Montage à circuit oscillant unique
1° ÉTABLISSEMENT D'UN POSTE SIMPLE COMPLET POR- TATIF, — Ce poste fonctionne dans d'excellentes conditions avec une antenne très réduite (15); à une distance de Paris supérieure à 300 kilomètres, il a permis de lire entièrement la dépêche météorologique de la Tour Eiffel, d’abord sur une colline de Nancy, la Foucotte (environ 300 mètres d’altitude), puis près de Saint-Dié, dans les Vosges, à Saint- Michel-sur-Meurthe (500 mètres d'altitude environ). L’antenne est un fil de cuivre unique de 2 millimètres de diamètre, de 20 mètres de longueur, suspendu à l’aide d’un ou deux anneaux de porcelaine (supports isolants du commerce) servant aux électriciens pour la pose des fils à l'extrémité d’un support de quelques mètres de hauteur (arbre,
(1) Voir p. 70, le schéma du montage (fig. 33).
ohne ASE
poteau, bambou de canne à pêche de 5 à 6 mètres tenu au bout du bras). La distance au-dessus du sol a même pu être considérablement abaissée.
On entend les dépêches en mettant une antenne de 15 à 30 mètres à 15 centimètres du sol seulement.
La self est formée de deux bobines cylindriques en carton avec joues de bois (diamètre 24°*5, fil recouvert de deux enveloppes coton, diamètre 07" 7
mesuré nu) (fig. 38).
Fig. 38.
Les caractéristiques de ces bobines, que nous désignerons par les lettres À et B, sont les suivantes :
Bobine A Bobine B
Diamètre du cylindre . . . . 245 24cm 5 Longueur bit Ati NLRA ER SSMrANS Gen Diamètre, fil decuivrerecouvert
de deux enveloppes coton. . omm 7 omm 7 Nombre de spires... : 1: /119 1 55 Résistance mesurée, . . . . 42 A 2 1
Self mesurée! 1400 L 000335 oho0010
Dans le circuit du détecteur électrolytique, qui est, comme on l’a vu plus haut, en dérivation sur la self, on met en série le détecteur, un téléphone, un commutateur (interrupteur à plots de tous les électriciens) et deux éléments de pile sèche. On veille à ce que le pôle positif de la pile communique avec le fil fin du détecteur. Tous ces instruments peuvent être placés dans une même boîte de très fable volume qui peut même être contenue à l'intérieur - de la bobine A.
Quel que soit le montage adopté, on commencera par s'assurer que.le pôle + de la pile communique avec le fil fin. Si l’on s’était trompé, on en serait d'ailleurs averti immédiatement par le bruit de l’é-: lectrolyse qui se produit alors abondamment. On s'assurera d’ailleurs que le circuit du détecteur est en bon état en ouvrant et fermant le commutateur. On doit entendre au téléphone le bruit de la fermeture.
Comme téléphone on peut prendre un téléphone à grande résistance, modèle Ducretet 4.000, ou plusieurs téléphones en série de résistance totale 1.000 à 4.0002, ou encore un téléphone ordinaire à fable résistance 1502 de la Société des Téléphones, à la ‘condition d'utiliser le transformateur de M. Jegou(1r). Sur ce transformateur on peut mettre plusieurs téléphones en quantité permettant l'audition à plusieurs personnes simultanément.
Le poste que je viens de décrire est à peu près accordé pour une petite antenne simple de 20 mètres qu'il est possible d'établir n'importe où avec des moyens de fortune.
La longueur d'onde d'antenne varie suivant la longueur des fils de connexion, mais 1l est toujours possible de parfaire le réglage en approchant ou écartant les bobines À et B l’une de l’autre, ce qui fait varier la self de l’ensemble.
(1) Voir p. 68,
On peut encore régler en faisant varier légèrement la longueur d'antenne à l’aide d’une tringle à coulisse semblable aux tringles à rideaux.
C’est pour la facilité du réglage que les bobines ont été enroulées séparément. Si l’on est certain du réglage, on peut enrouler le fil sur une carcasse unique.
J'ai indiqué dans ce paragraphe la construction qui me semble la plus simple à réaliser. Il est évident que l’on peut substituer aux bobines préetdentes une self réglable comme celle dont je décrirai plus loin la construction.
Expériences faites avec ce montage. — Un de mes correspondants, M. Tavenaux, de Sedan, après avoir entendu les réceptions à Nancy, a exécuté à Sedan un grand nombre d’essais dont les principaux sont résumés ici. Dans toutes ces expériences, les selfs sont formées par du fil de 5 millimètres enroulé sur du tube de 3 à 4 centimètres.
A. ANTENNES SUR LE SOL. — Un fil de sonnette de 30 mètres de long environ, a été plongé dans une mare de 15 X 50 mètres environ et posé sur le sol ; il a été conduit à l'appareil de réception, à la borne antenne ; un autre fil, également posé sur le sol, a été mis dans un ruisseau et relié à la borne terre. La réception des signaux horaires de la tour Eiffel, bien que faible, était nettement perceptible.
B. ANTENNES A L'INTÉRIEUR DE GRENIERS. — Dans des greniers recouverts en ardoise ou en tuiles, on prend comme antennes du grillage galvanisé de poulailler.
Avec un grillage dont les dimensions sont : 7 mètres X 050 l'accord est obtenu avec 160 mètres du fil précédent enroulé sur du tube de 3 à 4 centiinètres, et avec un grillage de 2 mètres X o"8a avec 250 mètres, |
En prenant comme antenne un lit de fer de 0" 90 Sc 1M50;1l faut 180 mètres.
Avec 20 fils de cuivre de 7" 50, en couches superposées, écartés de 20 centimètres dans tous les sens, l'accord est obtenu avec 100 à 110 mètres.
La prise de terre était constituée, dans tous ces
essais, par un fil intérieur fixé à la canalisation d’eau, Aucun fil n’était à l'extérieur.
Les antennes de 7 mètres X 050, le lit de fer et les fils de cuivre permettent d'entendre la transmission musicale ; l’antenne de 2 mètres X 0o"5o ne permet d'entendre que la transmission ronflée.
Dans l’église de Sedan, à la hauteur des toits des maisons voisines, séparées de l’église, sauf du côté de la façade, par des rues très étroites, sous les combles avec couverture en ardoise, deux fils de 5o mètres donnent l’accord avec 120 mètres, et du grillage de 20 mètres X 050 avec 140 mètres. Les réceptions sont intenses sans terre, en prenant comme contrepoids l’horloge de l’église.
Poste du lycée Louis-le-Grand — A Paris, la réception est infiniment plus facile qu’à distance. On verra plus loin (page 96) comment il est possible d'entendre avec antennes à l’intérieur des maisons.
Au lycée Louis-le-Grand, on emploie le montage précédent avec une antenne de 80 mètres formée par un fil nu de cuivre dont le diamètre a o"®0,. Il part du sommet d’une tour où 1l est fixé à l’aide d’un bâton d’ébonite et aboutit au laboratoire de physique. La self est enroulée sur une caisse en bois à section carrée de 25 centimètres de côté. Du fil de sonnerie enroulé sur cette caisse forme une bobine de 50 spires. On cherche par tâtonnements la spire à laquelle il faut attacher le fil de sol pour obtenir la meilleure réception.
La seule différence consiste dans l’emploi du détecteur à galène-platine qui suffit à Paris bien
que moins sensible que l’électrolytique (Voir p. 74). Les récepteurs téléphoniques peuvent aussi être beaucoup moins sensibles que ceux qui ont été décrits. Les professeurs du lycée emploient les récepteurs ordinaires de la collection.
20 CONSTRUCTION D’UNE SELF RÉGLABLE UNIVERSELLE A GURSEURS. — Le mot universelle veut dire que cette bobine pourra servir à des usages multiples : 1° à l'établissement du montage à circuit oscillant unique dont on vient de donner la description; 2° comme self d'accord dans le montage en dérivation ; 3° comme self d'antenne dans le montage en induction.
La section de la bobine est un octogone; la carcasse s'obtient en construisant deux joues de bois octogonales un peu plus larges que la bobine ellemême, le côté de l’octogone ayant 7 centimètres de côté. Perpendiculairement à ces joues, on applique, en les collant ou clouant, deux planchettes à angle
Fig. 39.
droit P: Ps, P2 p4. Sur le croisillon ainsi formé, on fixe perpendiculairement quatre planchettes, P,, P;, P;; P, parallèles aux côtés de l’octogone des joues (fig. 39). La construction de cette carcasse est très facile ; il est évident que l’on peut adopter la forme cylindrique si l’on dispose de tubes d’ébonite, de fibre ou de carton d’un diamètre suffisant, ou si l’on dispose d’un mandrin convenable permettant d’en-
rouler du carton ou des bandes de papier entrecroisées et collées qui, après séchage, présenteront une résistance suffisante. J'ai employé fréquemment cette forme polygonale, comme étant la plus facile à obtenir sous un diamètre quelconque.
La bobine ayant été enroulée, on arrête les extrémités du fil au milieu des joues où l'on fixe des bornes terminales, et on la recouvre d’une couche
Fig. 40.
dé vernis épais à la gomme laque, obtenu en dissolvant à refus de la gomme laque blonde dans de l'alcool à 95°. On laisse sécher, puis, à l’aide d'un: grattoir, on enlève l’enveloppe de coton sur une largeur de 1 centimètre et dans toute la longueur de la bobine au milieu de faces P; et P;, comme l'indique la figure 4o. Ces parties dénudées serviront à établir des contacts mobiles. On en met en général deux, indépendants, un sur chaque face, en prévision de divers montages dont on verra plus loin la deserip-
ÿ 4 Ù bams.
tion. Pour cela, on fixe sur les joues, sur la tranche des côtés p, et p, de l’octogone, des morceaux d’ébonite de 2 centimètres environ d'épaisseur, dans lesquels on a ménagé deux encoches rectanqgulaires destinées à l'introduction des extrémités de deux règles en laiton ou en aluminium à section carrée de 10 à 12 millimètres de côté (On trouve ces règles dans le commerce). À chacune d’elles, on fixe une borne et on attribue un curseur mobile. Celui-ci est formé d’un prisme creux de laiton, de section rectangulaire un peu plus grande que celle des règles de telle manière qu'on puisse introduire, entre la règle et le curseur, un morceau de ressort de réveil, afin de bien assurer le contact entre le prisme et la règle. En face de la partie dénudée de la bobine, entre la bobine et la règle, on fixe au prisme creux, à l’aide de petites vis, un morceau de ressort, à l'extrémité duquel on a soudé un fil cylindrique parallèle aux spires de la bobine, d’un diamètre un peu plus grand que celui du fil de la self. Comme le montre la figure.41, le contact se fait alors très exactement entre le ressort et la bobine, condition très importante pour la bonne réception car, dans le cas contraire, on est gêné constamment par les variations de courant qui se produisent au contact imparfait.
Ce modèle de self, établi après bien des tâtonnements, peut être construit très facilement sous la forme définitive qui vient d’être indiquée avec les moyens dont on dispose dans un atelier d’amateur.
Voici les données numériques de trois des bobines que nous avons établies sur ce modèle :
BobineC destinée aux failles longueurs d'onde. — Elle est formée de deux circuits en série, de diamètres différents, longueur totale : 45 centimètres ; longueur des spires : 518; joues de 7 centimètres de côté.
Fig. 41.
1® circuit : 89 spires de 1""/4 de diamètre.
Résistance 0265 ; self, o! 00057.
€ circuit : 202 spires de 1""2 de diamètre. Résistance 22; self, 0! 0035.
Bobine D destinée aux longueurs d'onde
moyennes. — Longueur : 45 centimètres; longueur
des spires : 51°"8; enroulement total en fil de 1 mil-
limètre mesuré nu, recouvert de deux enveloppes
coton ; résistance 327 ; self, 0" 00513.
Bobine E. — Construite comme les deux précé-
‘ dentes, mais dont la section est un polygone de.
douze côtés. Longueur : 30 centimètres; longueur
des spires : 99 centimètres ; fil de o""8 de diamètre ;
résistance 724; self, o" o128.
- 3° USAGE DE GES SELFS DANS LE MONTAGE PRÉCÉDENT. — On peut utiliser la self C entière ou une- fraction de D pour entendre la Tour Eiffel, en les substituant aux bobines A et B avec une antenne d’un fil unique de 4o mètres environ. Dans ce montage, on n'utilise qu'un des curseurs en laissant le second à l’extré- : mité de la bobine. L’antenne est fixée à la borne initiale de la bobine au milieu d’une des joues, Île fil de sol est en relation avec le curseur mobile.
h° USAGE DE CES SELFS AVEC L'ANTENNE DE LA Facucré pes Sciences DE Nanay(1). — Avec cette antenne, déjà importante, on entend la Tour Erffel avec une petite portion des bobines C et D. Avec G, l’enroulement à gros fil suffit; avec D, on utilise environ le quart de la bobine.
La bobine E est surtout destinée aux très grandes longueurs d'onde.
C et D permettent d'entendre sans difficulté les postes de Norddeich ; FL, Poldhu, Cliffden. La bobine B est tout accordée pour la Tour Eiffel
Jerà hate 7*
(1) Voir la description p. 35.
) définitivement sur une station donnent une audition . plus intense que les bobines à curseur dont une por-
et permet de l’entendre avec une très grande intensité.
La station de Norddeich s'entend d'une manière très intense avec 44 spires de fil de 1 millimètre de diamètre recouvert de deux enveloppes coton, mesuré
ipibéishstiéé de né
nu, enroulées sur une couronne de carton de 25 centimètres de diamètre. Sa résistance est o0°8, sa self oh 00072 (1).
D'une manière générale, les bobines accordées
tion n’est pas utilisée. 11 est vraisemblable que des oscillations circulent dans la partie restante de-la bobine et peuvent y produire des phénomènes d'interférences.
nm de à a dé ma oct sise nds tou et té ts) des
Il. — Montage en dérivation.