‹ Les applications sociales de la solidarité, leçons professées à L'École des hautes études sociales;Chapitre 4 sur 72 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

semblables. Comme l'a dit avec tant de force M. Henri Monod dans l'une des conférences de cette année \ (( tant que la salubrité n'a paru servir qu'un intérêt personnel, ou du moins ne s'étendant pas au delà de la famille, on a laissé aux citoyens des libertés dont l'abus ne semblait nuire qu'à eux-mêmes. (( Si je veux être battue ! » dit Martine. Mais il est arrivé que la science a mis en évidence avec une précision et une sûreté croissantes les lois de la solidarité sanitaire. « Ce qui était permis quand on le jugeait inoffensif ne doit plus l'être dès qu'on le sait nuisible... De là les devoirs nouveaux de r hygiène publique. » Et dans cette conférence, M. Monod a montré d'une façon décisive qu'une double obligation naissait pour cliacun de nous du fait de la solidarité sanitaire : celle tout d'abord de nous abstenir de ces actes innombrables (( d'insalubrité )) par lesquels nous compromettons chaque jour la santé et la vie des autres hommes ; celle aussi de contribuer, dans la mesure de nos ressources, aux dépenses publiques nécessaires pour assurer à l'ensemble de la cité l'état de salubrité convenable ; l'obligation de payer en un mot notre prime d'assurance mutuelle contre la maladie ou contre la mort.

Qu'il y ait, pour la défense commune de la santé de nos semblables, non pas seulement une obligation morale, mais bien une obligation sociale, une dette pou-

I. H. Monod, La léfjislalion sanitaire en France, p. 89 du présent volume.

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