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Le voltamètre est donc constamment polarisé par la force électromotrice extérieure. Les ondes ont pour effet de le dépolariser partiellement. Elles le dépolarisent de telle manière que, chaque fois, c’est toujours la force électromotrice extérieure qui fournit l'énergie nécessaire pour le polariser à nouveau. C’est ce courant de recharge qui sera indiqué par un galvanomètre ou un téléphone placé dans le circuit. Bien que l’on puisse employer fréquemment la
pointe comme cathode, le détecteur électrolytique
fonctionne mieux lorsque la pointe est anode.
Ce fait est en relation avec la dissymétrie entre les polarisations anodique et cathodique, les courants de polarisation anodique sont plus intenses.
Le détecteur électrolytique ne fonctionne normalement que si la force électromotrice appliquée aux électrodes est inférieure à celle qui produit l’électrolyse continue. Dans le cas contraire, on est gêné par le dégagement des bulles de qaz. Cette force électromotrice est naturellement variable, d’après ce qui précède, suivant la construction du voltamètre, les dimensions de la petite et de la large électrode, la concentration du liquide, la température, l’état d'agitation du liquide, etc... ; en résumé, suivant les conditions dans lesquelles le dégagement visible du gaz peut avoir lieu.
Des expériences nombreusés que nous avons faites, il résulte que l’on peut entendre les communications de la Tour Eiffel à étincelles rares ou crépitantes avec des forces électromotrices variables dans d’assez larges limites. Mais la réception des transmissions musicales comme celle de Norddeich exige une force électromotrice bien déterminée. Aussi est-il bon, pour effectuer les montages en dérivation ou en induction, de construire tout d’abord un potentiomètre.
Potentiomètre. — Le potentiomètre permet de réaliser des forces électromotrices variables à volonté.
Le plus simple consiste en un fil résistant À B en communication avec les deux pôles d’un ou plusieurs accumulateurs (fig. 30).
Fig. 30
Un curseur mobile M permet de faire une prise de potentiel variable entre les points À et M.
Si l’on réunit À et M aux bornes du détecteur, il suffira de déplacer le curseur M pour faire varier la force électromotrice appliquée au détecteur. Gette force électromotrice dépend à peu près du rapport des résistances comprises sur le fil entre AM et AB.
Le détecteir électrolytique a une grande résistance. Il est nécessaire que le potentiomètre ait luimême une résistance notable pour que le fil AM ne le mette pas en court circuit.
Voici la forme commode qu’on peut lui donner. On le constitue par douze bobines de même résistance en série de 2 à 10 ohms chacune, en fil de maillechort isolé. Ces bobines sont fixées sous le couvercle d’une boîte en bois. A l’extérieur du couvercle les extrémités des bobines aboutissent à des fiches métalliques disposées autour d’un cercle de telle manière qu’une bobine soit intercalée entre deux fiches consécutives. Une manette mobile autour du centre du cercle établit le contact entre une borne M fixe et l’une quelconque des touches.
Les deux fiches extrêmes A et B communiquent avec les pôles d’une série de deux accumulateurs ; les fiches À et M servent à établir la force électro-
motrice variable entre les bornes du détecteur par l'intermédiaire d’un téléphone (x) (fig. 31). L'ensemble du détecteur électrolytique du téléphone et du potentiomètre remplacera donc le détecteur D des figures 23, 24, 25.
Quelle que soit la théorie exacte du détecteur
Fig. 37.
électrolytique, l'expérience montre que le téléphone accuse le passage des ondes dans le circuit de résonance des postes en dérivation ou en induction et par suite ces montages permettent de recevoir les dépêches de télégraphie sans fil au son suivant l’expression consacrée. Quelles sont maintenant les conditions que doit remplir le téléphone ?
Téléphone. — Le détecteur ayant une résistance élevée, il est bon d’utiliser des téléphones à grande résistance, tels qu’ils sont construits par la maison Ducretet (4.000°), la Société des Téléphones (de 1.000 à 4.0002). On pourra, suivant le nombre que l'on désire mettre en série ou en quantité, faire
(x) Avec l'appareil précédent, on obtient aux diverses touches des forces électromotrices voisines de 0" 33, o" 65, 0*g8, 1' 32, 1"64, 197, 2 volts, 2" 63, 2" 92, 3" 16,3" 33,3" 47.
varier la résistance de 1.000 à 4.000%. On peut parfaitement mettre deux téléphones de 4.000 ° indiftéremment en série ou en quantité.
Ces téléphones présentent pourtant l \HCON TETE d'être coûteux. La Société des Téléphones construit un modèle courant (1502) qui permet déjà d'entendre convenablement en le plaçant directement dans le circuit. Mais si l’on veut utiliser ces téléphones dans les meilleures conditions, on peut avoir recours à l’artifice, qu'ont employé plusieurs physiciens, et qu'a publié pour la première fois M. Jegou (tre dans le circuit du détecteur, on met le primaire à grande résistance d’un petit transformateur enroulé sur noyau de fer doux (1502
Aux bornes du secondaire à faible résistance (12) on attache autant de téléphones à faible résistance (1502) que l’on voudra.
Ce dispositif donne des résultats comparables à ceux des téléphones à 4.000. Il devient plus économique si l’on emploie un grand nombre de téléphones pour faire entendre les communications simultanément à plusieurs personnes.
Condensateur en dérivation aux bornes du détecteur. — Le détecteur à grande résistance, placé dans le circuit de résonance, nuit au passage des oscillations électriques et produit un amortissement des ondes. Afin de remédier à cet inconvénient, on place souvent en dérivation sur les bornes du détecteur un petit condensateur formé par deux tubes de laiton coaxiaux. Dans ces conditions, les ondes peuvent circuler dans un circuit de résonance qui ne comprend que des selfs et des capacités. Le montage est alors représenté par la figure suivante (cas de la dérivation) (fig. 32). L’addition de ce condensateur augmente DÉAUCOUD la netteté de la réception. Mais on peut s’en passer entièrement grâce au montage ci-contre.
TITT77 Fig. 32.
Emploi de piles sèches. Dispositif à un seul circuit oscillant avec détecteur en dérivation. — Deux piles sèches hydra en série fournissent une force électromotrice à peu près convenable pour le bon fonctionnement du détecteur. Étant donnée une antenne accordée à l’aide d’une self en relation avec le sol, on établit entre le sol et l'extrémité de la self une dérivation comprenant le détecteur, le téléphone, et les deux piles en série. Le pôle positif de la pile communique avec la pointe du détecteur (fig. 33).
On entend alors les communications avec une intensité remarquable tellequ'aucunautre montage ne peut la donner. Quand les oscillations d’un train d'ondes parcourent l'antenne, il s'établit entre le sol et l’extrémité de la self une différence de potentiel qui produit la dépolarisation du détecteur. Les piles fournissent le courant nécessaire pour le polariser à nouveau.
Ce montage n’est bon que si, entre l'extrémité de la self et le sol, il s'établit une différence de potentiel suffisante. Il faut donc s'arranger de telle manière que l'accord soit obtenu avec une antenne et une
Antenne
Pointe
Téléphone
S ol LL,
Fig. 33.
self convenable. Comme on le verra dans les descriptions pratiques (page 77), ce montage convient parfaitement pour les réceptions de FL avec de toutes petites antennes.
Emploi du galvanomètre balistique. — Si lon veut, non pas comprendre une dépêche, mais
comparer les effets produits au détecteur par une seule étincelle de décharge ou par un train d'ondes, on peut substituer au téléphone un qalvanomètre balistique, réglé à l'amortissement critique. Par exemple, avec un galvanomètre Hartmann et Braun à deux enroulements de 4° et 1.0002, on forme l’enroulement à faible résistance sur une résistance 62 15.
Entre les bornes de l’enroulement à grande résistance on met un shunt universel, c’est-à-dire des résistances dont la somme est toujours celle qui correspond à l'amortissement critique (ici 5.000®)
Détecteur
Fig. 34.
et telles cependant qu’on puisse shunter le galvanomètre avec des résistances variables. Le montage est indiqué dans la figure 34; le shunt S compris entre les points À et B vaut ici 2.000€. Substitué dans le circuit du détecteur au téléphone, ce galvanomètre indique une déviation permanente due au courant de dépolarisation.
Toutes les fois qu’un train d'ondes est recueilli, le galvanomètre accuse une augmentation de la dévialion permanente dans le sens du courant fourni par la pile.
Appareils du commerce. — On trouve tout montés dans le commerce des appareils où les inventeurs ont cherché à obtenir la résonance dans un
circuit comprenant en série le résonateur, le détec- | teur, le téléphone et la pile formée de deux éléments sans potentiomètre.
Un premier circuit comprend lantenne et une partie de la self. La self entière constitue le circuit de résonance ; c’est en somme un montage en déri-
vation où le condensateur a été supprimé et où le 4
détecteur et les piles sont mis en série avec la sell 4
de résonance (fig. 35). |
Anlerne 4
Terre
Court
circuit A
Poste. raie <> 1
Fig. 35. ;
La figure 36 représente l’ensemble de l'appareil . |
Ducretet. “4
Tels sont les récepteurs de signaux horaires de MM. Ducretet et Roger, de Paris d’une part, et
| Jegou, de Sablé-sur-Sarthe d'autre part, qui don- :
nent de bons résultats. La théorie exacte de ces
appareils, bien que plus compliquée, se rapproche de celle du dernier montage exposé.
Historique. — Le principe du détecteur électrolytique a été indiqué par M. le commandant Ferrié au Congrès international d’Electricité en 1900. Il le
considérait comme une sorte de cohéreur à contact unique, dont une des électrodes serait constituée
PRINCIPE DES APPAREILS DE RÉCEPTION pis)
par l’électrolyte. L'appareil décrit au Congrès était constitué par une pointe très fine en platine affleurant la surface d’un liquide contenu dans un vase de verre. Dans le liquide plongeait un fil de platine de section quelconque. A l’origine, le fil de platine était fixé à une vis qui permettait d'assurer l’affleurement au liquide.
Cette forme d'appareil avait l'inconvénient de nécessiter des réglages fréquents, le niveau du
Communiqué par F, Ducretet et Roger.
Fig. 36.
liquide variant par l’évaporation. En outre, les moindres vibrations troublaient le fonctionnement de l'appareil, les mouvements du liquide faisant varier la surface immergée.
M. Ferrié évite ce dernier inconvénient en soudant le fil de platine à l’intérieur d’un tube de verre qu'il ne dépasse que d’une faible longueur pénétrant dans le liquide. On à vu que pratiquement on fait affleurer le fil à la surface du tube de verre. Les détecteurs électrolytiques ne se dérèglent que très
7h LES APPLICATIONS DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
lentement. Ils peuvent fonctionner, sans qu'on y touche, pendant des mois. Pourtant à la longue, 17 peut arriver que l'on soit gêné par le bruit de lélectrolyse pour des forces électromotrices auxquelles précédemment l’électrolyse n'avait pas lieu. I suffit de retirer la pointe et de la laisser reposer, sans s'en servir, pendant quelques Jours. pour que le platine reprenne ses propriétés premières.
Toutefois si l’on n’a pas d’électrode de rechange, et que l’on soit pressé de l'utiliser à nouveau, on peut user la pointe et le tube de verre qui l'entoure sur du papier de verre très fin.
39 Détecteurs à contacts solides.
Comme on vient de le rappeler, le détecteur électrolytique peut être considéré comme une sorte de cohéreur à un seul contact imparfait ; bien que moins sensible, tout contact imparfait peut remplir le même office, Un général américain Dunwoody a remarqué. qu'en serrant un cristal de carborundum entre les pointes métalliques, on constituait un détecteur.
Quelques auteurs pensent que des détecteurs de ce genre doivent être rapprochés de piles plus ou moins sèches qui se polariseraient sous l’action des ondes, où encore d'éléments thermo-électriques qui s’échaufferaient. de
Les principaux types de détecteurs à conduits solides sont les suivants :
1° Le carborundum, carbone : Pastille de carborundum maintenue dans uné pince au contact d’un petit crayon de charbon qu'un ressort ou une vis appliquent contre la pastille. Ce détecteur s'emploie comme l’électrolytique avec deux piles sèches en. série et un téléphone à grande résistance (fig. 37);
2° Pyrite de fer, cuivre : Monté comme le précédent, ce détecteur s'emploie sans pile avec un téléphone de 500 ohms en dérivation ; RCE,
3° Sulfure de cuivre, oxyde de sinc fondu : Ce détecteur de M. le commandant Tissot (12?) est du type « rectifiant ». Il se compose d’une électrode fine, constituée par du sulfure de cuivre encastré dans un godet de laiton, sur lequel est appuyée par la pression d’un ressort l’électrode mobile dont le mouvement est réglé par un piston. L’électrode mobile est constituée par un fragment d'oxyde de zinc fondu enchâssé dans un culot métallique à l’aide
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Fig. 37.
d’alliage Darcet. Le détecteur est protégé par un étui cylindrique de laiton. Cet étui, qui est emmanché à baïonnette sur le socle et que l’on doit enlever pour procéder au réglage du détecteur, lors de la mise en service, peut tourner autour de son axe d’un angle de 30° dans un sens ou dans l’autre, afin de mettre les électrodes en court circuit ;
4° Galène et fil de platine (3) : Le cristal de galène a 3 ou { millimètres de long dans sa plus grande dimension. Sur sa surfacc appuie légèrement la pointe du fil de platine Pt (longueur 3 cenmètres, diamètre 1/10° de millimètre). On emploie ce détecteur sans pile, comme dans le montage à un seul circuit oscillant, c’est-à-dire qu'on dérive entre la self de réglage et le sol un circuit comprenant le détecteur et des téléphones à résistance moyenne en série ; ce détecteur est recommandable pour la région parisienne ;
5° Sulfure de plomb-cuivre (+) : Ce détecteur de
M. Flajolet s'obtient en chauffant pendant deux à quatre minutes, dans une petite coupelle de porcelaine, fermée par un bouchon de même matière, 5 grammes de plomb et 13 de soufre. On a ainsi du sulfure de plomb pulvérulent contenant un assez fort excès de soufre qui le rend moins friable.
Ce corps est serré dans une pince métallique qui forme l’une des prises de contact, l’autre est constituée par quelques brins de fils de cuivre fins portés par une lame-ressort (fig. 37). |
Le détecteur ainsi obtenu, constituant un couple thermo-électrique très énergique, a une résistance qui reste, pour tous les échantillons étudiés, comprises entre 200 et 300 ohms. D’après l’auteur, sa sensibilité est, dans la plupart des cas, égale ou supérieure à celle des détecteurs électrolytiques, et pour les signaux de la Tour Eiffel à, Lyon (460 km. de Paris) les courants qu’il envoie dans un circuit de 800 ohms de résistance valent 1/5° de microampère. M. Flajolet se sert de ce détecteur avec antenne horizontale de 4 brins de 85 mètres de longueur, 2 mallimètres de diamètre, à 15 mètres du sol ; il emploie le montage en dérivation en mettant'les appareils récepteurs en dérivation sur le condensateur.