de l'an 25. Qu'on se souvienne de Yarhai, le sculp
teur ! »
Un relief accompagne ce texte. Devant une suite de personnages un enfant nu est assis sur un trône et vaut pour le binôme Arçou-'Âztzou.
La nature d'étoile du soir, ainsi déterminée pour Arsou, permet d'identifier une divinité du panthéon safaïtique que les
textes nous livrent sous les deux formes TÏT et ^i^. Ces graphies divergentes nous sont expliquées par Tarabe classique
qui écrit pU>j. L'artifice du hamza nous montre que les deux
graphies cachent une prononciation identique : jU>j et ^^^y En arabe, la divinité Roud& étant du féminin, il n'est guère douteux qu'il en soit de même en safaïtique, tandis que la forme palmyrénienne Arsou correspond au masculin. De même, pour l'étoile du matin, nous avons la forme masculine *Azlzou à côté de la féminine al-'Ouzzâ.
Or, on a relevé à plusieurs reprises sur les rochers de Safâ*, la figure d'une déesse nue portant un collier, des bracelets aux bras et aux jambes (khalkhâl) et une ceinture. Elle tient des deux mains les extrémités de sa chevelure ou d'une écharpe. Nous reproduisons (fig. 30)le dessin donné par M. de Yog&é. A côté de la déesse sont gravés un astre et deux inscriptions. Dans la plus longue, on note une suite de trois
1. Wetzstein à Ridjm Ka*koûl ; M. de Vogué au wâdt el-Gharz; cf. ce dernier, /. c, p. 141.
LB PANTIIBON SAPAITIQUB
noms divins précôdés de la particule vocalive n'D^ni Qmni ... lï^ni. Le premier nom Raliâm sera étudié plus loin. Le second esl nouveau ; mais, la lecture n'est pas assurée. Enfin, vient le nom de Roucjâ que nous proposons de rapporter à la figure nue gravée auprès et définie par l'étoile. Noire hypothèse est appuyée parV. 397=W.I,ii, e, oùRouij&estmeo-
Fig. 30. — Déoaie safaTlique, probablemeot Rouijâ, l'étoile du
tionnée dans un texte qui enserre la représentation d'une étoile.
Quelle est la valeur du geste de la déesse 7 II est certain d'une part quo cette représentatiou répondait à une idole
I. D'après VogHé, Syrie centrale, Inscriptions sémitiques, p. 141. Le Marquis de VogGé a eu l'otlrAine obligeaace de dous permellre de vi'rifler le teila sur soQ carnet de noies.
déterminée ; mais, d'aulre pari il est invraisemblable d'y voir une simple imitation de Vénus anadyomène. L'arc de cercle Tormé par les cheveux ou mieux par l'écharpe ^ indique plutôt — à l'imitation du symbolisme gréco-romain, — le caractère nocturne de la déesse.
Nous examinerons quelques formules contenant le nom de Roudâ et offrant des particularités.
DM. 205=z:L. 26. — M. Littmann propose de lire :
nopS tDtû[n] ^n ixin uf\[yp p pnb
<4 Par llounain ben La Iham. Radou, en ton nom a écrit Louqmat »1
La correction en La*tbam est assurée par DM. 252 =L. 60 a. Pour la formule finale, M. Littmann rapproche les textes
thamoudéens : "^ TVD ^3 IX^n « ô Radou, en ton nom, aide pour ... ». Mais, ici, la construction est sensiblement différente. Avec réserves, nous proposons :
nnpj tûtan Spr] ixin ...
« ... ô Roudâ, vengeance [naqmai) contre Houtait. » Ce dernier est un nom arabe qu^on retrouve dans les tables de Wûstenfeld, p. 239.
La formule thamoudéenne que nous venons de citer d'après M. Littmann, a été très heureusement rapprochée par lui de quelques textes safaïtiques dont la rédaction sans le lamed auctoris initial constitue une singularité. Le savant sémitisant conclut à une influence thamoudéenne. Nous donnons ci-après les textes safaïtiques de ce type.
DM. 218 = L. 52 : «Dn TJD lï^jH « Roudâ, assiste Bâsi' ! »
'1. On a vu plus haut, p. 52, que la déesse nue de McchaUa tenait de chaque main rerirémité d'une écharpe. On peut penser que c'était une représentation d'Allâl ou d'une de ses hyposlascs.
L& PANTUÉON 8APAÏT1QUE 147