‹ Les Arabes en Syrie avant l'Islam. Avec 32 figuresChapitre 31 sur 87 · ZDMG, 1904, p · texte numérisé non relu

ZDMG, 1904, p

déforme pas toujours dans le même sens, mais au contraire qu'elle oscille de part et d'autre d'une certaine forme, comme un pendule autour de sa position d'équilibre. A la loi de symétrie, qui est spéciale à l'écriture sabéenne et qu'a préconisée M. Lidzbarski^ il en faut joindre une autre^ de portée générale, la loi d'oscillation. Par exemple^ d'après ce que nous avons vu plus haut, cette oscillation se remarque pour l'alpha grec qui, à l'époque byzantine, incline de nouveau la barre transversale. Si donc, dans le lihyanique et le safaïtique^ on rencontre des formes intermédiaires entre le phénicien et le sabéen, ce n'est pas, comme l'admettent MM. Lidzbarski et Praetorius, par suite d'une évolution incomplète, mais pa^ le fait d'une régression inconsciente 1 vers le type primitif.

Guimel. — Si nous acceptons la loi de symétrie, nous ne pensons pas cependant qu'elle doive recevoir, comme dans le cas du guimel, une application arbitraire, car en la poussant à l'excès, on arriverait à dériver n'importe quelle lettré sabéenne de n'importe quel caractère phénicien.

Noj^s ne pouvons admettre que le guimel safaïtique dérive / de l'adjonction de deux guimels sabéens 1 placés de façon à dessiner un rectangle qui, déformé, aurait donné l'ovale safaïtique. Bien plutôt, ce sont les deux branches du guimel sabéen qui, par régression, ont dessiné une sorte d'ogive, puis se sont fermées par le bas. D'ailleurs, la loi de symétrie est valable seulement pour le sabéen ; les Safaïtes ne s'en sont certainement pas souciés.

Dalet. — La haste du dalet phénicien s'est développée dans l'alphabet sabéen vers le haut aussi bien que vers le bas.

Dkal. — Celte lettre est d'invention sud-sémitique. Nous verrons qu'en général les lettres supplémentaires ont été obtenues en ajoutant à une lettre donnée un trait diacritique

tout à fait comparable au point diacritique que les Arabes niusiilinaDs ont employé dans le même but.

M; Lidzbar&ki tire le dhal lihyanique du dhal sabéen dans lequel la haste supérieure s'est redressée, ou encore de Tancien zain H par l'addition d'un petit trait vertical.

11 est probable qu'il y a eu deux formations indépendantes. Le groupe lihyanique-thamoudéen-safaïtique a modifié le H par addition d'un trait vertical, tandis que les Sabéens ont posé ce trait horizontalement.

Hé. — Les formes sud-arabes sont identiques. Par contre, pour dériver le sabéen du phénicien, il faut passer par un intermédiaire 3 qui, à haute époque, n'est fourni que par les alphabets grecs.

Waw. -^ Ici se présente une discordance absolue entre l'alphabet sabéen et l'alphabet phénicien. M. Lidzbarski reconnaît la difficulté de trouver des intermédiaires entre les deux formes'. On peut dire f impossibilité, d'autant que le type phénicien primitif, attesté par le grec et l'écriture d'anciens cachets hébraïques, paraît être un upsilon à petite fourche. Le waw de l'inscription de Mésa avec fourche curviligne est déjà une forme évoluée.

Zain. — 11 est certain que le zain lihyanique — forme d'oti dérivent le thamoudéen et le safaïtique, — conserve le type primitif tourné de quatre-vingt-dix degrés. Le sabéen, dans son goût pour la symétrie, s'est chargé d'un trait adventice qui a donné une forme en X.

Het. — Entre le phénicien et le sabéen, il faut supposer, comme pour le héj une forme intermédiaire g.

Kha, — Pour obtenir cette lettre, un petit trait diacritique a été ajouté, à la haste inférieure du hé sabéen. Le trait dia-

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