‹ Les Arabes en Syrie avant l'Islam. Avec 32 figuresChapitre 80 sur 87 · Mommsen, Hist, rom.^ trad. fr., XI, p · texte numérisé non relu

Mommsen, Hist, rom.^ trad. fr., XI, p

Les Safaïles empruntèrent Be'el-Samîn aux éléments syriens de TAuranilide. Mais cette région avait reçu, surtout dans le premier siècle avant notre ère, un fort apport de population nabatéenne. Â ces éléments nabatéens, les Safaïtes ont emprunté le dieu Dusarès. Nous ^verrons, par la transcription même de ce nom divin, que l'emprunt est de basse époque.

On sait que Pétra était le principal centre^ des Nabatéens et aussi du culte de Dusarès. Le Chara étant la contrée montagneuse autour de Pétra, on explique généralement Dusarès dont la forme originale est v^y^l ji comme « le maître du Chara ». S'appuyant sur une glose arabe d'après laquelle alcharâ serait la région autour du haram, du territoire sacré, M. Wellhausen repousse cette explication et lui substitue celle de « maître de Tenceinte sacrée, du himâ^ ». Mais la glose paraît opposer le charâ au territoire sacré haram et, d'autre part, il n'y a pas lieu de distinguer essentiellement le haram du himâ.

Nous ne reviendrons pas sur les particularités du culte de Dusarès que nous avons étudiées ailleurs', nous insisterons seulement sur un point important qui a été, récemment, mis en évidence.

Les Nabatéens en colonisant le Haurân y apportèrent le culte de Dusarès. Or, deux textes nabatéens de cette région

1. Wellhausen, Reste ar, Heid,^, p. 51 et Gôttingische Gelehrte AnzHgen, 1904, p. 941. Le savant auteur fait encore valoir que la contrée de Pétra n'a pas nomal-Gharâ, mais al-Gharât. De plus, la tribu de Daus, originaire de l'Arabie méridionale, adorait Dusarès, par suite il serait difficile d'admettre que ce soit une divinité topique des environs de Pétra.

2. Le culte de Dusarès d'après les monnaies d'Adraa et de Bostra, dans Note^ de myth, syr,^ p. 167-181.

l'assimilation DÉHNITIVE DES SAFAÏTBS 167

ont fourni pour le dieu un vocable qui ne laisse pas de surprendre : ï<12?^ i^ntS^n*. Dès lors, il faut renoncer à considérer dans A*ara et Dusarès deux divinités distinctes et ainsi tombe la principale objection contre ITiypolhèse de M. Clermont-Ganneau qui avait rapproché A ara d'OrotalV Si Texplication de ce dernier nom n'est pas encore complète, du moins onpeutle tenir commedonnant le nom spécifique de Dusarès'.

D'autre part, M. Liltmann* a reconnu récemment que le texte CIS, II, 190 était une dédicace bilingue à Dusarès. Il a déchiffré dans la partie grecque : Majel^oç 'Aloueta|avou| Aoudlapst *A|appa, à Dusarès-A*ara. La leçon de ce dernier terme est donc fixée. La réduplicalion du rô s'explique par la réduplication arbitraire des liquides que nous avons si souvent constatée dans les transcriptions grecques.

Chez les Nabatéens installés dans l'Auranilide, la prononciation dkoû 'ch'Charâ que rend le nabatéen ^^1^11 devait tendre vers un durcissement du dhal^ car on trouve en safaï-

tique lï^l à côté de HÏ^T

Nous donnerons, pour finir, un texte relevé par M. E. Littmann et où sont mentionnées, entre autres, les deux divinitées empruntées par les Safaïtes.

l.Savignacel Jaussen, Reuwe Biblique, 1905, p. 592 et suiv. ; M. Lidzbarski a ensuite reconnu que cette même appellation figurait sur la stèle dlmtân, Répert, d'ëpigr. sém., n© 83. Le waw entre les deux termes a été indûment introduit par nous. Une idée préconçue nous a entraîne à lire un waw là où il n'y avait qu'un alej'h du type fleuri.

Page 1