CHAPITRE VII
LE TYPE CRIMINEL DANS l’aRT
Ce que nous avons dit pour la littérature s’applique encore mieux aux beaux-arts (peinture, statuaire).
M. le D‘’ Edouard Lefort dans une très belle monographie le Type criminel (T après les savants et les artistes (Lyon, Stork, 1892), vient de démontrer que, dans tous les chefs-d’œuvre artistiques, et particulièrement dans ceux de la peinture, le type criminel, tel que le constata scientifiquement la nouvelle écoie, a été complètement saisi par les grands maîtres, meme des siècles les plus arriérés.
Ainsi dans le Massacre des Innocents de Giotto, un des soldats exécuteurs a le crâne étroit, les lèvres épaisses, et le prognathisme du maxillaire.
Dans le Martyre de Fra Angelico da Fiesole un des bourreaux a un énorme développement des zygômes et des mâchoires.
Plusieurs damnés dans le Juyernent dernier de Michel-Ange ont le type mongol ou nègre et l’oreille pointue et en cornet; dans cette fresque nous trouvons aussi une tcte de démon au front fuyant, au nez pointu, aux grandes oreilles en cornet.
19f) LRS APPTJ CATIONS DE L’ ANTHROPOLOGIE CRIMINELLE
Quelques figures de damnés ont tout h fait l’air hébété, idiot.
Dans une des toiles d’Andrea Montagna, représentant un martyr, le bourreau, prêt à frapper, a une tête hideuse : front fuyant, crâne chauve, nez épaté, lèvres épaisses dont l’inférieure s’avance sur un menton carré.
Le Titien, dans son Martyre de Saint-Laurent et dans son Christ couronné d épines^ nous montre les exécuteurs avec tête massive, front bas, extraordinaire développement transversal de la face, cheveux implantés bas, abondants; barbe mal plantée.
Raphaël a, dans la Cène, donné à Judas une tête large, des sourcils contractés, une lèvre supérieure saillante.
Dans la Montée du calvaire et dans le Massacre des Innocents^ il donne également aux exécuteurs des lèvres épaisses, des sourcils fortement ramenés sur les yeux, et le prognathisme du maxillaire, avec prédominance du diamètre transverse de la face et épaisseur des mâchoires.
Paul Caliari, dit le Véronèse, dans le Crucifiement et dans son Jésus traînant sa croix, nous montre des bourreaux avec figures d’idiots , dysimétrie verticale, cheveux touffus, barbe rare, partie supérieure du visage trop forte pour l’inférieure, bouche tirée en arrière, aux lèvres pincées, apophyses zygomatiques énormes.
Les soldats et les bourreaux du Carrache (Louis) dans son Couronnement d'épines et dans la Flac/(dlation ont le regard méchant, la tête carrée', les sourcils très arqués, le nez épais, la bouche ^ large aux lèvres contractées.
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Chez les maîtres des écoles, flamande, espagnole, française, nous trouvons répétés les mêmes caractères.
Rubens prête à Judith coupant la tête d’IIolopherne une mâchoire énorme et des lèvres lippues et saillantes.
Ribera dit l’Espagnolet, dans le Martyre de Saint-Bartholomé ^ et dans le Supplice de Saint- Laurent^ nous montre le bourreau et des meurtriers avec l’œil fixe et méchant, le nez long et fort, la face trop considérable pour le volume du crâne, les bosses frontales saillantes, le front fuyant, l’oreille grande, mal ourlée, pointue; le crâne fortement aplati dans la région pariétofrontale et, au contraire exubérant dans sa partie cérébelleuse.
Enfin, Cousin dans le Jugement dernier, Le Poussin, dans son Martyr de Saint- Bar tholomé et de nos jours Horace Vernet dans les Brigands, Géricault dans la Tête d'un supplicié, Fourau dans la Tête de Fieschi et Ary ScheETer dans le Baiser de Judas ont des bourreaux, des brigands, des démons aux traits physionomiques rappelant avec la plus grande exactitude ceux du criminel-né, le type criminel conforme à celui de la nouvelle école anthropologique.
Toutes ces affirmations sont contrôlées par la reproduction graphique (108 gravures) ce qui en redouble l’importance ; et il est bon de signaler que cette précieuse monographie sort d’une école (celle de Lyon) où l’on est très mal accueilli lorsqu’on parle du type.