Lammens, Un poète royal à la cour des Omiades, p
Dans la pratique, le développement des cultures complique les rapports entre sédentaires et nomades. Nous pouvons en juger de nos jours en Algérie et en Tunisie où la France reprend, après bien des siècles^ la tâche civilisatrice de Rome. L'introduction des nomades et de leurs troupeaux sur un territoire qui a changé de destination et de maître, soulève des difficultés très graves. Un spécialiste des questions africajnes, le commandant Rinn, a publié une étude symptomatique sur V Origine des droits d! usage des Sahariens dans le Tell\ Tout récemment, MM. Augustin Bernard et N. Lacroix ont mis la question au point dans une excellente Etude sur le nomadisme^.
Il faut distinguer entre migrations régulières et migrations intempestives. Celles-ci sont dues à l'état de guerre qui oblige les troupeaux à la fuite et qui pousse à détruire les points d'eau. Les tribus, n'occupant plus les mêmes territoires, renoncent aux travaux d'amélioration et se détournent de toute culture, d'où un épuisement rapide du sol. Car il ne faut pas prétendre que les nomades ignorent l'agriculture ou qu'elle soit sans valeur pour eux. Quand ils sont assurés de pouvoir récolter,les Arabes nomades du désert de Syrie savent parfaitement choisir certains points comme la Rouhbé (fig. 2) ou les bords des vastes marécages de la basse Mésopotamie pour y semer du froment et de l'orge. De la sorte, non seulement ils tirent un parti avantageux de la terre, mais ils améliorent un terrain qui, l'année suivante, fournira une herbe plus épaisse.
Le premier efiTet de la paix au désert est donc de réduire l'amplitude des migrations, de stabiliser les tribus dans des
1. BuUetin de la Société de Géographie d^ Alger et de V Afrique du nord^ 1902, p. 259 et s.