles et psycho-physiques