Lidzbarski, /. c, p
critique est encore très net en lihyanique. Dans le tiiamou^ déen et le safaïtique on aboutit à une forme cursive. .
Tct. — Les intermédiaires qui permettent de passer de la lettre phénicienne à la sabéenne existent dans les alphabets grecs archaïques. Le thamoudéen montre que la lettre safaïr tique est bien une déformation de la lettre sabéenne, mais avec une curieuse régression vers le type en croix primitif.
Tha. — Cette lettre offre deux formes qui, incontestablemeut, sont tirées des deux formes correspondantes du §adé sabéen. En Tabsence des intermédiaires lihyanique et thamoudéen , la forme safaïtique parait singulière. Elle dérive d'un sadé ouvert comme en offre le li^iyanique.
Yod. — La fixité de cette lettre dans les alphabets sudsémitiques fait mieux ressortir la divergence entre le phénicien et le sabéen. Nous verrons p]us loin que les formes grecques archaïques fournissent les intermédiaires voulus.
Kaf. — Si le /<:«/ safaïtique dérive du sabéen — et le thamoudéen assure la dérivation, — ce ne peut être que par régression vers le type primitif. La lettre sabéenne a dû être constituée par Tadjonclion d'une barre verticale servante l'asseoir sur la ligne.
Lamed. — La position de la lettre sabéenne évoque le lamda grec archaïque.
Mem. — Nous discuterons plus loin les rapports entre la lettre phénicienne et la sabéenne.
Noun. — La déformation atteint sa limite en safaïtique.
Samek. — Il y a parfois confusion, en safaïtique, entre le bel et le samek\ mais, régulièrement, ce dernier est muni d'un appendice caractéristique. En safaïtique, cette lettre vaut pour samek et pour sin.
L'évolution du samek phénicien en samek sabéen est comparable à celle du hé. Mais, de même que pour le hé^ la
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forme intermédiaire supposée S n'existe que dans les alphabets grecs archaïques.
*Ain. — Il y a parfois confusion entre le 'ain et le guimel safaïtiques. Régulièrement, le premier est petit; le second d'assez grandes dimensions et d'un ovale anguleux.
Ghain. — Lettre de formation artificielle pour laquelle les Sabéens semblent s'être inspirés du kaf.
Phé. — Le lihyanique et le thamoudéen sont indispensables pour comprendre comment le phé safaïtique dérive de la forme sabéenne. Cette lettre est un excellent exemple de la loi d'oscillation. D'abord, le phé phénicien se boucle (comme le guimel safaïtique), puis il se rouvre et aboutit, en safaïtique, à une lettre plus voisine de la phénicienne que la lettre sabéenne.
^adé. — Nous reviendrons sur le passage du sadé phénicien au sadé sabéen qu'il est bien difficile d'expliquer.
Dad. — Puisque le fha dérive certainement du nadé sabéen, il est à présumer que le dad doit dériver du /^/. Et, en e£Fet, les deux lettres sont très voisines.
Qof. — Cette lettre est avec le 'ain et le taw une dos mieux conservées.
Rech. — Le rech safaïtique s'est formé suivant une déformation comparable à celle du bet. Les Safaïtes^ gênés euxmêmes par la ressemblance des deux lettres, distinguent souvent le rech par l'adjonction d'un petit trait en haut et en bas.
Chin. — Le sabéen comme l'hébreu distingue le sin du chin. Le sabéen a tiré deux lettres du chin phénicien. L'une en redressant^ comme en grec^ la lettre phénicienne; l'autre en adossant deux chins redressés.
Taw. — En safaïtique, cette lettre ne se distingue parfois du kha que par des dimensions plus petites.
Tha. — Le liUyanique, qui parait conserver la forme primitive, nous en explique la genèse. C'est un taw muni d'un trait vertical diacritique. Les Sabéens ont transformé la petite croix supérieure en une boucle. Mais, comme ils retombaient ainsi sur la forme du yod, ils ont ajouté dans le bas de la haste un autre petit cercle.
Ainsi, presque toujours, les lettres sabéennes s'écartent à tel point des lettres phéniciennes, qu'il est de toute nécessité de supposer entre celles-ci et celles-là des formes intermédiaires. Parfois, même, nous n'avons pu en aucune manière dériver la lettre sabéenne de la lettre phénicienne correspondante. C'est pourquoi plusieurs spécialistes des études sabéennes renoncent à dériver l'un de l'autre ces deux alphabets et supposent un prototype commun \ La solution à laquelle nous aboutirons, vérifiera en partie cette hypothèse.
L'âge des textes minéens et sabéens serait important à fixer. La chronologie mise en avant par MlM, Hommel, Winckler et Weber est des plus précaires. 11 est tout à fait arbitraire de décider que la liste des rois minéens ne peut être plus récente que le vu'' siècle avant notre ère. On s'appuie sur l'absence de toute mention des Minéens dans la Bible à partir de celte époque'. C'est là un argument négatif qui a d'autant moins de poids que les mentions des Minéens qu'on croit saisir à une époque antérieure, s'établissent en corrigéant le texte des Chroniques, et par là même, sont doublement douteuses.
Dans la chronologie adoptée, les vingt-cinq rois minéens
1. Ollo Weber, Arabien vor dem hlâm (Der aile Orient, 3, l), p. 13.
2. Wînckler, Die Keilinschriften und dos aile Testament*, p. 142 et s.
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connus par les textes, s'étendraient du xiv^ siècle avant noire ère jusqu'au vii* siècle. Puis, leur succéderaient les rois Sabéens dont on possède dix-sept noms*. Le royaume sabéen doit se terminer en 115 avant notre ère, date qui sert de départ à une ère nouvelle dans l'Arabie méridionale. C'est le tour des rois himyarites qui prennent le titre de a rois de Saba et de Raydân ». Vingt-six rois himyarites sont connus et nous conduisent jusque vers 300 après notre ère. A partir de ce moment et jusqu'à l'époque musulmane, les rois s'intitulent <c rois de Saba, de Raydân, de Hadramaut et du Yémen ».
La haute époque à laquelle on fait remonter les textes minéens est inacceptable. 11 faudrait admettre que les Minéens pratiquaient l'alphabet à une époque où il n'était pas encore inventé.
Le seul trait permettant d'attribuer une haute antiquité aux textes minéens est la mention du pays d'Assur, de l'Assyrie*. D'autre part, le texte de Sargon, cité plus hauts montre que les rois sabéens sont d'époque moins ancienne. Mais il n'est nullement établi qu'ils ne soient entrés en charge qu'à l'extinction de la dynastie minéenne. En somme, on restera dans la vraisemblance historique en classant provisoirement les plus anciens textes minéens au viii' siècle avant notre ère.
A cette époque, l'alphabet phénicien était encore intact.
1. On admet que tous les personnages sabéens portant le titre de moukarrab ou moukarrib (prince) sont antérieurs aux rois dé Saba. Ce fait est d'autant moins certain que Ton connaît un moukarrab qatabanite qu'un texte qualifie de « roi » ; cf. H. Derenbourg, Répertoire épig. sémit.f n** 311 et 312.
2. L'importante inscription Halévy 535= Glaser 1155. On en trouvera une traduction dans 0. Weber, o. c, p. 15-16. L'attribution de ce nom d'Assur à Édom, prônée par plusieurs savants allemands, ne repose sur aucun fondement.