PREFACE XVII
excellente, est vraiment (( une application sociale delà véritable solidarité ».
Rien de plus intéressant, rien aussi de plus nécessaire que l'examen d'une telle question ; elle se pose d'ailleurs pour toutes les œuvres de fraternité ou de prévoyance que le progrès des mœurs a multipliées depuis un quart de siècle : (( Comment reconnaître, dit M. Gide, qu'une œuvre d'assistance, qu'une institution d'hygiène sociale, qu'une mutualité, qu'un syndicat professionnel, qu'une association coopérative est solidariste ou ne l'est pas * ?» A quels signes reconnaissons-nous qu'il s'agit d'organisations véritablement solidaires, ou simplement d'institutions purement bienfaisantes, inspirées par le seul esprit de charité — ou d'institutions purement prévoyantes, inspirées par des vues très légitimes d'ailleurs d'intérêt personnel ou d'intérêt général, parfaitement étrangères à la notion du devoir social, de la dette véritable née de la solidarité ?
Il faut lire, dans la conférence de M. Gide, les exemples frappants de cet esprit d'égoïsme collectif qui domine trop souvent dans les sociétés coopératives et que leurs membres prennent, très sincèrement, pour un esprit de solidarité. Est-ce un acte de solidarité qu'accomplissent les membres de certaines sociétés de consommation qui, (( une fois ou deux fois par an, viennent toucher un dividende variable pour chacun d'eux