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20 la communication n’a pas été perçue nettement. 22 63 21 69
La réception a donc varié de près de 50 °/, entre 6 heures du matin et minuit.
On remarquera d’ailleurs un minimum après le lever du soleil et un autre après son coucher. Ces
minimums varient avec la saison et les circonstances précédemment étudiées.
Il semble donc que le soleil agit d’une façon encore inconnue sur la propagation. Peut-être s'agit-il d’une ionisation de l’atmosphère par le rayonnement solaire, phénomène qui n’est pas forcément instantané et doit, par conséquent, se présenter avec un décalage dépendant de circonstances multiples. Cette influence doit d’ailleurs être faible pour des antennes au niveau du sol.
3° Nous avons pensé qu'il serait intéressant de profiter de l’éclipse du 17 avril 1912 pour essayer de reconnaître la part du soleil dans les variations diverses observées jusqu'alors.
M. le commandant Ferrié, à qui nous avons fait part de notre projet, a bien voulu s’y associer, et le Bureau des Longitudes a communiqué une circulaire aux observatoires et aux physiciens sur l'emploi de la télégraphie sans fil dans les travaux projetés par le Bureau des Longitudes à l’occasion de cette éclipse de soleil.
1° Afin de permettre à tous les opérateurs d’employer la même heure pour leurs observations, la station radiotélégraphique de la Tour Eiffel enverra des signaux horaires non seulement à 10" 45 comme à l'ordinaire, mais à 845, 1245, 1445;
2° La question de l’influence de la lumière solaire sur la propagation des ondes hertziennes présente un grand intérêt au point de vue scientifique. On à déjà constaté bien souvent que cette propagation se faisait beaucoup mieux la nuit que le jour, avec cependant quelques anomalies, notamment aux moments du lever et du coucher du soleil.
Il sera donc utile de profiter de l’éclipse du 17 avril pour tâcher d'apporter une contribution à l'étude de ces phénomènes.
La station de la Tour Eiffel transmettra dans ce but des signaux spéciaux avant, pendant et après
l'éclipse, et ceux-ci seront observés avec soin, dans un certain nombre de stations réceptrices, à petite et à grande distance. Quelques-unes des stations rapprochées feront des mesures aussi précises que possible de l'énergie reçue à chaque émission au moyen de bolomètres ou thermogalvanomètres, tandis que les autres se borneront à apprécier l'intensité de la réception sur un même détecteur bien constant et choisi avec soin, par exemple en shuntant les téléphones au moyen d’une résistance variable et en notant pour chaque émission la valeur de la résistance correspondant à l'extinction du son. Les opérateurs pourront d’ailleurs employer tout autre procédé à leur convenance, sauf à le décrire en détail dans leur compte rendu et à donner au moins une classification par intensité des signaux reçus aux différentes heures.
Les signaux émis ont été les suivants : des séries de traits analogues aux traits horaires d’une durée totale de deux minutes'et composées de traits de dix secondes espacés de dix secondes également furent émises tous les quarts d'heure de 11 heures à 1/4 heures.
De plus, pendant la durée de l’éclipse, c'est-à-dire de 11/45 à 12145, les mêmes séries furent émises toutes les cinq minutes.
En résumé, les heures d'émission des séries de deux minutes furent les suivantes: 8" 4o, 10! 40, 11 heures, 11215, 11290, 11445, 100 1125512 heures 12h10, 12%15, 12620; 12h25 19h30, 15595
13 heures, 13°15, 13130, 13" 45, 14 heures, 1440.
Études préliminaires. — Des études préliminaires commencées le { mars, auxquelles prirent part surtout, avec M. le commandant Ferrié, MM. Meslin, professeur à l’Université de Montpellier, et Rothé, à l’Université de Nancy, permirent de choisir parmi toutes les émissions de la Tour Eiffel celle qui con-.
viendrait le mieux, de choisir aussi la nature, la durée des signaux et la méthode de réception.
Pour faire des mesures au thermogalvanomètre, il faut que l’échauffement du fil prenne l'état stationnaire ; il fut bientôt reconnu que la durée des signaux devait atteindre dix secondes et que ceux-ci ne devaient pas se succéder trop rapidement.
La méthode du téléphone shunté, qui n’a pas encore été décrite, consiste dans l’emploi d’une résistance aux bornes du téléphone. Pour une valeur convenable de cette résistance, on cesse d’entendre le son, et cette valeur est d'autant plus petite que
l'intensité de la réception es est plus grande.
CG en ee
IL faut prendre quelques précautions indispensables : né jamais toucher aucun des points du cireuit, ce qui établit des contacts avec le sol; prendre le téléphone dans un support fixe isolant et en approcher l'oreille sans le tenir à la main ; manipuler les fiches de la boîte de résistance par leur manche isolant.
A cette méthode conviendraient mieux des envois continus de signaux, lecture d’un journal ou envois d'appel, etc... Les silences séparant les traits de 1o secondes sont plutôt génants. Il n’était pas possible de faire le jour de l’éclipse des émissions- de cette nature, si l’on voulait utiliser aussi des détecteurs thermiques.
On pouvait également employer le galvanomètre balistique (1); mais alors il fallait des signaux courts. Les meilleurs sont des tops uniques formés d’une seule étincelle de décharge, comme ceux des battements de pendules. Mais, pour permettre le retour du galvanomètre au zéro, ces tops ne doivent se succéder qu'à de rares intervalles.
On a vu combien le phénomène de dépolarisation du détecteur.était compliqué. Des tops uniques, ou
(1) Voir pe 71.
des tops répétés comme ceux de traits de 10 secondes, ne produisent pas des effets proportionnels au nombre des tops.
La méthode du galvanomètre balistique ne donne pas des résultats conformes à ceux des détecteurs thermiques. Utilisée pour des traits de longue durée, elle ne donne que des indications générales sur l’intensité de la réception.
La méthode du téléphone est aussi très compliquée au point de vue théorique. Ses indications ne permettent que de classer les signaux dans un ordre déterminé.
Néanmoins, plusieurs expérimentateurs ont pu, grâce à leur habileté, tirer de ces deux méthodes des résultats fort instructifs.
Des expériences faites ce jour-là, il faut excepter toutes celles qui n’ont pas été poursuivies depuis le début 8" 4o jusqu’à la fin 14° 4o ; car nous avons vu déjà que l’influence des radiations solaires au lever et au coucher du soleil ne se faisait sentir qu'avec un décalage important.
De là l’assertion de quelques physiciens, qui n’ont observé aucun effet appréciable pour n’ävoir suivi la marche du phénomène que pendant les minutes qui ont précédé .et suivi le maximum de phase.
Méthode du thermogalvanomètre. — Les lundi 15, mardi 16, mercredi 17 à 10" 4o, des transmissions identiques à celles de l’éclipse furent faites pour permettre des vérifications. On trouva à Nancy au thermogalvanomètre les déviations 35 à 36 millimètres, comme le jour de l’éclipse à la même heure. Voici les observations du 17 avril :
. Déviation < Déviation Heures moyenne Heures moyenne 8 4o x | 11 30 43,5 10 40 30 11 45 12 11 HER 11 50 4