PREFACE IX
vant être sanctionnée par les actes de la puissance publique — c'est ce qui démontre irrésistiblement cette belle étude de M. Monod dont les idées ont reçu, on le sait, leur application dans cette grande loi du i5 février 1902, à la préparation de laquelle il a pris, depuis dix années, une si grande et si noble part.
Le nom du P"" Brouardel vient aussi naturellement à l'esprit quand on parle de la loi du i5 février 1902. Nul n'oublie le grand rôle qu'il eut, comme commissaire du gouvernement, dans la discussion de toutes les lois d'bygiène publique de ces dernières années.
Aussi bien la conférence qu'il publie dans le présent volume sur « la propreté et l'iiygiène » est-elle inspirée des mêmes idées : il entre ici dans des détails minutieux et saisissants, dans l'intimité delà vie individuelle, oii le législateur ne pourra toujours que très difficilement pénétrer : la propreté de la personne et la propreté du domicile sont cependant les conditions premières, essentielles, non pas seulement de la santé individuelle, mais de la santé et de la vie collectives. Et pour vaiacre ici l'inintelligent égoïsme des privilégiés, c'est à leur intérêt mieux entendu que M. Brouardel s'adresse pour leur faire comprendre leur devoir : (( Dans notre société, dit-il après M. Monod, nous sommes tous solidaires les uns des autres. En protégeant les déshérités de la fortune, nous nous protégeons nous et les nôtres ; nous ne pouvons par l'isolement nous mettre à l'abri des contacts dangereux.