Strzygowski, /. c, p
44 LKS ARABB8 BN 8YRIK AVANT L'iSLAM
La façade, de part et d'autre de l'entrée, est ornée d'une suite de sculptures dont le style évoque aussitôt la comparaison avec les fragments sculptés de Qasr el-Âbyad. Dans l'un et l'autre monument, c'est la grande porte d'entrée qu'on a voulu décorer, mais on a déployé à Mecbatta un luxe inusité sur lequel nous insisterons dans un instant.
A rinlérieur, les soubassements, les pilastres et chapiteaux sont en pierre; les autres parties du mur et les voûtes sont construites en briques.
En Syrie, de tous les matériaux de construction, la pierre est le plus employé. De cet usage, l'architecture syrienne tire ses caractères distinctifs. Ainsi, les maisons et les églises, antérieures à l'invasion musulmane du vu* siècle, étaient construites en pierre dans la Syrie du nord. Le toit seul était en bois. Dans le Haurân, tous les éléments étaient en pierre. Pour le toit, on disposait de longues dalles de basalte soigneusement jointes et posées sur des arcs en pierre ou sur des consoles insérées dans les murs. Donc, Tusage de la brique à Mecbatta est inattendu et en opposition avec les méthodes de construction des territoires sédentaires voisins.^
Cet usage de la brique, nous le retrouvons plus au nord, mais également dans le désert de Syrie, à Anderin (construction datée de mai 558) et à Qaçr Ibn-Wardân, M. de Vogîlé l'a signalé au Djebel Seis. M. Strzygowski pense que les constructeurs d'Anderin et de Qaçr Ibn-Wardân ont tiré leur main d'œuvre d'Antioche, tandis que ceux de Mechalla se seraient adressés à la Mésopotamie du nord. Celte hypothèse s'appuie uniquement sur les dimensions des briques qui diffèrent d'un point à l'autre. Mais, d'autre part, la construction des murs en pierre de Qasr Ibn-Wardân, de Qasr el-Abyad et de Mecbatta offre une particularité qui témoigne de la communauté des traditions. En ces trois points, on relève des murs cous-