Strabon, p. 74i
LE PANTHÉON SAFAÏTIQUE 123
cite Dionysos et Ourania ^ Le premier est le dieu que nous étudierons sous le nom indigène de Dusarès ; Ourania, nous le savons par Hérodote, est Allât. On voit déjà, et tout ce qui suit le confirmera, qu'Allât s'identifie à la planète Vénus et nullement^ comme on l'affirme souvent, au Soleil».
La mention de Dionysos-Dusarès témoigne que ces auteurs classiques étaient spécialement renseignés sur les Arabes du nord. Les inscriptions nabatéennes confirment l'importance du culte d' Allât dans ce milieu. Avec les Nabatéens, la déesse Allât s'est implantée dans TAuranitide. Nous examinerons donc, en premier lieu, les textes nabatéens qui la concernent.
Corpus inscript, semiticarum^ II, 170. Mention en octobre 47 de notre ère d'un Malikou, fils de Qasiou (?), prêtre d' Allât à Hébrân, dans le Djebel Haurân.
CISy II, 182, relate en 50 de notre ère la construction d'un temple dédié <c à Allât, leur déesse qui est dans Salkhad » par Rouhou, fils de Malikou, et sa famille. Ce Roubou II a pour bisaïeul Çamm) Roubou, fils de Qasiou, ou Roubou I*. Le texte CIS, II, 174, vers 40 av. J.-C, paraît viser Qasiou, père de ce dernier. Ainsi donc, d'après M. Clermont-Ganneau, Roubou I aurait institué le cuite d' Allât à Salkhad. Ce culte prospérant, son arrière-petit-fils, Roubou II, éleva un temple digne de la divinité. A cette famille sacerdotale dont nous donnons ci-après Tarbre généalogique, il faut vraisemblablement rattacher Malikou, fils de Qasiou, prêtre d'AUât à Hébrân.