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Froehner, Monuments Pio(, II, p

90 LES ARABES EN SYRIE AVANT l'iSUM

hypothèse^ le rôle des Phéniciens serait tout au plus limité à celui d*un choc en retour.

La seule conclusion ferme que nous croyons devoir proposer est Torigine grecque dejTalphabet sabéen; et cela constitue une présomption sérieuse en faveur de l'origine égéenne de l'alphabet.

ŒAPITRE IV

LE DIALECTE SAFAITIQUE

Particularités grammaticales du safaïtique. — Noms propres. — Formules usuelles des inscriptions. — L*6volution linguistique des Safaîtes est fonction de leur évolution sociale. — Renseignements divers fournis par les textes safaîtiques et les dessins gravés sur roc .

La langue safaïlique est un dialecte arabe voisin de l'arabe du Coran, ou arabe littéral dont le témoignage le plus ancien est fourni au début du iv* siècle de notre ère par Finscription d'en-Nemâra dont nous avons donné le texte plus haut.

Nous devons insister sur les particularités propres au safaïtique pour permettre la lecture des textes. Nous verrons en même temps, que ces particularités sont le fait d'une évolution normale et la connaissance exacte des conditions d'existence des Safaîtes nous permettra de définir les causes qui ont déterminé cette évolution.

L'écriture safaïtique ne marque ni les voyelles longues ni les diphtongues. En d'autres termes, les Safaîtes écrivent toujours defective.

Ainsi^ pour les voyelles longues, le mot jt^ « campement » s'écrira n.

Pour les diphtongues la constance de l'écriture defective montre que ce n'est pas là un caprice ; elle indique un état avancé de l'évolution phonétique. En effet, dans la plupart des

langues sémitiques, on remarque une forte tendance à contracter les diphtongues : ai en ê ou i, et au en 6. Le fait se constate en phénicien et en hébreu. En arabe classique, les diphtongues sont parfaitement conserYées; mais en safa!tique la contraction est complète. Les transcriptions grecques des noms propres safaltiques Tattestent. Mais, aYant d'en tenter une explication, il nous faut l'établir.

ai. — Ex. : en arabe classique ^j^, entre ^ parmi; dans l'inscription d'en-Nemâra : ]^3.

En hébreu, la contraction est faite dans la vocalisation des Massorètes ; mais le yod ancien est consente dans l'écriture :

En safaltique, la contraction est achoYée .; on écrit : p. Le fait est d'autant plus curieux qu'en arabe moderne la diphtongue est encore sensible : beïn.

De même, le nom propre ^ Taim, s'écrit en safaïtique

DP et se prononçait Têm comme le montre la transcription grecque ©éixoç*.

au. — Le nom propre er*^', rfon, offrande^ s'écrira en safaïtique : OK. Si nous trouvons DIK, il faudra lire le dimi-

nutif : (j^j' et, en effet, ce nom se retrouve dans les inscriptions sinaïtiques sous la forme Itt^^lK.

Lettres faibles. — Les anomalies que présentent les lettres faibles en safaïtique ne sont qu'apparentes. Le flottement dont celles-ci font preuYe sous l'influence des voyelles, s'est également produit dans l'écriture arabe à une époque ancienne. Ce fait a conduit les grammairiens arabes à adopter le signe couYentionnel du hamza. La flxité de ce dernier comme support intermédiaire entre la consonne Yariable et

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