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Clermont-Ganneau, Rec, d'arch. or.^ II, p

124 LES ARABES BN SYRIE AVANT L'iSLAM

Qa$iou ICIS, II, 174; an 40 av. J.-C.)

Rouhou I

(CIS, il, 182)

Aklabou

Malikou Qasiou

Roul^ou II Malikou

(C/S, II, 182; an 50 ap. J.-C.) (C/S, II, 170 ; an 47 ap. J.-C.)

D'après cet exemple, les ronclions sacerdotales paraissent réservées à une famille. Souvent, dans le Ilauràn, le dieu est simplement désigné comme « dieu d*un tel »; vraisemblablement, ce « un tel » est le chef de la famille sacerdotale. Nous reconnaissons également des membres de la famille sacerdotale dans les dédicants qui désignent la divinité nommée comme étant leur dieu, leur déesse. Mais, nous sommes déjà en présence de sédentaires chez lesquels la notion de famille a relégué au second plan celle de clan ou de tribu. Chez les nomades, on ne conçoit pas dans le clan ou la tribu une situation si exceptionnelle pour une famille. Tl est probable que le culte de tel dieu était lapanage de tel clan ou de telle tribu. Ainsi le service du culte de Yahwé était primitivement réservé à la tribu de Lévi ; Malakbel, à Palmyre, est désigné comme le dieu des Benou-Taiml ; nous comprenons que les Benou- Taiml en étaient les prêtres. Nous étudierons dans le chapitre suivant le dieu de la tribu de *Âwîdh. Enfîn, pour en revenir à Allât, les prêtres de cette déesse dans le sanctuaire de T^'il étaient les 'Attâb ben Malik.

Un autre texte nabatéen de Salkhad, CIS^ II, 183, est la dédicace, datée de 95 après J.-C, d'un certain Qasiou fils d'Odhainat : tl^\X\^ nSsS. On comprend généralement : « pour Allât et Wagrah ». Il y a naturellement doute entre Wagrah et Wagdah. Cette seconde divinité ne revient pas ailleurs.

LE PANTUÉON SAFAÏTIQUE 125

Probablomont Taul-il mieux reconnatlre dans le hé final, le suffixe de la 3* pors. sing. et comprendre « et son wagr » ou wagd. Si Ton adoptait wagr^ ce mot pourrait signifier « grotte, sanctuaire » ou viser le ghabghdb (trésor).

Les formules de ce genre ne sont pas inconnues en nabatéen. Ainsi dans C/5, II, 198. Ce texte est gravé à Qaçr el- Bint sur le tombeau de Kamkam et de sa fille Koulaibal. On appelle sur quiconque troublera le repos de la tombe, les malédictions de Dusarès et de son môtah^ d'AUât de *Amnad, de Manawatou el de son qais :

«n\£;n ^yS>i 3.

De môme qu'on a signalé plus haut Allât et son wagr^ on a ici Dusarès et son môtab^ Manawatou et son qais. La valeur exacte de ce dernier terme nous échappe, mais nous nous occuperons plus loin du môtab de Dusarès. L' Allât de *Amnad est inconnue par ailleurs.

llécomment, M. Enno Littmann a relevé dans un texte nabatéen de TAuranilide un titre très curieux d'AUât : "inN"Ss nm nbs. La présence de l'article arabe indique assez que nous avons là une formule importée en Syrie. Le mot 'atar est le même que nous avons rencontré dans nos textes safaïtiques 'athar « marque, trace, reste du campement » et, en général, « lieu, place » ; mais ici il ne peut être question que d'un lieu à caractère religieux, c'est-à-dire d'un sanctuaire.

Cela éclaire le sens jusqu'ici incertain d'une inscription nabatéenne. Nous voulons parler de CIS, II, 422-423. M. Euting a relevé, à Pétra, au débouché occidental du Sîq, un dessin rupestre formé d'une niche rectangulaire peu profonde dans laquelle deux petits carrés munis d'un trou sont

126 LKS AnAUKS KN SYRIK AVANT L*18LAII

figurés de pari et d'autre d*un rectangle'. Au-dessous de la niche, M. Euting a lu SPVinS et de chaque côté de la niche xn^^ZUD. M. Glermonl-Ganneau, qui a minutieusement étudié cet ensemble^ a mis hors de doute que ce dernier vocable était un ethnique féminin tiré de Manbidj-Hiéra-

polis".

D'après l'épithète nn«-S« rOl portée par Allât, il n'est pas douteux qu'il faille coiQprendre en deux mots (^n^T'^inS « Vaiar de *Até », cette dernière étant la grande déesse hiérapolilaine. Vatar^ le lieu sacré est défîni par cette niche dont les éléments restent à préciser, mais dans laquelle on voyait une représentation^ une matérialisation de la déesse. Cette valeur donnée à àtar ne difiTère pas essentiellement du sens qu'on lui a reconnu, par exemple, dans la grande inscription de Pétra*. Elle rappelle la curieuse étymologie de Simplicius dont nous parlerons plus loin, qui, entendant NIJI inN au lieu de nnj inj, expliquait ce dernier vocable par xoxo<;Oeo)v. Qu'Atargatis ait eu des fidèles parmi les Arabes, c'est ce que confirme Lucien* lorsqu'il signale que, parmi les offrandes envoyées au temple de Hiérapolis, certaines provenaient d'Arabie.

Il nous reste à citer un texte nabatéen de Salkliad dont ou a tiré d'importantes conséquences, malheureusement mal établies. Nous le reproduisons d'après le Corpus^ en introduisant immédiatement à la première ligne une importante correction de M. Clermont-Ganneau*.

1. Nouvelle reproduction dans Briinnow, Provincia Arabia^ l, p. 323.

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