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lES ARABES EN SYRIE AVANT l'iSLAH
WâdCel-Gharz se dirigent tous deux vers Test et se déversent dans un bas fond qui constitue, sur le bord méridional du l^afâ, Foasis de la Rouhbé.
La Rouhbé est une plaine basse d'environ 20 kilomètres de long sur 5 à 6 de large. En hiver, elle est convertie en un lac marécageux; mais, au printemps, elle offre un merveilleux champ de culture. De nos jours, les 'Arab eç-l^afâ sèment du blé et de Forge dans la terre encore molle en se contentant de tracer des sillons avec des branches épineuses. Il n'y a pas dans toute la Syrie de meilleure terre à blé. La
Fig. 5. — Plan de Dair el-Rahf.
récolte est mise en silos sous la protection efficace de Ghaikh Serêiq^le genius loci, héritier de Zeus Safathènos. Les parties de la Rouhbé qu'on n'ensemence pas se couvrent d'une herbe touffue qui fournit une nourriture abondante aux troupeaux des nomades.
A l'époque romaine un poste fortifié d'une certaine importance fut élevé dans la Rouhbé. Les Arabes en appellent les ruines Qasr el-Abyad, la forteresse blanche, parce que s^s murs grisâtres se détachent nettement sur le fond basaltique sombre qui l'entoure.
Les ruines de fortins romains qu'on rencontre dans la Harra du Wâdî Râdjil méritent de nous arrêter, car elles jalonnent le limes syrien et elles permettent de reconstituer la physionomie de ces régions sous la domination romaine. Nous étudierons d*abord les fortins élevés dans le domaine safaïlique, puis nous pousserons plus au sud jusqu'à l'est de la mer Morte et nous essaierons de définir les actions diverses auxquelles Tarchitecture et la décoration ont été soumises sur la frontière de Syrie.
Les principaux fortins ^ élevés à l'époque romaine dans le champ de pérégrination des Safaïles sont, du nord au sud :1e poste du Djebel Seis, Qaçr el-Abyad, en-Nemâra, Dair el- Kahf et Qal'at Ezraq (fig. 2 et 10).
Les ruines, au pied du cône volcanique qui a nom Djebel Seis, sont assez importantes. Le fortin couvre un carré d'environ 35 mètres de côté; il est muni de tours rondes. Le mur en maçonnerie, épais de 2 mètres environ, est protégé par un petit fossé.
Qaçr el-Abyad est également construit sur plan carré avec tours aux angles et au milieu des courtines. Le mur d'enceinte est composé de deux parements appareillés entre lesquels on a bourré des pierres et du mortier. Une haute tour engagée dans le mur d'enceinte, mais ne faisant pas saillie au dehors, dominait l'ensemble. Nous reviendrons sur la curieuse décoration de ce monument.
En-Nemâra couronne une butte au milieu du Wâdt
1. Pour plus de détails sur ces constructions, on consultera H. de Vogué, Syrie centrale^ Architecture civile et religieuse du i«' au vu* siècle ; H. von Oppenheim, V(mi Mittelmeer zum persischen Golf, t. I ; R. Dussaud et Fr. Macler, Voyage archéologique au Safd et dans le Djebel ed'Druz et Mission dans les régions désertiques de la Syrie Moyenne,
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ech-Ch&m. Sur le linteau de la porte d'entrée on lit le début d'une inscription : 'Eici a(yTo)x(piTopoî) M. Aùp. 'Avtcdveîvou... qui prouve que la forteresse fut construite soit sous Marc-Aur6Ie (161-180), soit sous CaracaUa (198-217) ou Elagabal (218- 222). A l'intérieur du fortin, des graffites grecs sont gravés à c&té de graffites safaitiques. Les uns et les autres fournissent
ng. 6. — Fragment du grADd linteau de Qasr el-Abyad. D'après une pliotograptiie de Tauteur.
des noms propres safaitiques et doivent être à peu près de la m&me époque. Tout près d'en-Nemâra gisent les ruines du tombeau d'Imroulqais ibn 'Amr, roi de tous les Arabes, mort le 7 décembre 328 de notre ère comme l'atteste le texte qu'on trouvera ci-après.
Le plan de Dair el-Kahf (fig. 5), au sud^est du Djebel Çaurân, bien que muai de tours carrées, est tout semblable à celui du Djebel Seis et de Qagr el-Abyad : une seule entrée, bâtiments intérieurs le long des murs d'enceinte, tours saillantes aux angles et au milieu des faces. Le linteau de la porte
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d'entrée est gravé, aux noms des empereurs Constance Chlore et Galère, et des deux césars Sévère et Maximin, d'une dédicace datée de mars-août 306 de notre ère.
Avant d'6(re modifié par les Arabes musulmans, Qal'at
Wig. 1. — Fragment de pied droit de l'entrée de Qa^r el-Aby&d remployé dons la construction Dapris uae photographie de l'auteur.
Ezraq offrait un plan analogue. Un autel avec dédicace aux empereurs Dloclétien et Maximien, atteste que cette forteresse existait dès la fin du m* siècle.
Si tous ces fortins sont, en plan, du même type, Qasr el- Abyad se distingue par son ornementation. La porte d'entrée est encadrée du décor si répandu en Syrie, notamment dans le Çaurân : pampres qui sortent d'un vase. La partie
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supérieure du linteau {Sg. 6) est décorée d'une frise de feuilles d'acantbe; la partie inférieure est occupée par une série de cercles noués les uns aux autres dans lesquels sont figurés de nombreux animaux : oiseaux divers, clievaux, antilopes, lion, bœuf à bosse, peut-être l'élépbaot et jusqu'à des poissons'. Entre la frise de feuilles d'acanthe et les cercles noués, court un rinceau de pampres dont le motif se répète sur les pieds-droits dont nous donnons un fragment (Bg. 7) remployé plus tard dans l'intérieur de la forteresse.
Fig. s. — Fragment de Qa^r el-Abyad. D'après une photographie de l'aateur.
Un autre linteau est décoré d'une riche combinaison de cercles liés de même style, mais sans animaux. Le milieu de ces cercles est occupé par un ornement trilobé'. Signalons encore un fragment décoré d'arcosolia accostés de colonnettes (orses (Bg. 8). Dans chaque arcade ainsi dessinée se dresse un animal ou un motif floral.
L'étrangeté de cette décoration a été signalée depuis longtemps ; l'influence perse n'est pas douteuse. En particulier, le dernier fragment décrit est tout à fait comparable,