XII PREFACE
certains pays, malheureusement autres que la France, on a réussi à faire baisser de 3o à i8 ou i5 pour i ooo la mortalité dans les grandes villes en y détruisant systématiquement ces habitations insalubres et en les remplaçant par des constructions salubres et à bon marché. Mais qui ne voit que l'initiative individuelle, quelles que soient les merveilles d'activité et de dévouement dont elle a donné l'exemple, est impuissante à résoudre seule un tel problème économique et financier ! Là encore c'est une organisation vraiment sociale, fondée sur le concours de tous et sanctionnée par la A^olonté publique, qui pourra seule réaliser l'œuvre nécessaire au salut commun. M. Siegfried, auquel est due en si grande partie notre loi française de 189/i sur les habitations à bon marché, nous a, dans sa conférence sur cette question, montré comment l'Angleterre — cette patrie du libre-échange économique, (( cette terre classique de la liberté individuelle — n'avait nullement hésité « à renoncer aux principes abstraits pour entrer résolument dans la voie des réformes utiles^ » et à voter des lois qui, les unes, frappent d'expropriation les maisons et les quartiers insalubres, et limitent rigoureusement l'indemnité que peut réclamer le propriétaire dont la maison a été ainsi reconnue une cause de péril pour la santé de ses semblables ; les autres, mettent les deniers communaux, sous forme de prêts, à la disposition des citoyens dési-