‹ Les Arabes en Syrie avant l'IslamChapitre 38 sur 88 · On a aussi OaT|ioc, mais à cette époque ai marque ê · texte numérisé non relu

On a aussi OaT|ioc, mais à cette époque ai marque ê

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la voyelle^ a fini par faire considérer le hamza comme la véritable consonne. Souvent, d'ailleurs, la vraie consonne disparaît de Técriture et le hamza seul est conservé.

Ainsi, primitivement, Tarabe (j^^j ra's « tète » devait faire au pluriel : c/'jb* rou'ouwousy car Vélif est radical.

De bonne heure, l'influence de la voyelle entraîna la graphie LTJJJy la prononciation restant intacte. Lorsque les grammairiens arabes eurent à noter une prononciation dififérente pour les deux wato^ Tun ayant la valeur de Félif, ils eurent recours au hamza dont la valeur conventionnelle était de neutraliser la consonne sous-jacente. On eut ainsi au singulier

fj^\j et au pluriel (^jjj.

Le safaïtique confirme ce processus et témoigne du scrupule avec lequel les grammairiens arabes ont noté les nuances de la prononciation. Ainsi le participe présent de jLm» a voyager » (racine jr*) serait régulièrement

j-i^j mais on prononçait sâ'ir^ et les grammairiens ont écrit

^L en enlevant au yâ sa valeur consonantîque. Les Safaï-

tes prononçaient de même, car les graphistes du §afâ ont écrit ce mot lt<D. Il ne faudra pas nous étonner de rencontrer en

safaïtique des graphies divergentes telles que >ï"l à côté de lï*1,ouVnK à côté de yf\K L'artifice du hamza nous servira à expliquer ces anomalies purement graphiques.

Gomme dernière particularité orthographique notable, il semble que, de même qu'en sabéen, le safaïtique ait parfois rendu le redoublement d'une liquide en l'écrivant deux fois. Ainsi SmiÔ et St^JJtS seraient le même nom propre.

Nous groupons ci-après quelques remarques sur la morphologie.

Pronoms personnels. — On connaît le pronom suffixe masculin de la troisième personne singulier : H. Peutêtre aussi le pronom isolé de la troisième personne singuliei*

masculm : IH y^.

Pronom suffixe 3' pers. masc. plur. : DH.

Pronoms relatifs. — Pronom démonstratif devenu

pronom relatif : T =j^, avec le sens de v^jJI. Pronom interrogatif devenu pronom relatif : ]D ou D =

Article. — On sait que le groupe de langues sud-arabe (minéo-sabéen) n'a pas d'article : la détermination est marquée parla nounnation. L'arabe proprement dit utilise l'article Jt. Le groupe nord-arabe (lihyanique, thamoudéen et safaïtique) note l'article par un H.

L'article safaïtique serait-il identique à l'article hébreu ? La question reste incertaine par la raison qu'on ignore la vraie nature de l'article hébreu. Ce dernier peut dériver d'une forme primitive Sn, hal^ et serait, alors, identique à l'article arabe. Mais la forme primitive peut être hâ.

Deux hypothèses sont également applicables à l'article safaïtique. Dans l'une, il serait une notation particulière de l'article arabe al avec assimilation constante du làm avec la première lettre du mot déterminé. On peut faire valoir le nom divin Ghai'-al-qaum que les Nabatéens transcrivent mpS^V^ et qu'ils prononçaient Ghai'-al-qaum ou Chê'-alqôm. Si les Safaïtes assimilaient constamment le lâm de l'article, on s'explique qu'ils aient écrit DpnVIE^, prononcé Ghô*haq-qôm.

Cependant, ce témoignage n'est pas assez probant pour écarter complètement la seconde hypothèse d'après laquelle Tarticle safaïtique serait la particule l», hà « voici », qui a

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une valeur démonstrative^ le karf atAanhih ou « particule qui excite Tatlention ». Primitivement, l'article arabe a/ avait aussi une valeur démonstrative conservée dans certaines expressions comme al-yauma « ce jour, aujourdliui ».

Il faut soigneusement distinguer de l'article une particule d'exclamation il sur laquelle nous reviendrons plus bas.

Verbes. — Les verbes que nous rencontrerons sont presque tous à la 3* personne masc. sing. La seule particularité à signaler, c'est que, dans les verbes à troisième radicale faible, cette radicale portait une voyelle. Ainsi on écrit ^Ï5 ce qui, en safaï tique, implique une prononciation fasaya.

Un fait semblable se présente pour la VIIP forme "^ViV qui indique une prononciation youM/ayarou, et non yoziMtdrou comme en arabe littéral \

Particules. — La seule différence avec les particules arabes tient à la graphie spéciale au safaïtique. La particule

^1 « vers » s'écrira 7K; de même JLo « sur, pour, en

1 honneur de » sera 727, comme nous avons vu ^j^ « entre » écrit p.

Il nous faut insister sur la particule H d'exclamation et sur la préposition l « à, par » .

L'arabe classique, parmi ses particules d'exclamation,

emploie tout spécialement pour le vocatif Ij « ô ». MM. Littmann et Halévy ont montré que, dans le même cas, les Safaltes emploient H.

Quant à la préposition b, /i, on la trouve au début de presque toutes les inscriptions safaïtiques et puisqu'elle pré« cède constamment un nom propre, on ne peut l'expliquer que comme lamed auctoris ou comme lamed d'appartenance.

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