Ph. Berger, Histoire de V Écriture, p
2. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, II, p. 575. D'après ce tableau, les Phéniciens auraient tiré ie guimel et le kaf d'un même caractère égyptien, de même pour le zain et le sadé, pour le hé et le het. On ne dit pas d'où vient le *ain. Non seulement la colonne de Talphabet ne contient pas, en général, les formes archaïques, mais certaines formes données, comme celle du qof, n'ont jamais été usitées en phénicien. Au sujet des diverses hypothèses, les conclusions de M. Maspero sont d*ailleurs très réservées : « Il est malaisé, dit-il, de discerner le vrai dans ce conflit de théories contradictoires ; deux points seulement demeurent incontestables, la presque unanimité avec laquelle les écrivains classiques font honneur du premier alphabet aux Phéniciens, l'origine phénicienne de Talphabet grec. »
A chercher comment les signes alphabétiques ont pu m être imaginés, on a perdu de vue le problème essentiel. L'in- — vention de Talphabet, que Renan signalait comme la plus m grande invention de l'esprit humain, ne consistait pas à trouver des combinaisons de traits, mais, ce qui est moins banal, à . décomposer la parole en sons simples. On n'a pu y parvenir de but en blanc, mais seulement par élimination des signes syllabiques dans une écriture phonétique.
Ainsi ont procédé les Perses quand, au vi* siècle avant notre ère, ils tirèrent du système cunéiforme trente-six caractères alphabétiques. Les Phéniciens sont certainement partis d'une écriture qui notait les sons syllabiques et les sons alphabétiques ; ils ont éliminé les premiers et retenu les seconds.
Si la démonstration de l'origine égyptienne n'est pas assurée, celle de l'origine cunéiforme (Deecke) est abandonnée. La tentative de M. Hommel, qui recherche dans l'astrologie et le zodiaque l'origine de l'alphabet, se heurte à la même objection que la théorie de M. Pilcher. Ce n'est pas en contemplant les astres que les Phéniciens apprirent à isoler phonétiquement les consonnes. L'incertitude dans laquelle on est plongé, se traduit par la conclusion à laquelle aboutit M. Lidzbarski. Le savant sémilisant admet, faute de mieux, que l'alphabet phénicien est un emprunt à l'écriture égyptienne et l'œuvre d'un homme de Ghanaan qui connaissait le système égyptien, mais, cependant, assez mal ponr n'en pouvoir extraire qu'un petit nombre de signes dont il en dériva les autres. S'il eût connu plus exactement l'écriture égyptienne, il n'aurait eu besoin d'inventer aucun signe et il aurait suivi de près son modèle comme firent les Perses quand ils adaptèrent à leur langue l'écriture babylonienne*. Cette théorie d'attente est assez voisine de celle de Jj^. Ha-