cil. Diehl, En Méditerranée^ p
2. Publiée chez Armand Colin, sous la direction de M. André Michel.
43 LES ARABBS BN SYRIiS AVANT L'iSLAM
M. iQabriei Millet s'est rallié à celte théorie et en a confirmé les éléments.
Il nous suffit de constater qu'à l'époque impériale, la disposition triconque est particulièrement adoptée pour les palais (Milan, Trêves, Cologne). Encore au ix* siècle, on élève à Byzance un triconque comme salle du trône. La faveur dont ce type architectural jouissait, le fit adopter pour certaines églises, comme l'église de Bethléem dont l'érection
M pTtie. ancienne 'M. partit rtsCZtufc
Pig. li. — Essai de restitution du Prétoire de Gaaatha, avec sigma triconque.
remonte à l'époque de Constantin. On le trouve également dans des couvents égyptiens.
En Syrie, notamment dans le Haur&n, le triconque n'est pas inconnu. Une inscription grecque chrétienne de Bostra% datée de 488 de notre ère, mentionne la construction d'un
« LeTp(xovxov QftYiwt, dit Waddington dans son commentaire, est un édifice ou portique demi-circulaire, ayant la forme
1. Waddington, Imcrvpi. gr, et laU de Syrie, n^ i913; cf. Glermont-Ganneau, Recueil d'arch. or,^ II, p. lui et Schumacher, Zeiischrift des deutschen Palàstina-Vereins, 1897, p. 148-149.
LE LIMBS SYRIEN ET L'aRT ARABIS ANTÉISLAHIQUB 43.
d'un C, et orné de trois x(5yx«i ^^ niches pour placer des statues. Les ^àxioLi sont souvent mentionnées dans les inscriptions du Haourân, et il en existe encore plusieurs; ce sont des niches prises dans l'épaisseur des murs 4*un édifice et dont le haut imite la valve striée d'une coquille ».
Cette description du triconque devrait être appuyée d'un exemple graphique. M. Strzygowski, à qui le texte de Bostra n'a pas échappé, pense que le sigma triconque était semblable au triconque de Mechalta avec, de part et d'autre, un portique circulaire, tel le portique du Bernin devant Saint- Pierre de Rome. Mais cela eût constitué, comme à Byzance, un sigma et un triconque, non à proprement parler un sigma triconque.
On peut songer à une solution plus simple. Nous l'emprunterons aux ruines d'un édifice de l'ancienne Ganatha dans le Djebel Uaurân^ édifice qui pourrait avoir primitivement servi de pretorium^ car il n'est pas sans analogie avec le pretorium de Mismiyé. Sur le modèle de ce dernier, nous en avons tenté une restitution (fig. 11). Nous voyons ainsi que le sigma triconque était une abside munie de trois niches. Précisément, comme dans le palais de Mechatta, le triconque s'élève au fond d'une vaste salle rectangulaire, peut-être à trois nefs.
U se peut que le triconque sous coupole ait été imaginé en Syrie, mais il est douteux qu'on puisse le faire remonter jusqu'au palais de Salomon et nous ne saurions suivre M. Strzygowski lorsqu'il suppose que Mechatta, continuant cette antique tradition, dépend du palais de Jérusalem comme Spalato dépend d'Antioche*.
L'enceinte de Mechalta est construite en pierres; le plan en est rigoureusement celui des fortins romains de la région .