‹ Les applications de la télégraphie sans filChapitre 40 sur 57 · EU 2 ANT · texte numérisé non relu

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Mein, une exposition d’aéronautique où plusieurs

épreuves furent disputées. M. Link, directeur de l'Institut de physique, chargea une cinquantaine de personnes, dans un rayon de 150 kilomètres, de lui signaler l'heure exacte du passage de grains ou d’o-

rages au-dessus d’eux. Il pouvait en déduire l'heure

de passage d’une ligne de grains au-dessus de Francfort, et avancer ou retarder le départ des aéronautes. On rapporte que l’arrivée de trente-sept orages fut connue plus d’une heure à lavance (27).

On conçoit ainsi l'importance des services que la télégraphie sans fil pourrait rendre aux aviateurs.

La Faculté des sciences a créé, à Nancy, une station de renseignements qui a déjà fonctionné pendant les campagnes du dirigeable Adjudant-Vincenot. Cette station a été honorée d’une subvention de M. Guist’hau, ministre de l’Instruction publique, lors de sa visite du 23 avril dernier.

Il est bien évident que l’on n’empêchera jamais un jeune aviateur résolu de se lancer témératrement au-devant de dangers dont il ne connaît pas la nature. Il n’y a qu’un moyen de le rendre plus prudent, c’est de lui apprendre qu'il y a des dangers contre lesquels il ne peut rien; ef, s'il faut absolument qu'il parte, de lui dire comment 1l peut réduire au minimum les chances d'accident. Voici les conseils que

donne M. Durand-Gréville :

Les dangers se présentent dans des bandes étroites, longues souvent de plus de 1.000 kilomètres, qu'il a appelées rubans de grains. Elles sont orientées grossièrement nord-sud et se déplacent de l’ouest à l’est parallèlement à elles-mêmes. Elles sont le siège de vents très forts, légèrement inclinés, qui, par le contact avec le sol, produisent de violents remous. Si un ruban est signalé, s’il est encore loin, et que le

but du voyage soit à l’est, l’aviateur peut partir. Si

le but n’est pas à l’est, il vaut mieux attendre que le ruban de grain soit passé (27).

Si l’aviateur doit forcément rencontrer le ruban, il rencontrera des remous au contact du sol. Il lui faudra done « prendre de la hauteur ». Le vent de grain est toujours très violent, mais 1l est régulier à des altitudes élevées. Il faudra encore tenir compte du fait que le vent ne souffle pas horizontalement, mais descend légèrement vers la terre dans la direction du sud-est. A la sortie du ruban de grain, les remous cessent et l’aviateur peut atterrir sans danger.

Ce court exposé des théories de M. Durand-Gréville indique suffisamment, je ne dirai pas l’utilité, mais la nécessité des radiotélégrammes.

Ce n’est pas seulement une station de réception, .mais une station d'émission qui devrait exister au moins dans un certain nombre de centres, par exemple entre Paris et Nancy, pour jalonner la route de la frontière Paris, Reims, Bar-le-Duc, Nancy où sont installés des hangars et des stations d'observations météorologiques. Il semble facile d’en faire des sta- e tions de renseignements pour les avions analogues à celle que nous créons actuellement à Nancy. î

Avertissements agricoles. — ‘D'autre part, on s'occupe activement maintenant au ministère de l'Agriculture de la création du service de prévision du temps. :

Au nom de la Commission instituée par arrêté ministériel du 10 avril 1911 en vue de l’examen des questions se rapportant à l’organisation d’un service général de météorologie agricole, M. Pierre Rey, directeur de la station de météorologie agricole de Montpellier, a présenté à M. le ministre de l’Agriculture un rapport indiquant comment a été conçu le plan d'organisation du service de la météorologie agricole.

Ce service comprendrait :

1° Un comité directeur assisté d’un service technique ;

2° Des stations régionales de météorologie agricole ;

3° Des stations d’avertissements agricoles ;

4° Des postes météorologiques agricoles.

Les stations régionales de météorologie agricole seraient, autant que possible, rattachées à un centre scientifique (Faculté des sciences, observatoires, École nationale d'agriculture, etc.).

Chaque matin, le bureau central enverrait directement aux diverses stations régionales un télé- - gramme contenant les renseignements sur la situation générale de l'atmosphère, ainsi que son avis SUT le temps probable.

En cas d'urgence et pendant l'après-midi, le bureau central météorologique adresserait à ces mêmes stations un télégramme supplémentaire.

Les stations régionales interpréteraient ces données et transmettraient immédiatement aux stations

d’avertissements agricoles les renseignements les intéressant.

Avantages de la télégraphie sans fil dans l'organisation nouvelle. — À mon avis, les télégrammes à heure fixe du bureau central devraient être envoyés par la Tour Eiffel qui n'aurait, en somme, qu'à étendre, compléter les transmissions de 8 heures et 15 heures.

Mais, en outre, chaque station régionale devra posséder un poste de transmission, grâce auquel, immédiatement après la dépêche FL, elle enverra aux stations agricoles de sa circonscription un télégramme supplémentaire indiquant les corrections locales apportées aux prévisions.

‘On conçoit quelles pertes de temps seraient ainsi évitées. On ne peut objecter les frais occasionnés par cette installation : on a vu dans un chapitre précédent que le poste de réception simple revient à quelques francs. La commune la plus pauvre peut en

faire l'acquisition. D'autre part, les centres scientifiques où seront créées les stations régionales sont outillés pour l'émission. On a vu que la Faculté des sciences de Nancy en avait fait l'expérience, avec l’autorisation du ministère des Postes, à l’occasion du meeting de Pâques.

On ne peut objecter non plus l’existence du monopole des Postes. Il suffirait d’une entente entre les ministères des Postes et de l'Agriculture. L'envoi des dépêches pourrait être fait sous le contrôle des Postes, et même donner lieu à une redevance annuelle.

Il ést bien évident que ces émissions n’empêcheraient pas des communications avec fil ou par téléphone avec les petites stations en cas d'urgence à des heures indéterminées. M. le président de la Société des viticulteurs lorrains a bien voulu m'’entretenir déjà de l'intérêt qu’il y aurait pour la protection contre le mildew à avertir rapidement les viticulteurs, lorsque les conditions de température sont favorables à l’éclosion. Il semble que cela pourrait être fait par un radiotélégramme de bonne heure au lever du jour: La station régionale poire se charger de ce service. ai

Par ces quelques exemples, on voit dahs quel sens il est nécessaire que la météorologie se développe aujourd’ hui. Après avoir fait surtout de la statistique, mieux armés maintenant, grâce aux méthodes modernes, les observateurs doivent s'attacher résolument à la prévision et transformer peu à peu les stations d'observations simples en stations d’avertissements. C'est surtout grâce à la télégraphie sans fil que cette réforme pourra être accomplie.

SLR

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