CHAPITRE XI
La propagation des ondes hertziennes servant en télégraphie sans fil est grandement influencée par des circonstances diverses.
1° Il semble dès maintenant établi que les conditions météorologiques influent nettement. Mais il n’est actuellement possible d’énoncer aucune loi ; la question est encore en ce moment à l'étude. Il nous est arrivé, sans aucune cause apparente, d'entendre certains jours des stations éloignées qui ne sont pas
perçues en général (1).
= Tous les photographes ont observé que les clichés obtenus après la pluie présentent toujours plus de netteté et tout le monde sait que les lointains deviennent tout à fait visibles et semblent tout rapprochés quand, aussitôt après la pluie, la limpidité de l'atmosphère est rendue parfaite par la disparition des poussières.
Nous avons observé fréquemment un fait du même genre pour les ondes hertziennes : après des pluies abondantes, des bourrasques même, la réception devient intense. Il est fort probable que, dans ces” conditions, il n'existe plus dans l’atmosphère n1 poussières, ni particules électrisées (auxquelles on donne le nom d’ions) qui doivent avoir une influence importante sur la propagation des ondes.
(1) La Conférence de l'heure vient de décider d'organiser des expériences d'ensemble sur ces curieuses influences (23 octobre 1912).
La pluie, la neige ne sont pas gênantes. Il semble ‘ que la brume soit favorable. Mais la grande sécheresse de l'été nuit à la réception. C’est ainsi qu’en été, la station de Norddeich, si aisément perçue à Nancy pendant les autres saisons, n’est plus compré- . hensible qu'avec quelques difficultés.
On a vu déjà l'importance que joue le sol. La propagation, conformément à la théorie de M. Blondel, est facilitée à la surface de la mer. Il n’y a donc rien d'étonnant à ce que l’éfat du sol aït une influence importante. ‘ Fe
Les orages, les bourrasques, le vent qênent la réception. Le vent déplace des masses nuageuses chargées d'électricité qui modifient constamment-le potentiel de l’antenne.
2° Un des faits qui semblent actuellement le mieux établis, est la différence des intensités de réception le Jour et la nuit.
Voici, à titre d'exemple, les résultats obtenus à Nancy à l’aide du thermogalvanomètre de Duddel, le jeudi 4 avril 1912, pour des signaux de la Tour Eiffel de dix secondes de durée, séparés par des intervalles de dix secondes :
Heures Déviation en millimètres