AMÉRIQUE
Toute l'Amérique du Nord.
Les Lithyphantes étrangers à noire faune sont :
L. paykulliana, Walckenaer. — L. latefascialus, E. Simon. — L. maerens, Thorell. — L.ephippialus, Thorell. — L. venator, Audouin et Savigny. — L. septemguttatus, E. Simon.
SYNONYMIE
Genre ASAGENA, Sundevall, 1833.
1801. Phalangium, Panzer (ad partem), Faunae insectorum Germaniae initia, etc., 78, 21.
1805. Theuidium, \\ alckenaer (ad partem), Tableau des Aranèides, p. 72 (6rae famille : Abscondit^e).
1852. Drassus, Sundevall (ad partem), Svenska Spindlames, etc., p. 152.
1855. Asagena, Sundevall, Conspectus Arachnidum, etc., p. 19.
1856. Steatoda, Thorell (ad partem), Recensio critica Aranearum Suecicarum, p. 108. 1861. Theridium, Westring (ad partem), Araneae Suecicae, p. 151.
1864. Theridion, Blackwall (ad partem), Spiders of Great Britain, t. II, p. 175.
1864. Asagena, E. Simon (ad partem), Histoire naturelle des Araignées, p. 162.
1867. Asagena, Ohleit, Die Araneiden oder echten Spinnen der Provinz Preussen, pp. 55, 41.
1869. Asagena, Menge, Preussische Spinnen, t. III, p. 256.
1870. Asagena, Thorell, On European Spiders, p. 97.
1879. Asagena, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique (Ann. de la Soc. ent. de Belgique),
supplément.
1881. Asagena, Cambridge, Spiders of Dorset, t. I, p. 101. 1881. Asagena, E. Simon, Les Arachnides de France, t. V (1re partie), p. 171.
CARACTÈRES DU GENRE
Le céphalothorax, ovale, est plus élroit et un peu élevé en avant, avec une profonde dépression dans le milieu; les stries rayonnantes sont légèrement indiquées.
Les yeux sont disposés sur deux lignes presque droites; ceux du milieu forment un carré un peu plus étroit en avant; les yeux de côlé, séparés, sont placés sur de fortes saillies; le bandeau est beaucoup plus large que l'aire oculaire; les chélicères, au moins aussi longues que le bandeau, sont fortes, droites et munies d'un petit crochet très solide. L'abdomen, court, est parfois déprimé par-dessus.
Le plaslron, un peu plus long que large, assez plat, est aminci vers le bas; la lèvre, grande, triangulaire, est arrondie dans le haut; les lames maxillaires, assez courtes, larges, sont fortement inclinées sur la lèvre, qu'elles dépassent un peu. Les pattes sont fortes et courtes.
Les griffes tarsales supérieures sont courbées, longues et fortement denticulées; la griffe inférieure est beaucoup plus courte, presque droite, avec deux petites dents à sa base.
SYNONYMIE
ASAGENA PHALERATA, Panzer, 1801.
(PI. XXV, fig. 4, 4a, 4b, 4c, Ad.)
180t. Phalangium phaleratum, Panzer, Faunœ insectorum Germaniœ initia, etc., 78, 21
1802. Aranea signata, Walckenaer, Faune parisienne, t. II, p. 209.
1805. Aranea serratipes, Schrank, Fauna Boica, t. III, 1, p. 255.
1805. Theridion signatum, Walckenaer, Tableau des Aranèides, p. 76.
1851. Theridium quadri-signatum, Hahn, Die Arachniden, t. I, p. 80, fig. 59.
1852. Drassus phaleratus, Sundevall, Svenska Spindlames, etc., p. 155. 1855. Asagena phalerata, Sundevall, Co?ispectus Arachnidum, etc., p. 19.
Asagena serratipes, C. Koch, Die Arachnide», t. VI, p. 98, fig. 502-503.
Phrurolithus pallipes, C. Koch, Die Arachnide», t. XII, p. 98, fig. 1026 (jeune).
Theridium serratipes, Wcslring, Arancœ Succicœ, p. 175.
Theridium signatum, Blackwall, Spiders of Great Britain, t. II, p. 205, pi. XIV, fig. 135.
Asagena serratipes, JVIenge, Prenssische Spinnen, t. 111, p. 256, pi. XLIX, lab. CLII.
Asagena phalerata, Tliorcll, Remarks on Synonyms, p. 87.
Asagena phalerata, L. Becker, Catalogue des Arachnides de Belgique (Ann. de la Soc. ent. de Belgique), supplément.
Asagena phalerata, Cambridge, Spiders of Dorsel, f. I, p. 102.
Asagena phalerata, E. Simon, Les Arachnides de France, t. V (lre partie), p. 173.
DESCRIPTION
Mâle (fig. Aa). — Le céphalothorax est noir, plus ou moins fauve ou rougeâlre, rugueux et chagriné; les chélicères sont rugueuses également.
Les pâlies sont rouges, plus brunes à l'extrémité des fémurs des deux premières paires; les tibias de ces dernières sont noirs, tandis que ceux des deux paires postérieures ne sont que noirâtres à l'extrémité; aux fémurs de la deuxième paire, il y a extérieurement deux fortes apophyses très pointues et à l'extrémité, intérieurement, une autre apophyse plus courte; les fémurs et les tibias sont tuberculeux.
Ordre de longueur des pattes : 4-, 1, 2, 3.
La patte-mâchoire (fig. id) a le tibia et le tarse noirs; ce dernier est grand, assez fortement recourbé.
L'abdomen est noir, avec une petite bordure blanche au bord supérieur; un peu plus bas, dans le ccnlre, on distingue deux petits points qui manquent quelquefois; ils sont suivis de deux lignes obliques, transversales et, plus bas, de deux petites tachettes, souvent réunies, au-dessus des filières.
Femelle (fig. 4). — Le céphalothorax ainsi que les pattes diffèrent peu dans les deux sexes.
Les yeux (Cig. le) sont disposés sur deux lignes presque droites.
L'épigyne (fig. M), en plaque assez grande, est échancrée en avant; on distingue une strie longitudinale de chaque côté et une petite strie transversale aux angles postérieurs.
L'abdomen est noir, bordé de blanc par-dessus; du centre de cette bordure descend un petit Irait blanc, court, quelquefois effacé; les autres taches sont disposées comme chez le mâle.
Celle araignée aime les endroits secs et arides, aux abords des bois; elle vit sous les pierres, où elle se lisse une toile irrégulière, peu étendue. Elle sort rarement de sa demeure; le mâle se rencontre assez fréquemment dans les environs, courant au soleil. Au mois de juin, la femelle se met à pondre et renferme ses œufs, au nombre de huit à douze, dans deux ou trois cocons jaunâtres, qu'elle suspend auprès d'elle dans sa retraite.
Cette araignée est peu commune en Belgique.
DISTRIBUTION
GÉOGRAPHIQUE
Brabanl: Environs de Bruxelles, Boitsfort, Wavre. Namur : Environs de Namur, Yvoir.
Limbourg : Genck.
Luxembourg : Barvaux, Houffalîze.
France.
EsPÀGIVE.
Angleterre.
Berwickshire. — Dorsetshire : Bloxworth. — Pays de Galles.
Toute la France (E. Simon).
Dans les Pyrénées.
Ecosse.
Allemagne.
Bavière.
Autriche-Hongrie.
Hongrie : Ujhely, Tolcsva, Szerencs, Megyaszô, Dargô, Forro, Torda, Buccari, etc. — Tyrol.
Suisse.
Environs de Lucerne (rare). .
Russie.
Sud de la Russie : Simferopol, Jeny-Sala.
M. Kulczynski a décrit dans la faune de Hongrie {Araneœ Hungariœ, t. II, p. 39), une seconde Asagena, nouvelle pour la faune européenne, sous le nom de Asagena méridionales, Kulczynski, 1894.
Notice sur le cribellum et le calamistrum.
Déjà en 1839, puis en 18M, Blackwall signalait la présence, chez quelques Aranéides femelles, du cribellum, cet organe singulier dont il ignorait l'usage et qu'il prenait pour une quatrième paire de filières; en 1874-, il maintenait cette opinion.
Thorell, en 1869, lui donna le nom d'organe mamillaire et parvint à démontrer que, contrairement à l'opinion de Blackwall, les trachées finissaient là. Dans ses Remarks on Synonyms of European Spiders, p. 595, il explique mieux ce qu'est cet organe; il découvrit les petits canaux qui partent de la peau pour aboutir à une masse glandulaire très étendue. Il n'émit pas pourtant une opinion définitive, parce qu'il ne parvint pas à distinguer si les crins recouvrant la peau étaient tubulaires et pouvaient, par conséquent, servir à transporter au dehors la sécrétion de cette masse glandulaire.
Le Dr Bertkau, en 1875 et en 1877, en fit les premières démonstrations; il expliquait en même temps l'usage du calamistrum, ces singulières rangées de crins qui garnissent les métatarses des pattes postérieures des araignées femelles munies du cribellum, et qui servent à la confection de leur toile caractéristique.
C'est aux remarquables travaux du Dr Bertkau que j'emprunte les principaux détails de ces descriptions.
Une espèce commune, XAmaurobius ferox, est celle qui se prête le plus facilement à l'étude de ces organes.
En pressant légèrement la partie postérieure de l'abdomen d'une femelle, les filières s'écartent et l'on remarque devant celles-ci une petite plaque allongée, transversale, un peu surélevée, d'un rouge-brun : c'est le cribellum. A l'aide d'un faible grossissement, on constate que cette plaque, d'un tissu chitineux, est entourée d'un petit rebord corné, plus large en arrière; parfois la plaque est partagée en deux parties égales par une arête cornée, sorte de pont étroit qui rejoint les bords supérieurs et inférieurs. A l'aide d'un grossissement plus fort, on voit que cette surface, qui paraissait glabre, est criblée de petits points, qu'on peut évaluer à plus de douze cents. Chacun de ces points donne naissance à un poil, ou plutôt à un crin court; ces crins sont des fusules construites comme celles des filières, communiquant avec une glande spéciale, laquelle sécrète un liquide soyeux, qui semble différent de celui sécrété par les vraies filières. Le cribellum n'ayant ni le relief ni la mobilité des filières, il faut l'intervention du calamistrum, que l'araignée frotte contre lui, pour utiliser cette sécrétion.
Le calamistrum occupe, à la paire de pattes postérieure, soit toute la longueur du métatarse, soit une partie de sa base; il est formé d'une et plus souvent de deux rangées de crins placés régulière- XII. 16
ment sur une arête de l'article sillonné par une étroite rainure. Ces crins, plus ou moins longs, varient dans leur disposition; ceux de la rangée postérieure, penchés en biais par devant, sont plus forts et plus nombreux que ceux de l'autre rangée et jouent dans l'action le rôle le plus important; ceux de la rangée antérieure sont aussi penchés en biais par devant, sur le côté, de sorte que l'espace vide qui se trouve entre l'extrémité des poils est plus étroit qu'à leur base; ces poils sont insérés dans des anneaux cornés, rouge-brun; ils se recourbent fortement vers le tiers supérieur, ce qui aide beaucoup à reconnaître à première vue les crins du calamistrum.
Cet organe varie comme forme d'ensemble et comme développement selon les genres, mais il n'est jamais difficile à distinguer.
Il existe une corrélation parfaite entre la largeur du cribellum et la longueur du calamistrum; les espèces au cribellum large (Amaurobius, Uloborus, Eresus) ont donc un long calamistrum.
Les toiles lissées par les araignées pourvues de ces organes se reconnaissent aisément aux fils cotonneux et adhérents qui les caractérisent; pour les construire, l'araignée soulève son abdomen au moment où les fusules du cribellum émettent le liquide gommeux; elle frotte alors, comme avec un archet et par un rapide mouvement transversal, ses métatarses sur le cribellum; le fil qui se forme ainsi est comme cardé. La production de ces fils particuliers étant soumise à la volonté de l'araignée, elle ne les emploie que lorsqu'ils lui sont uliles : ainsi les grands fils solides destinés à la suspension ou aux divisions de la toile restent simples et sont produits par les filières. Blackwall a bien décrit ce travail chez les Amaurobius et les Diclyna ; le Dr Berlkau l'a soigneusement étudié chez Y Eresus cinnabarinus, les Tilanœca et les Diclyna, particulièrement arundinacca et iincinata, qui se prêtent très bien à l'observation, comme j'ai pu m'en assurer par moi-même. Au printemps, en examinant avec attention ces araignées qui couvrent les petits buissons de leurs fils, on aperçoit facilement le rapide mouvement de la patte postérieure; c'est surtout par les chaudes matinées qu'on observe le mieux ce curieux travail; les fils cardés, bleuâtres, floconneux, se placent entre les fils solides et forts, ces derniers produits, comme je le dis plus haut, par les filières ordinaires.
Ces organes, très bien développés, existent chez les jeunes mâles; mais ne leur étant d'aucune utilité, ils s'atrophient par la suite et disparaissent souvent sans laisser de trace avant la dernière mue, comme chez Diclyna.
Selon le Dr Berlkau, la valeur systématique de ces organes n'avait pas encore acquis sa véritable importance; pourtant, pour les naturalistes qui, avec raison, attachent un grand prix à la façon de vivre, ces organes, qui servent à la confection des pièges destinés à la conservation de la vie de l'insecte cl par suite à la conservation de l'espèce, doivent se placer en toute première ligne; les naturalistes qui reconnaissent une certaine valeur aux rapports analomiques ne peuvent méconnaître non plus cette importance, le cribellum n'étant pas semblable aux autres filières et exigeant la présence d'un autre organe qui le complète : le calamistrum.
Il n'y aurait de doute possible que dans le seul cas où l'on pourrait prouver que jadis toutes les araignées possédaient ces organes, disparus dans certains genres et dans la suite des temps, sans laisser de trace, ce qui paraît bien difficile à établir.
Après un essai de classification établie sur ces données par le Dr Berlkau, mon savant ami M. Simon, en 1889, publia un tableau succinct d'une nouvelle classification de l'ordre des Aranéides, partagé en deux sous-ordres seulement; le second sous-ordre est divisé en deux sections caractérisées par la présence ou l'absence du cribellum et du calamistrum, dont, comme nous Pavons vu plus haut, le Dr Berlkau a établi l'incontestable importance.
Voici ce tableau :
ier Sotjs-ordre : ARANE.E THERAPHOS^.
lre famille : Liphistiidœ. 2e famille : Aviculariidœ.
2e Sotjs-ordre : ARANEiE VER^E.
lre Section : Cribellatœ.
5e famille : Hypochilidœ.
4° — Filistatidœ.
5e — Lloboridœ.
6e famille : Œcobiidœ.
7" — Dictynidœ.
Eresidœ.
9e famille : Psechridœ.
10e — Zoropidœ.
2e Section : Ecribellalœ.
11e famille
: Dysderidœ.
famille
: HcrsUUdœ.
famille
: Urocteidœ.
Oonopidœ.
Pholcidœ.
Agelenidœ.
Leptonctidœ.
Thcridiidœ.
Pisauridœ.
Sicariidœ.
Arcltcidœ.
Trechalcidœ.
lh8 —
Caponiidœ.
Mimclidœ.
Lycosîdœ.
Prodidomidœ.
A rgiopidœ.
Senoculidœ.
Drassidœ.
Bradyslichidœ.
Perissoblemmatidœ
StcnochUidœ.
Thomisidœ.
Oxyopidœ.
Palpimanidœ.
Plaloridœ.
Attidœ.
Zodariidœ.
Clubionidœ.
Enfin, en 1892, dans la première partie du lome premier de son ouvrage en voie de publication Histoire naturelle des Araignées, il donne le tableau définitif suivant. Ce système de classement comprend les araignées du monde entier.
ier Sous-ordre : ARANE^E THERAPHOS^E.
lrc famille : Liphistiidœ. 2e famille : Aviculariidœ. 5e famille : Atypidœ.
2e Sous-ordre : ARANE^E VER.E.
lre Section : Cribellatœ.
4e famille
: Hypochilidœ.
7e famille
: Zoropidœ.
Uloboridœ.
Dictynidœ.
Psechridœ.
Œcobiidœ.
10e famille : Eresidœ.
11° — Filistatidœ.
2e Section : Ecribellalœ.
12° famille
: Sicariidœ.
famille
: Zodariidœ.
famille
: Clubionidœ (2).
Leplonetidœ.
Hersiliidœ.
Urocteidœ.
Oonopidœ.
Pholcidœ.
Agelenidœ.
Hadrotarsidœ.
Theridiidœ.
Pisauridœ (5).
Caponiidœ.
Archeidœ.
Trechaleidœ.
Dysderidœ.
Mimetidœ.
Lycosidœ.
Prodidomidœ.
A rgiopidœ (').
Senoculidœ.
Drassidœ.
Bradyslichidœ.
Perissoblemmatidœ.
StcnochUidœ.
Thomisidœ.
Oxyopidœ.
Palpimanidœ.
Platoridœ.
A tlidœ.
(J) Nom que M. Simon substitue à l'ancienne famille des Epeiridœ.
(2) Celte famille comprend l'ancienne deuxième sous-famille des Drassidœ, plus le genre Micaria,de la première; la famille des Sparassidœ, etc.
(3) Cette famille nouvelle prend pour type le genre Pisaura, E. S. = Ocyale, Aut., et contient encore les Dolomedes, Wlk., etc.