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Les arachnides de Belgique

1873. Eresid^:, E. Simon, Note sur les espèces européennes de la famille des Eresidœ {Éludes arachnolo-

giques. Ann. de la Soc. ent. de France, 1873), p. 345. 1881. Eresides, Cambridge, Spiders of Dorset, t. I, p. 45.

Céphalothorax très grand, épais, large et presque carré; partie céphalique convexe, beaucoup plus élevée que la partie Ihoracique dont elle est fortement séparée. Les yeux forment deux carrés, disposés l'un dans l'autre; le carré du milieu, petit, est ° un peu plus étroit en avant ; le bandeau, très étroit, est rebordé, avec une petite pointe 0 perpendiculaire au milieu.

Les pattes sont robustes, les métatarses de la quatrième paire munis d'un calamistrum.

Les femelles possèdent un cribellum (saillie placée entre les filières inférieures) (i). fy"^T^v ' Ce cribellum est grand, ovale, transverse, divisé en deux par une fine carène.

Cette famille des plus naturelles a été l'objet de beaucoup d'opinions différentes quant à sa position systématique: les anciens auteurs la rapprochaient des Altidœ auxquels, du reste, elle ressemble par les formes extérieures; mais ces rapports sont très superficiels; M. O.P. Cambridge la place à côté des Diclyna; en 1864-, M. E. Simon la réunissait à la famille des Epeiridœ dont elle formait une tribu; enfin aujourd'hui, nous en faisons une famille à part dans le sous-ordre des Araneœ verœ, entre les Thomisidœ et les Epeiridœ, et par conséquent fort éloignée de la famille des Atlidœ.

Cette famille n'est représentée en Belgique que par un seul genre et par une seule espèce, toujours fort rare.

Genre ERESUS, Walckenaer, 1805.

SYNONYMIE. 1805. Eresus, Walckenaer (ad partem), Tableau des Aranêides, p. 22.

1857. Chersis, Walckenaer (ad partem), Histoire naturelle des insectes (Aptères), t. I, p. 590.

1837. Eresus, Walckenaer (ad partem), Histoire naturelle des insectes (Aptères), t. I, p. 299.

1850. Eresus, C. Koch, Uebersicht des Arachniden- Systems.

1850. Erythrophora, C. Koch, Uebersicht des Arachniden-Syslems.

1861. Eresus, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. I, p. 45.

1864. Eresus (Eresa), E. Simon, Histoire naturelle des araignées, p. 299.

1879. Eresus, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique) (supplément).

1881. Eresus, Camhridge, Spiders of Dorset, t. 1, p. 45.

(') Chez les mâles adultes, le cribellum et le calamistrum sont atrophiés. Voir à la fin de ce volume la notice sur le cribellum et le calamistrum.

Les yeux médians forment un groupe plus large que long; les antérieurs sont plus petits que les supérieurs; les yeux dorsaux, très petits, sont plus éloignés du bord du front que du bord postérieur et sont aussi écartés l'un de l'autre que les yeux de côté

du premier rang.

Le plastron, allongé, est assez rétréci en avant.

Les lames maxillaires, droites, sont arrondies, plus larges vers l'extrémité et nullement inclinées vers la lèvre.

La lèvre, allongée, présente la forme d'un triangle renversé. Les chélicères, robustes, coniques, sont presque planes en avant. Les griffes tarsales supérieures sont fortement denticulées; la griffe inférieure présente presque toujours trois denticulations chez la femelle et deux chez le mâle.

La griffe de la patte- mâchoire de la femelle est petite et munie également de nombreuses denticulations.

SYNONYMIE

DESCRIPTION

ERESUS CINNABARINUS, Olivier, 1789.

(PI. I, fig. 4, la, ib, le, id.)

Aranea cinnabarina, Olivier, Encyclopédie méthodique, t. IV, p. 221.

Aranea moniligera, Villers, Linnaei Entomologia, t. IV. p. 128. Nomenclator iconum entomo-

logiae, etc., tab. XI, fig. 8.

Aranea quattuor-guttata, Rossi, Fauna Etrusca, etc., t. II, p. 135, tab. 1, fig. vm-ix. Aranea cinnaberina, Walckenaer, Faune parisienne, t. Il, p. 249. Eresus cinnaberrinus, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 21. Eresus quattuor-guttatus, Ilahn, Die Arachniden, t. I, p. 45, fig. 35. Eresus quattuor-guttatus, C. Koch, Uebersichl des Arachniden-Sy stems. Eresus quattuor-guttatus, C. Koch, Die Arachniden, t. IV, p. 104, fig. 316. Eresus illustris, C. Koch, Die Arachniden, t. IV, p. 105, fig. 317. Eresus cinnaberinus, C. Koch, Die Arachniden, t. IV, p. 106, fig. 518. Eresus cinnabarinus, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. 1, p. 46, pi. III, fig. 25. Eresus cinnabarinus, E. Simon, Histoire naturelle des araignées, p. 501. Eresus cinnabarinus, Thorell, Remarks on Synonyms, p. 420. Eresus cinnabarinus, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de

Belgique) (supplément).

Eresus cinnabarinus, Cambridge, Spiders of Dorset, t. I, p. 45.

Mâlefûg. la). — Le céphalothorax, noir, est recouvert de poils noirs et blancs assez espacés. La partie céphalique (fig. le) est élevée, un peu élargie en avant et descend vers le front.

Les chélicères, noires, sont légèrement convexes à la base.

L'abdomen, ovale, est d'un beau rouge vif, orné de quatre grosses taches noires formant un carré plus long que large; ces taches sont entourées d'un petit cercle blanc; le ventre est noir, garni de poils grisâtres.

Chez le mâle adulte, il ne reste du cribellum qu'une plaque cornée avec quelques petits renfoncements irréguliers ; le calamistrum également tend à disparaître.

Les pattes, relativement courtes, sont robustes; les deux premières paires, noires, annelées de blanc; les pattes postérieures, rouges, avec les trois derniers articles plus foncés.

La patte-mâchoire (fig. id) présente un tarse étroit, allongé, dépassant le bulbe; celui-ci, en forme de poire, est terminé par une sorte de lamelle enroulée.

Femelle (fig. 1). — Le céphalothorax est brun fauve, comme les pattes, qui sont un peu plus noires à la base des articulations.

L'abdomen est d'un noir profond, brillant.

L'épigyne (fig. 16), simple, est entourée d'un rebord très épais.

Le cribellum, semblable à celui des Amaurobius, est plus grand; les tubes à sécrétion sont au nombre de 2,881 sur chaque champ (Bertkau).

Ordre de longueur des pattes : 4, 1,2, 5.

moeurs. Cette belle araignée est très rare en Belgique; je l'ai observée à Tarrière-saison, par un temps

chaud et surtout calme; elle se cache au moindre vent sous les pierres ou sous les mousses et devient presque introuvable. Elle marche par saccades et recherche les terrains arides; elle se creuse une sorte de terrier oblique de 10 à là centimètres de profondeur, tapissé d'une toile grossière.

Le cocon, peu gros, est aplati, rond; l'enveloppe extérieure est assez épaisse, floconneuse; les œufs sont fortement agglutinés. La mère le tient appliqué contre le sternum.

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE

Limbourg : Genck.

Limbourg : JViaestricht.

Environs de Paris. — Fontainebleau.

Alpes : Bourg-d'Oisans.

Comté de Dorset.

Environs de Bonn.

France.

Aube : Bar-sur-Seine.

Angleterre.

Allemagne.

Pyrénées-Orientales : Vernet.

Hongrie.

S. Ujhely, Kapivâr, Ozora, Pécs, Villâny, Budapest, Padé, Jézova, Bazias.

Les Eresus étrangers à notre faune sont : Eresus annulatus, Hahn. — Eresus rotundiceps, E. Simon. — Eresus puniceus, C. Koch. — Eresus tricolor, E. Simon. — Eresus frontalis, Latreille. — Eresus ruficapillus, C. Koch — Eresus albo-pictus, E. Simon. — Eresus Lucasi, E. Simon (Algérie). — Eresus Walckenarius, Brullé. — Eresus moerens, C Koch. — Eresus Petagnae, Audouin et Savigny. — Eresus ctenizoides, C Koch. — Eresus luridus, C. Koch. — Eresus Theisii, Brullé (?;. — Eresus Guerini, Lucas (Algérie). — Eresus fulvus, Rossi (?). — Eresus Kollari; Rossi (?).

7me Famille : EPEIRID^E.

SYNONYMIE

Orbiteles, Latreille, Arachnides du règne animal de Cuvier, t. III.

Retiarl-e, Sundevall, Spécimen academicum gênera Araneidum Sueciœ, etc.

Orbitel/E, Latreille, Familles naturelles du règne animal, etc.

Epeïreides, Sundevall, Conspeclus Arachnidum, etc.

Arane,e orbitel.e, Perly, Digessit descripsil, etc.

Epeirides, C. Koch, i'ebersicht des Arachniden-Si/stems.

Epeiriformes, E. Simon (en grande partie), Histoire naturelle des araignées.

Epeirid.e, Menge, Preussisc/te Spinnen.

TetragmthiDjE, Menge, Preussische Spinnen.

Epeiroid.e, Thorell (ad parlem), Remarks on Synonyms.

Epeirid/K, E. Simon, Les Arachnides de France.

Epeirid/e, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

CARACTÈRES DE LA FAMILLE

Céphalothorax plus long que large; la partie thoracique arrondie, marquée d'une strie verticale; du milieu de cette strie partent d'autres stries qui rayonnent et s'écartent jusqu'à la base des pattes; la partie céphalique est séparée de la partie ihoracique par deux stries toujours bien marquées, appelées stries céphaliques.

Les yeux, au nombre de huit, sont disposés sur deux lignes; ceux du milieu, plus rapprochés entre eux que des latéraux, forment un carré bien distinct. Le bandeau est moins large que l'aire oculaire. On observe deux stigmates épigastriques sous l'abdomen. Il y a six courtes filières; celles de côté, rapprochées, forment une

espèce de rosace.

Les tarses sont armés de trois griffes; les deux du dessus sont fortes et denticulées ; il y a deux et parfois une seule dent à la base de la griffe inférieure.

A l'extrémité du tarse et devant la griffe inférieure on remarque des griffes auxiliaires; ce sont des épines très solides, pectinées d'un côté. La patte-mâchoire de la femelle est terminée par une petite griffe pec- %a tinée.

1/ Le bord inférieur de l'épigyne est élevé, partagé en Irois lobes formant le scape et surmonté d'un crochet recourbé en arrière.

Le tarse de la patte-mâchoire du mâle contourne le bulbe sans le recouvrir. Les Epeiridœ sont représentés en Belgique par neuf genres qui sont :

1er Genre. Argiope, Audouin et Savigny.

2e — Cyclosa, Menge.

3e — Epeira, Walckenaer.

4e — Singa, C. Koch.

5° — Cercidia, Thorell.

6e Genre. Zilla, C. Koch.

7e — Meta, C. Koch.

8e — Pachygnatha, Sundevall.

9e — Tetragnatha, Latreille.

Genre ARGIOPE, Audouin et Savigny, 1825-1827.

SYNONYMIE

1825-1827. Argiope, Audouin et Savigny, Description de l'Egypte (2e édition), t. XXII, p. 328.

1829. Argyopes, Latreille, Règne animal de Cuvier (nouvelle édition), t. V, p. 528.

183t. Argyope, Latreille, Cours d'entomologie, p. 529.

1835. Miranda, C. Koch (ad partem) dans Herrich Schaeffer, Deutschlands Crustaceen, Myriapoden und

Arachniden, 128, 14.

1839. Nephila, C. Koch (ad partem), Die Arachniden, t. V, p. 33. 1864. Argyopes, E. Simon (ad partem), Histoire naturelle des araignées, p. 281. 1864. Nephila, E. Simon (ad partem), Histoire naturelle des araignées, p. 275. 1870. Argiope, Thorell, On European Spiders, p. 51. 1874. Argiope, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 26.

CARACTÈRES DU GENRE

Céphalothorax presque aussi large que long; partie céphalique assez rétrécie, tandis que la partie thoracique est fortement arrondie sur les côtés. Les yeux de la première ligne sont courbés en arrière, tandis que les antérieurs forment une

© © ligne droite; les quatre yeux du milieu forment un carré plus long que large. — — — Le bandeau est toujours plus étroit que I aire oculaire. La femelle est beaucoup plus grande que le mâle.

SYNONYMIE

DESCRIPTION

Mâle.

Le plastron, plus long que large, découpé sur les bords, se termine en pointe arrondie en arrière. La lèvre, plus large que longue, est arrondie par-dessus. Les chélicères sont perpendiculaires et un peu allongées.

ARGIOPE BRUENNICHI, Scopoli, 1772.

(PI. I, fig. 2, 2a.)

Aranea Bruennichii, Scopoli, Observationes zoologicœ, ann. V, p. 125.

Aranea speciosa, Pal las, Reise durch vcrschiedene Provinzen des Russischen Reichs, t. II, p. 752.

Aranea zébra, Sulzer, Abgekùrzte Geschichte Schweizerischer und auslàndischer lnsekten, etc.,

p. 254, (al). XXIX, fig. 15.

Aranea formosa, Cyrillns, Enlomologiœ Neapolilanœ, t. I, p. 7, pi. 9. Aranea pulchra, Razoumowski, Lettre à 31. Reynier sur une araignée (Journal de Physique, t. XXXI),

Aranea pulchra, Razoumowski, Histoire naturelle du Jorat, etc., I. I, p. 244. Aranea fasciata, Olivier, Encyclopédie méthodique, IV, pp. 188-189. Aranea caspia, Gmelin in Linné, Systema naturœ, éd. 5, vol. I, p. 2959. Aranea formosa, Villers, Linnœi Entomologia, Fauna Suecicœ descriptœ, etc., IV, p. 150. Aranea phragmitis, Rossi, Fauna Etrusca, etc., t. II, p. 128, tab. III, fig. 15, lab. IX, fig. 5. Epeira fasciata, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 55. Epeira fasciata, Latreille, Gênera inseclorum, etc. Segestria pulchra, Risso, Histoire naturelle des principales productions de l'Europe méridionale,

Argyope fasciata, Audouin et Savigny, Description de l'Egypte, 2e édition, t. XXII, p. 529. Epeira fasciata, Walckenaer, Faune française (Arachnides), p. 254, pi. IX, fig. 2. Miranda transalpina, C. Koch in Herrich Schaeffer, Deutschlands Ins., 128,14. Epeira speciosa, Krynicky, Arachnographiœ Rossicœ decas prima (Bull, de la Soc. imp. des natcr.

de Moscou, t. V, p. 76).

Nephila transalpina, C. Koch, Die Arachniden, t. V, p. 55, fig. 556-557. Epeira speciosa, Eichwald, Fauna Caspio-Caucasia, etc. (Nouv. mém. de la Soc. imp. des natcr. de

Moscou, t. VII, p. 241, tab. XXXVII, fig. 5). Nephila fasciata, C. Koch, Die Arachniden, t. XI, p. 159, fig. 954. Nephila fasciata, E. Simon, Histoire naturelle des araignées, p. 277. Argyope brunnichi, Thorell, Om Aranea lobata Pallas, in OEfvers. afk. Vet. Akad. Fôrhandl.,

t. XXIV (1867), p. 591.

Argiope bruennichi, Thorell, Remarks on Synonyms, p. 518. Argiope bruennichi, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 51.

Mâle. — Des poils blancs recouvrent le céphalothorax, qui est d'un fauve pâle, rougeâtre, bordé de deux bandes brunes.

L'abdomen, blanc, est orné d'une grande tache (folium) découpée, d'un fauve plus ou moins clair et plus foncé sur les bords; le ventre est brun, orné de deux lignes claires assez étroites, qui commencent à l'épigaslre et descendent en s'écarlant jusqu'aux filières.

Une bande blanche occupe le milieu du plastron, qui se termine en pointe allongée.

Les chélicères, allongées, sont peu robustes; il y a quatre petites denticulations au bord supérieur et trois plus petites au bord inférieur.

Les pattes, fauve plus ou moins foncé, sont ponctuées de noir aux fémurs et aux tibias des deux paires antérieures.

Le tarse de la patte-mâchoire présente une petite pointe au-dessus de l'articulation du tibia; le bulbe est muni à son extrémité d'une apophyse recourbée assez longue et à sa base d'une seconde apophyse denticulée.

Femelle (pi. I, fig. 2). — Céphalothorax fauve, comme celui du mâle, et recouvert de poils blancs.

L'abdomen, assez allongé, est d'un jaune mat, plus ou moins clair; il est orné de lignes noires

horizontales, ondulées; dans le milieu on distingue plus ou moins clairement un dessin étroit, découpé sur les bords et qui ne descend pas jusqu'à l'extrémité.

Les fémurs de la première paire de pattes sont noirs; les autres articles ainsi que les trois autres paires de pattes sont annelés aux articulations.

L'épigyne (fig. 2a) est munie d'un large crochet très lisse.

Ordre de longueur des paltes : I, % 4, 3.

MOEURS. Je ne puis considérer celte belle espèce comme habitant notre pays; je ne l'ai rencontrée qu'une

seule fois, en 1874, dans la vallée de l'Hermeton, près d'Hastière, où elle aura été apportée accidentellement. Elle est au contraire fort commune dans le Midi ; je l'ai reçue très fréquemment de l'Espagne et du Portugal.

DISTRIBUTION Belgique.

GÉOGRAPHIQUE. JSamur : Hastière.

France.

Paris, Asnières, La Varenne, Fontainebleau. — Aube. — Charente-Inférieure. — France méridionale.

Espagne et Portugal.

Répandue dans les deux pays.

Russie.

Russie méridionale.

Allemagne.

Sud de l'Allemagne. — Strasbourg? (Hermann).

Hongrie.

S. Ujhely, Tolcsva, Erdôbénye, Tokay, Szerencs, Szôllôske, Kis-Toronya, Varannô, Szeged, Budapest, Budafok, Berkesz, Rékâs, Temesvâr, Orsova, Tasnad, Kolozsvâr, etc., etc.

Autriche.

Je l'ai reçue plusieurs fois sans désignation de localité. — Tyrol. — Illyrie. — Gallicie. — Transylvanie.

Italie.

Lombardie : Milan. — Piémont : Turin. — Toscane : Florence, Viesole. — Vénétie. — Sicile. — Sardaigne. — Ile de Capri. — Naples. — lie d'Isehia.

Turquie.

Constantinople, Vratza.

Afrique.

Algérie. - Tunisie. - Iles Acores : Graciosa. — Egypte.

Asie.

Japon.

La seconde espèce européenne de ce genre est i'Jrgiope lobata Pallas, propre au midi de l'Europe et dont l'habitat s'étend jusqu'au sud de l'Afrique.

SYNONYMIE

Genre CYCLOSA, Menge, 1866.

1805. Epeïra, Walckenaer (ad partem), Les triconiques.

1837. Singa, C. Koch (ad partem), Uebersicht des Arachniden-Syslems, I, p. 6.

1861. Epeïra, Westring (ad partem), Araneœ Suecicœ, p. 20.

1864. Epeïra, Blackwall (ad partem), Spiders of Great Brilain, t. II, p. 325.

1864. Singa, E. Simon (ad partem), Histoire, naturelle des araignées, p. 255.

1866. Cyclosa, Menge, Preussische Spinnen, I, p. 73.

1869. Cyrtophora, Thorell (ad partem), On European Spiders, p. 57.

1874. Cyclosa, E. Simon, Les Arachnides de France, l. 1, p. 36.

1878. Cyclosa, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

CARACTÈRES DU GENRE

Céphalothorax un peu plus long que large, avec une fossette sur la partie thoracique.

Les yeux antérieurs sont disposés en ligne courbée en avant; les yeux médians forment un carré plus long que large; ceux du premier rang sont plus écartés l'un de l'autre que ceux du second rang; les yeux de côté se touchent et sont un peu soulevés. Le bandeau, étroit, est plus large que les yeux antérieurs et beaucoup plus étroit que Taire oculaire.

Les chélicères, peu longues, sont grêles et perpendiculaires. Le plastron, allongé, découpé sur les bords, se termine en pointe en arrière; la lèvre, petite, large, arrondie en avant, forme un triangle très obtus. L'abdomen dépasse de beaucoup les filières.

Des épines garnissent. les fémurs, les tibias et les métatarses des pattes des mâles.

Les griffes supérieures des pattes sont fortement denliculées; la griffe inférieure est munie d'une dent assez forte près de sa base.

<X&P L'épigyne présente un crochet robuste, mais assez court.

La patte- mâchoire du mâle est courte; le bulbe, fort développé, est au moins aussi large que le front.

La patte-mâchoire de la femelle est munie d'une petite griffe armée de dents en nombre variable.

SYNONYMIE

CYCLOSA CONICA, Pallas, 1772 (sub. Aranea).

(PI. II, fig. 1, \a, ib, de, id, de, if, \g, ih, ii, \j, ik, il, dm, in, io, dp, iq, ir, is.)

Aranea conica, Pallas, Spicilegia Zoologica, t. I, IX, p. 48, tab. 1, fig. 16.

Aranea triquetra, Sulzer, Abgekùrzle Geschichte, etc., p. 254, tab. 30, fig. 31.

Aranea conica, De Geer, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, t. VII, p. 231, pi. 13, fig. 16-20.

Aranea conica, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 202.

Epeïra conica, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 64.

Epeïra conica, Walckenaer, Histoire naturelle des insectes (Aptères), t. II, p. 138.

Singa conica, C. Koch, Uebersicht des Arachniden-Syslems.

Singa conica, C. Koch, Die Arachniden, t. XI, p. 145, fig. 944, 945.

Epeïra conica, Westring, Araneœ Suecicœ descriptœ, p. 40.

Singa conica, E. Simon, Histoire naturelle des araignées, p. 257.

Epeïra conica, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. Il, p. 362, fig. 261.

Cyclosa conica, Menge, Preussische Spinnen, t. I, p. 74, pi. 12, fig. 18.

Singa conica, Ohlert, Die Araneiden oder echten Spinnen der Provinz Preussen, p. 26.

Cyrtophora conica, Thorell, On European Spiders, p. 57.

DESCRIPTION. 1870. Cyrtophora conica, Thorell, Remarks on Synonyms, p. 18.

1874. Cyclosa conica, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 58.

1878. Cyclosa conica, L Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

1881. Cyclosa conica, Cambridge, Spiders of Dorsel, I. II, p. 246.

Mâle (pi. II, fig. \h, \j). — Le céphalothorax est noir ou brun foncé, garni de quelques poils blanchâtres; la partie céphalique, étroite en avant, est découpée par les saillies des . yeux; le plastron est noir.

L'abdomen, blanchâtre, est orné d'une bande noire longitudinale, découpée sur les côtés et n'atteignant pas le bord supérieur; quelquefois l'abdomen est entièrement noirâtre, garni de poils gris pâle.

Les pattes sont fauves, annelées de brun aux tibias et aux métatarses; l'extrémité des

fémurs est noire.

La patte-mâchoire (fig. \r) est courte; la base du tarse présente un petit tubercule

noir; le tarse se termine en pointe plus courte que le bulbe; celui-ci est très gros et

porte à la partie inférieure deux fortes pointes aiguës.

Femelle (fig. \d). — Le front, plus large que celui du mâle, est souvent d'un brun plus rougeâtre.

L'abdomen, étroit en avant, s'élargit et s'élève en arrière ; celte dernière partie se prolonge en forme de gros tubercule qui dépasse de beaucoup les filières (fig. 16); il est blanchâtre, avec une espèce de dessin (folium) découpé et souvent interrompu, coloré de jaune et de noir, divisé par un espace blanc, coupé par des ramifications horizontales; on remarque souvent deux taches noires découpées à la partie postérieure et sur les côtés.

Les pattes sont le plus souvent semblables à celles du mâle. Ordre de longueur des pattes : 1, 2, 4, 5.

L'épigyne (fig. \q) est munie d'un crochet assez court qui ne dépasse pas le sommet du bord inférieur. Ce bord inférieur (scape) est presque carré.

Celte espèce varie énormément, mais sa forme caractéristique la fait toujours aisément reconnaître; je figure les variétés les plus intéressantes que j'ai observées en Belgique.

Var. 1 (fig. la). — Abdomen blanc, largement bordé de jaune; le folium noir est très finement découpé.

Var. 2 (fig. M). — Abdomen rougeâtre; à la partie supérieure, un Irait blanc, court, est suivi de trois petits points disposés en triangle; de chaque côté sont deux petites lignes courtes, un peu arquées, de la même couleur.

Var. 3 (fig. \k). — Abdomen jaunâtre, bordé de rouge; dans le milieu on distingue quelques points noirs qui remplacent le folium.

Var. I (fig. 1/). — Abdomen blanc bordé de noir, le folium noir est élargi dans le bas et découpé sur ses bords.

Var. 5 (fig. lo). — Abdomen gris blanc.

moeurs. On rencontre cette araignée adulte dans les bois, au bord des chemins, dès les premiers

beaux jours; elle file sa toile, verticale le plus souvent et d'une régularité parfaite, entre les branches des taillis et quelquefois parmi les tiges desséchées des plantes herbacées (fig. \p). Elle ne se construit pas de retraite, mais se cache simplement, lorsqu'elle est inquiétée, sous une feuille du voisinage.

Elle se tient presque toujours au centre de sa toile, à laquelle, lorsqu'on l'inquiète, elle imprime en se secouant une forte trépidation; cela lui arrive surtout lorsqu'une proie trop forte ou dangereuse se laisse prendre à son piège de soie. Les grands fils rayonnants

cessent parfois avant les rayons, ce qui rend naturellement ceux-ci plus allongés; cette particularité, observée déjà par Walckenaer, n'est pourtant qu'une exception.

J'ai vu souvent des toiles de C. conica tendues près de terre, entre des bruyères, ou bien encore dans les clairières, entre des tiges d'arbrisseaux et la base des gros hêtres; là j'ai pu observer les points d'attache des grands fils (fig. \s); chacun de ces fils se divise en douze ou quinze fils plus fins, lesquels se subdivisent encore et forment de petits faisceaux qui viennent s'appliquer contre l'arbre; souvent ces points d'attache, presque invisibles, sont remplis de moucherons.

Elle dispose au centre de sa toile une traînée perpendiculaire, formée de débris d'insectes, de morceaux de feuilles desséchées, de brins de mousse et même de petits morceaux d'écorce; cette traînée est très caractéristique (fig. lp).

Je l'ai vue souvent, lorsque sans doute la faim ne la pressait pas, envelopper de soie ses victimes et les suspendre, ainsi emmailloltées, au bout d'un fil solide; lorsqu'un danger trop grand la menace, elle se laisse tomber brusquement et reste suspendue près de terre par un fil qui l'aide plus tard à regagner son gîte.

A terre, la démarche de la C. conica est lente, ce qui s'explique par la forme bizarre de son abdomen.

Cette araignée est très souvent attaquée par un parasite singulier : c'est une larve verdâtre molle, qui s'applique sur elle en contournant le haut de l'abdomen, près du céphalothorax (fig. 1m). On la détache très difficilement; lorsqu'on plonge la C. conica dans l'alcool avec sa larve, celle-ci meurt sans bouger de place.

La C. conica hiverne à toutes les tailles et résiste aux froids les plus rigoureux; je l'ai rencontrée communément pendant l'hiver de 1869-1870.

Au moment de la ponte, elle abandonne sa toile et dépose ses œufs, au nombre de cinquante à soixante, dans un cocon floconneux, rond, formé d'une soie d'un beau jaune d'or, assez volumineux et d'un tissu peu serré.

Elle est commune en Belgique, et pourtant devient rare en certaines années exceptionnelles; en 1874-, par exemple, elle était presque introuvable aux environs de Bruxelles.

Les mâles se construisent une toile, ce qui est peu fréquent chez les Epeiridœ.

Belgique.

DISTRIBUTION Commune dans toutes nos provinces. GÉOGRAPHIQUE.

Hollande.

Utrecht, Maartensdyk — Gueldre : Arnheim, Nimègue. — Limbourg : Maestricht, Sittard. — Brabant septentrional : Bois-le-Duc, Bréda, Ti] bourg, Oirschot. — Hollande septentrionale : Harlem, environs d'Amsterdam — Hollande méridionale : environs de La Haye, Dordrechl, environs de Rotterdam Delft, Leyde. — Zélande : Middelbourg, Flessingue, Dombourg.

France.

Toute la France (E. Simon). — Ile de Porquerolles.

Angleterre.

Environs de Buckingham. — Environs de Londres. — Comté d'York : York, Bradford. — Hertford.

Sheffleld. — Dorset, etc. — Ecosse.

Suisse.

Tessin : Locarno, Mte S Salvatore, Faido, Biasca. — Canton d'Uri : Altorf, Fluelen, Andermatt. — Genève, Vevey, Lausanne, Lucerne, vallée de la Reuss, Waeggis, Vitznau. sur les pentes du Righi. — Zurich. — Bâle

Italie.

Piémont: Turin, Asti. — Lombardie : Milan, Bergame, Brescia. — Vénélie : Vérone. — Toscane: Florence (les Caséines) — Iles Borromées et toutes les rives du lac Majeur. — Ile de Capri. — Castellamare.

Autriche.

Tyrol. — Environs de Vienne.

Hongrie.

S. Ujhely, Sérospatak, Tolcsva, Tokay, Szerencs, SzôIIôske, Czéke, Velejte, Ormezô, Varanno, Szinnaikô, Bârtfa, Torna, Szenicz, Sérvâr, Budapest, Berkesz, Buziàs, Zilah, etc., etc.

Allemagne.

Environs de Berlin, environs de Bonn, Dusseldorf, Cologne. — Bavière.

Russie.

Crimée : Jeny-Sala. — Jekaterinoslaw.

Elle est signalée en Suède et Norwège et dans l'Amérique du Nord.

SYNONYMIE

CYCLOSA OCULATA, Wakkenaer, 1802.

(PI. I, fi g. :-!, 3a.)

1802. Epeira oculata, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 428.

1805. Epeira oculata, Walckenaer,, Tableau des Aranéides, p. 64.

1837. Epeira oculata, Walckenaer, Histoire naturelle des insectes (Aptères), t. II, p. 144.

1874. Cyclosa oculata, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 41.

DESCRIPTION. Mâle (fig. 3). — Le céphalothorax, noirâtre, est garni de quelques poils blancs; la

fossette du thorax, bien marquée, transversale, est placée très en arrière.

Sur le plastron, noir, on distingue trois taches plus claires, une de chaque côté et la troisième par-dessous.

Les pattes sont fauve très pâle, annelées; la patte-mâchoire est courte, avec une petite dilatation au tibia ; le tarse se prolonge à sa base en pointe recourbée, solide et assez courte; le bulbe, ovale, très gros, est terminé par une pointe fine et une seconde pointe contournée, surmontée d'une lame ronde et membraneuse.

L'abdomen, élevé, étroit en avant, se rétrécit dans le bas et se termine par trois tubercules (fig. 3a). Le folium est plus foncé que les côtés, qui sont d'un gris rougeâtre; il est plus fortement indiqué dans la moitié postérieure; le ventre, noir, est orné de quatre petits points plus clairs.

Femelle. — Le céphalothorax et le plastron sont semblables à ceux du mâle.

L'épigyne, noire, est munie d'un large crochet triangulaire assez court.

L'abdomen est semblable à celui du mâle, plus arrondi et souvent un peu plus pâle.

Ordre de longueur des paties : 1, 2 = 4, 3.

moeurs. Celte araignée paraît rare partout. Ses mœurs, qui me sont inconnues, doivent se rapprocher

beaucoup de celles de l'espèce précédente.

Belgique.

DISTRIBUTION Brabant : Boilsfort, La Hulpe. GÉOGRAPHIQUE. JSamur : Yvoir, Hastière. Liège : Remouchamps.

France.

Paris, Bellevue, Montmorency. — Aube : forêt d'Othe. — Orne. — Corse.

Piémont : environs de Turin — Lombardie : Milan, Cassano, Bergame, Crémone. — Vénétie. — Ile d'Ischia.

Russie.

Russie méridionale.

Hongrie.

Varannô, Bàrlfa, V. Tasnâd, Szamosujvér, Kolozsvâr. (Très rare.)

Les principales Cyclosa étrangères à notre faune sont : Cyclosa sierrae, E. Simon. — Cyclosa trituberculata, Lucas. — Cyclosa Laurae, E. Simon, etc., etc.

SYNONYMIE

Genre EPEIRA, Walckenacr, 1805.

1805. Epeira, Walckenaer (ad partem), Tableau des Aranéides, p. 55.

1857. Miranda, C. Koch (ad partem), Uebersicht des Arachniden- Systems, t. I, p. 4.

1857. Epeira, C. Koch, Uebersicht des Arachniden- Systems, t. I, p, 4.

1857. Atea, C. Koch (ad partem), Uebersicht des Arachniden-Sy stems, t. I, p. 3.

1861. Epeira, Westring (ad partem), Araneae Suecicae, p. 20.

1864. Epeira, Blackwall (ad partem), Spiders of Great Britain, t. II, p. 523.

1864. Epeira, E. Simon (ad partem), Histoire naturelle des araignées, p. 259.

1866. Miranda, Menge, Preussische Spinnen.

1869. Epeira, Thorell, On European Spiders, p. 53.

1874. Epeira, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 46.

1878. Epeira, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

1881. Epeira, Cambridge, Spiders of Dorset, t. II, p. 258.

CARACTÈRES Dl' GKINRE.

Céphalothorax plus long que large ; une strie courte, longitudinale, s'élargissant en fossette dans le bas, occupe la partie thoracique.

Les yeux sont placés sur deux lignes légèrement courbées; le bandeau est très étroit.

Les chélicères sont fortes et perpendiculaires.

Le plastron, découpé sur les bords, est plus long que large ; la lèvre, arrondie en avant, est toujours plus large que longue.

Les lames maxillaires, carrées ou arrondies, présentent chez les mâles une petite épine dans le haut. ^

L'abdomen est toujours orné d'un dessin découpé en forme de feuille.

Les griffes tarsales sont fortes ; l'inférieure, assez longue, est armée dans

le bas de deux dents égales; les supérieures sont pourvues de dents en nombre

xi:

très variable.

La patte-mâchoire de la femelle est munie d'une griffe dentelée.

La palte- mâchoire du mâle est généralement courte; le tibia possède une forte dilatation

*f( en dessous, du côté externe.

L'épigyne est pourvue d'un scape el d'un crochel.

C'est surtout à propos des Epeiridœ qu'on a tant parlé de la férocité des femelles qui dévorent

les mâles, etc. Je crois qu'il y a là une véritable exagération. J'ai pu constater bien des fois que

lorsque la femelle résistait aux poursuites du mâle, c'est qu'elle était déjà fécondée et que dès lors,

naturellement, elle le repoussait et abusait souvent de sa force.

Il y a chez quelques Epeira des exemples de sociabilité; je citerai Y Epeira sclopetaria, CL, qui construit sa toile au bord de l'eau, sous les arches des ponts; j'en ai observé des centaines

placées les unes à côté des autres, les fils de l'une servant de point d'attaché à la toile voisine. VEpeira cornuta, qui vit aussi au bord de l'eau, s'enferme souvent avec le mâle pour hiverner dans le même abri.

Mon savant ami, M. E. Simon, a observé dans son voyage au Venezuela (1887-1888) des cas de sociabilité des plus curieux : il cite une Epeira [Epeira Bandelieri, E. S.) dont les femelles, au moment de la ponte, se réunissent pour construire une grande coque posée sur un buisson; dans cette retraite d'un tissu jaunâtre, elles s'enferment au nombre de cinq ou six et déposent leurs œufs dans des cocons d'un tissu épais, bombés sur l'une de leurs faces et attachés aux parois de la grande coque par un court pédicule.

Il cite un exemple de sociabilité plus complète encore chez un Théridion, VAnelosimus socialis, E. S. Une grande quantité d'individus, souvent plusieurs milliers, se réunissent et filent ensemble une toile légère, pareille à celle des Agélènes; M. Simon en a vu qui enveloppaient un caféier tout entier. Quand on déchire l'enveloppe extérieure, on voit l'intérieur divisé par des cloisons qui forment des loges irrégulières. Les araignées s'y promènent sans crainte, se rencontrent, se palpent même, comme le feraient des fourmis, et se mettent parfois à plusieurs pour dévorer une proie un peu volumineuse.

Enfin le type le plus parfait d'association qu'il ait observé est celui de YUloborus que pour celle raison il a nommé republicanus ; plusieurs centaines d'individus vivent ensemble et filent une toile immense, formée d'un réseau central assez serré sur lequel se tiennent des individus des deux sexes; ce réseau est suspendu par de longs fils divergeant dans toutes les directions et prenant attache sur les arbres et les branches environnantes. iMais où le fait devient plus remarquable, c'est dans la formation, entre les mailles de ces grands fils, de toiles orbiculaires à rayons et à cercles, habitées chacune par un seul individu; au moment de la ponte, les mâles disparaissent et les femelles, qui ont cessé de filer leurs toiles orbiculaires, se tiennent réunies sur le réseau central, à quelques centimètres les unes des autres, gardant chacune son cocon. [Observations biologiques sur les araignées. (Annales de la Société entomologique de France, séance du 13 février 1891.)]

SYNONYMIE

EPEIRA ANGULATA, Clerck, 1757.

(PL I, fig. 4, 4a, 4b, 4c.)

Araneus angulatus, Clerck, Svenska Spindlar, etc., p. 22, pi. I, lab. I, fig. 1-5.

Araneus virgatu?', Clerck, Svenska Spindlar, etc., p. 41, pi. II, lab. II.

Aranea angclata, Linné, Systema nalurœ, édition 10, I, p. 620.

Epeira angulata, Walckenaer (ad partem), Tableau des Aranéides, p. 57.

Epeira angulata, Sundcvnll, Svenska Spindlames, etc., p. 254.

Epeira eremita, C. Koch, in Herrich-Schaefft r, Deulschl. Inseklen, 151, 25, 24.

Epeira quercetorum, C. Kocti, Uebersicht des Arachniden- Syslems, t. I, p. 2.

Epeira angulata, C. Koch (ad partem), Die Arachniden, i. XI, p. 77, tab. CCCLXXIX, fig. 892-895.

Epeira angulata, Weslring (ad partem), Araneœ Suecicœ, p. 25.

Epeira angulata, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. II, p. 560, pi. XXVII, fig. 259.

Epeira angulata, Menge, Preussische Spinnen, p. 47, pi. II, tab. II.

Epeira angulata, Tboiell, Remarks on Synonyms, p. 5.

Epeira angulata, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 52.

Epeira angulata, L. Bccker, Catalogne des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

Epeira angulata, Cambridge, Spiders of Dorset, t. II, p. 270.

DESCRIPTION. Mâle. — Céphalothorax brun-rouge, plus ou moins noirâlre, revêtu de poils clairs; partie

céphalique allongée, avec le front fortement découpé par les saillies des yeux; les yeux du milieu sont presque tous les quatre de la même grosseur; ceux du premier rang sont plus écartés que ceux du second ; les yeux de côté sont assez fortement soulevés.

MOEURS

L'abdomen, plus allongé que celui de la femelle, présente à peu près les mêmes dessins et la même coloration; le plastron, pâle, presque blanc dans le milieu, devient noirâtre sur les bords. Les chélicères, fort longues, foncées, sont plus pâles à leur extrémité. Les pattes, fauves, sont annelées de brun.

Le tibia de la patte-mâchoire présente en dessous une grande dilatation. Le tarse porte à sa base une petite pointe recourbée, qui s'élargit vers son extrémité.

Ordre de longueur des patles : \, % k> 3.

Femelle (fig. 4, la). — L'abdomen (fig. kb) présente dans le haut deux tubercules plus ou moins saillants ; il est orné d'un large folium denticulé sur les bords, bordé souvent d'une ligne claire; dans le haut se trouve une tache blanche souvent divisée en trois, avec une tache plus petite par-dessous. J'ai observé plusieurs fois une jolie variété (fig. 4«) dont le folium n'occupe que la moitié postérieure de l'abdomen; la tache blanche du haut est entourée de chaque côté d'un large espace noir découpé.

Le ventre, noir, présente deux taches claires, obliques.

Les pattes sont semblables à celles du mâle, mais les anneaux foncés sont généralement plus nettement indiqués.

L'épigyne (fig. le) présente un long crochet arrondi à son extrémité.

En Belgique, cette espèce, qui me paraît rare et peu répandue, vit toujours dans les bois; je l'ai observée parfois au printemps, blottie sous un coin soulevé d'écorce de hêtre. En France, d'après M. E. Simon, on la rencontre sur les haies vives et les arbustes.

Le cocon est composé de soie d'un brun verdâtre.

Belgique.

DISTRIBUTION Brabant : environs de Bruxelles, Boilsfort, Groenendael, Auderghem. GÉOGRAPHIQUE. Liège : Spa, Remouchamps.

ISamur : Yvoir, Hastière, Dînant

Luxembourg : Redu, Arlon.

Limbourg : Genck.

Hollande.

Brabant septentrional : Oirschot. Tilbourg. — Limbourg : Maestricht. — Gueldre.

France.

Environs de Paris. — Oise. — Aube. — Morvan — Bretagne. — Charente-Inférieure. — Ardèche. — Pyrénées-Orientales.

Angleterre.

Dorset. — Répandue dans le sud de l'Angleterre.

Italie.

Lombardie: environs de Milan. Bergame, Breseia — Toscane: Florence. — Environs de JNaples. — Vénétie. — Piémont: Turin, Asti, Cérisoles. Carignan

Suisse.

Tessin : Lugano. Bellinzona, Locarno. Biasca, Mendrisio.

Allemagne Répandue dans tout l'Empire.

SYNONYMIE

DESCRIPTION

Baltique : Riga. — Crimée.

Constantinople.

Tirnova.

Russie.

Turquie d'Europe.

Bulgarie.

Autriche-Hongrie.

Gallicie : Cracovie. — Dalmatie : Raguse, Spalato. — Istrie. — Tyrol. — Illyrie : Trieste. — Hongrie : S. Ujhely, Tolcsva, Erdôbénye. Tokay, Tarezal, Szôllôske, Munkâcs, Bârtfa, Tatra, Kolozsvar, Diakavâr, etc., etc.

Suède-Norwège. — Danemark.

Illinois. — Orégon. — Texas.

Algérie. — Tunisie.

Amérique.

Afrique.

EPEIRA DROMEDARIA, Walckenaer, 4802.

(PI. III, fig. i, \a, ib, ic, \d, ie, if.)

1802. Aranea dromedaria, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 191. 1802. Aranea bituberculata, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 191.

1804. Aranea albo-arcuata, Panzer, Systematische Nomenclalur ; Schaeffer, Iconnm insectorum circa

Ratisbonam, etc., t. Il, p. 244, lab. CLXXII, fig. 7.

1805. Epeira dromedaria, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 58. 1805. Epeira bituberculata, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 58. 1845. Epeira dromedaria, C. Koch, Die Arachnidenf t. XI, p. 98, fig. 906, 907. 1866. Epeira bicornis, Menge, Preussische Spinnen, I, p. 66, pi. X, tab. XIII. 1870. Epeira dromedaria, Thorell, Remarks on Synonyms, p. 21.

1874. Epeira dromedaria, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 62.

1878. Epeira dromedaria, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique. (Ann. de la Soc. ent. de Belgique.)

Mâle (fig. la). — Céphalothorax brun-rouge, garni de poils fauves.

L'ahdomen, anguleux en avant, est moins large que celui de la femelle et présente le plus souvent les mêmes dessins, mais colorés plus vigoureusement.

Les pattes sont annelées, dans Tordre 1,2, 4, 3.

La patte-mâchoire (fig. le, \d) présente au tibia, par-dessous, une avance très forte, arrondie à son extrémité; on remarque une petite pointe recourbée à la base du tarse; le bulbe, assez gros, présente une apophyse très forte, courte, dont le bord, à son extrémité, est divisé en trois lobes inégaux; au plus petit sont attachées une dent aiguë et une seconde pointe par-dessous.

Femelle (fig. 1). — Le céphalothorax est semblable à celui du mâle.

L'abdomen affecte une forme presque triangulaire; les angles antérieurs sont terminés par des tubercules bien marqués; la partie antérieure, jusqu'à la base des tubercules, est fauve plus ou moins foncé, limitée par une ligne blanche en dessous; dans le milieu se trouve une petite figure blanche en forme de trèfle, souvent suivie de deux points blancs doublés de noir; la partie postérieure de l'abdomen est occupée par un folium noir découpé, bordé de blanc, souvent creusé dans le milieu, avec deux petits losanges fauves qui louchent à la ligne blanche transversale.

L'épigyne, transversale, est munie d'un crochet recourbé, renflé à son extrémité; ce crochet, assez court, est caché par les parties latérales du scape, qui sont fort rapprochées.

Je figure (fig. \b) une jolie variété très foncée de couleur; le folium est moins festonné sur les bords et la tache blanche caractéristique du haut est remplacée par trois petits traits blancs séparés.

Cette araignée hiverne à tous les âges ; j'ai observé des individus très jeunes, d'autres adultes,

dès les premiers beaux jours du mois d'avril; sans être 1res commune, elle est pourtant assez répandue; on la trouve sur les buissons, au bord des chemins creux et à la lisière des bois.

La toile (fig. \f)9 très entière, est verticale, quelquefois oblique; les mailles sont allongées, serrées et très régulières; elle a de dix à vingt centimètres de diamètre et n'est que fort rarement liés élevée au-dessus du sol; j'en ai observé souvent tendues à l'extrémité des tiges de bruyères. La dromedaria est très propre : elle nettoie sa toile après chaque repas ; sa retraite est rudimentaire, composée de quelques fils en forme de petit disque ou simplement de deux feuilles reliées ensemble. Elle se tient ordinairement dans le centre de son piège et le secoue fortement lorsqu'un corps étranger vient à y tomber; comme la plupart des Epeiridœ, elle se laisse descendre, suspendue par un fil, à la moindre apparence de danger; au bout d'un certain temps, ce fil lui sert à regagner vivement sa toile; les mailles centrales sont irrégulières, plus serrées que les autres et se terminent au centre par un petit flocon soyeux ; j'ai observé quelquefois un espace vide entre les mailles irrégulières du milieu et celles du pourtour.

La femelle paraît cruelle; aussi l'accouplement est-il long à se produire; le mâle reste immobile pendant des journées entières sans oser s'aventurer sur la toile de sa compagne qui le dévore souvent; j'ai pourtant observé que ce fait se produisait surtout lorsque les femelles étaient déjà fécondées.

Afin d'observer la ponte, je recueillis au commencement du mois de juin une femelle énorme que je renfermai dans une vaste caisse vitrée remplie de bruyères et de graminées; au bout de cinq jours seulement, je la vis s'établir dans un angle et tendre en les croisant des fils solides, sur lesquels elle appliqua une couche circulaire de flocons soyeux qu'elle lissa légèrement dans le centre; puis elle se mit à pondre; elle recouvrit les œufs d'une nouvelle couche de flocons de soie et arrondit le tout en tournant autour du cocon, y appliquant à chaque tour de nouvelles couches soyeuses, épaisses comme de l'étoupe. Le matin, tout le travail était terminé; elle avait en outre construit près du cocon une jolie petite toile oblique dont les fils scintillaient comme de l'argent; la pauvre mère affaiblie était maigrie de moitié; je lui présentai une mouche vivante qu'elle vint saisir dans ma main et qu'elle dévora tout de suite, sans l'emmaillotter de soie, comme les Epeiridœ ont coutume de le faire. Dans la journée, la toile se déchira; elle la détruisit tout à fait vers le soir et le lendemain matin je la trouvai reconstruite.

Au bout d'une quinzaine de jours, l'abdomen de mon araignée avait repris sa grosseur primitive et sans nouvel accouplement je la vis construire un second cocon plus petit que le premier et posé un peu plus loin ; quelques fils reliaient ces deux cocons à la toile.

Pendant ce temps, le premier cocon avait changé d'aspect: il était grisâtre, comme désagrégé; un travail intérieur s'opérait, les jeunes araignées rongeaient leur prison; deux jours plus tard, elles étaient délivrées; il en fut de même pour le second cocon; lorsque les œufs de ce dernier vinrent à éclore, les premières jeunes dromedaria s'étaient déjà dispersées.

Belgique.

DISTHIIUT10N Joute la Belgique.

GÉOGRAPHIOUt:.

Hollande.

.. Utrecht, Maartensdyk. — Hollande septentrionale: Harlem, Amsterdam. — Limbourg: Maestricbt. Hollande méridionale : La Haye. Leyde, Dordrecht. — Brabant septentrional : Tilbourg, Oirschot.

France.

Toute la France (E. Simon).

Suisse.

Tessin : Lugano. M* S. Salvatore. Mendrisio. — Vallée de la Keuss. — Genève. Lausanne.

Autriche-Hongrie.

Bohême: Prague. — ïyrol : Trente, Inspruck. — Gallicie. — Hongrie: S. Ujhely, Tolcsva, Tokay, Szôllôske, Velejte. Varannô, Forro, Kassa, Szâdelô, Torna, Budapest, Orsova, Tasnâd, Torda, Fiume, etc., etc.

Allemagne.

Bavière : Munich, Nuremberg. — Environs de Bonn, Dusseldorf.

Italie.

Lombardie : Milan, Cassano, Brescia. — Piémont : Turin, Asti, Cérisoles, Chivasso, Carignan — Sardaigne. — Sicile. — Naples. — Ile de Capri. — Ile dTschia.

Russie.

Jekaterinoslaw, Charkow, Simferopol, Sarepta. — Tout le sud de la Russie.

Turquie d'Europe et Turquie d'Asie.

Environs de Constanlinople, Varna. — Syrie : environs de Nazareth.

SYNONYMIE

DESCRIPTION

EPEIRA GIBBOSA, Walckenaer, 1802.

(PI. III, fig. 2, 2«, %.)

Aranea bicornis, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 190, n° 2.

Aranea gibbosa, Walckenaer (variété), Faune parisienne, t. II, p. 190, n° 3.

Epeira bicornis, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 57.

Epeira gibbosa, Walckenaer, Tableau des Aranéides, p. 57.

Epeira arbustorum, C. Koch, Uebersicht des Arachniden-Sy stems, 1. 1, p. 3.

Epeira bicornis, C. Koch, Die Arachniden, t. XI, p. 92, fig. 902, 903.

Epeira bicornis, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. II, p. 361, pi. XXVII, fig. 260.

Epeira bicornis, Thorell, Remarks on Synonyms, p. 458.

Epeira gibbosa, E. Simon, Les Arachnides de France, t. I, p. 67.

Epeira arbustorum, Cambridge, Spiders of Dorset, t. II, p. 272.

Mâle (fig. 2a). — Céphalothorax noirâtre avec la partie céphalique allongée; les yeux du milieu, tous de même grosseur, sont également espacés.

L'abdomen descend en s'élargissant jusqu'au tiers à peu près de sa longueur; à cet endroit se trouvent deux tubercules assez forts (fig. 26); il est brun plus ou moins verdâtre; dans le haut, une tache blanche longitudinale, souvent étranglée ou partagée dans le milieu, est bordée par deux espaces noirs contenant deux petits points clairs; la tache blanche descend jusqu'à la naissance du folium festonné, bordé de blanc, qui occupe la partie inférieure de l'abdomen ; le plastron est brun.

Les pattes, fauves, sont annelées de noir et dans cet ordre : 1, 2, 4, 3.

La patella de la patte- mâchoire est surmontée de deux crins assez longs; on observe une petite pointe recourbée à la base du tarse.

Femelle (fig. 2). — Le céphalothorax est semblable à celui du mâle.

L'abdomen, verdâtre, est ordinairement coloré comme celui du mâle; souvent le folium, brunrouge, est entier et atteint presque le bord supérieur; dans ce cas, la tache blanche longitudinale est effacée; le ventre est noir dans le milieu, avec deux lignes blanches latérales plus ou moins bien marquées.

Les pattes sont annelées comme celles du mâle.

Les quatre yeux du milieu forment un carré presque régulier; ceux du dessus sont les plus gros.

L'épigyne est noire; le cmhd, fcil (cul, est crch.é jrr les duix (êtes duscape, qui sont étroits et fort élevés.

MOEURS. Celte araignée esl rare en Belgique; elle hiverne à lous les âges; on peut la renconlrer adulte

dès les premiers beaux jours du mois d'avril; à celle époque, les jeunes tissent des fils irréguliers à l'extrémité des branches de hêtre, à la lisière des bois.

La toile est inclinée, horizontale, quelquefois verticale; la gtbbo.sa la tend un peu partout; j'en ai observé plusieurs fois sur des touffes d'orties; elle s'y tient au centre et par-dessous; la retraite, fort simple, est formée d'une feuille sèche, roulée en forme de cornet.

Celte araignée est adulte en mai, et l'accouplement a lieu pendant tout le mois de juin; le cocon est formé d'une soie peu épaisse, d'un brun fauve pâle.

Belgique.

DISTRIBUTION Brabant : Environs de Bruxelles, Boitsfort, Groenendael, Tervueren, Auderghem. GEOGRAPHIQUE. Anvers : Deurne, Calmplhout.

Limbuurg : Genck.

Liège : Spa.

Namur : Yvoir, Hastière, Han-sur-Lesse.

Luxembourg : Saint-Hubert, Redu, Laroche, Melreux.

Utrecht, Maartensdyk, environs de La Haye.

France.

Partout (peu commune). Corse (E. Simon).

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