‹ Les arbitres, ou, Les querelles de villageChapitre 11 sur 18 · PIERRE · texte numérisé non relu

PIERRE

COMEDIE. a5

PIERRE BAHL , de même.

Merci.

( // élernue, )

GATLLARDIN.

Dieu vous bénisse.

JACQUOT , sou^ la table.

Ça comnienc' ben.

GAiLLARDir«ï , du ton d'un orateur.

iNîess:e.îrs, nous sommes réunis Pour prendre l'intérêl de nor, divers pays. Qu'est-il de pins lluieur, messieurs, je le demande? Est- il honneur plus haut, est-il faveur plus grande ? Le point essentiel est de les mériter.

Nous les mériterons , on ne peut en douter. Or, qu'avons nous a faire en celte circonstance ?, Peser les droits de tous dans la juste balance , Avec nos comraeltans, nirssieurs, ne faire qu'un, Même nous oublier pour l'intérêt, commun. N'est-ce pas là, messieurs, le devoir d'un arbitre Qui veut justifier et mériter son titre ?

PLU.MARD

Je suis de votre avis.

BAHC.

Morgue , vous prêchez bien!

JACQUOT , sous la table.

V'ià de bonn's intentions , ou je n'y connais rien,

GAILLARDIN.

Certes, je suis honteux de mon iiisuffisance : Mais qu'aurais-je besoui d'avou dt; l'éloquence? Des mêmes senlimens nons sommes péneti es. Pour des gens tels que vous les dev')irs -ont sacré*^. Sans de plus loiigs discours, entrons donc < n matièrr. Et parcourons d'un trait notre noble carrière.

Ce n'est pas moi , messieurs, que j'ai considéré Dans le petit projrt que je vous soumetlmi. l'ons p( usez con nie nuii que si cliaque village J)( la pioximité peut tirer avaul.ige.

C'est poui les réunir le moyen le meilleur. Propc oi!s que tous trois n'aient qu'un seul receveur. Cela triple en effet le proiiii:' de la place , Et rien n'empêcherait que je ne l'occupasse.

JACQUOT

11 n'est pas sot.

PLUMARD

Monsieur, je suis de votre avis :

Ainsi les intérêts se trouvent réunis.

Autrefois ce village avait pour habitude De venir s'adresser pour tout dans mon élude : On y laisse établir un notaire nouveau. Quoique de mes profiis moitié tombe dans l'eau , Ce n'est pas pour cela du tout.... que je réclame. IJn sordide intéiêl ne guide point mon ame ! ]\îais le bien de chacun m'occupe tout entier, JVÎon principe est qu'il faut toujours simplifier ; Je conclus, de l'avis émis par le confière, Que, comme un receveur , il ne fatit qu'un notaire.

JACQUOT

Il conclut bien pour lui.

BAHU.

Vous êtes d' bonnes gens,

El V'us parlez très-bien iVîais il s'agit d'arpens ,

Kl non pas de r'ceveur, non plus que de notaire. Or, ces diables d'arpens sont voisins de ma terre , Kt me conviendraient ben. Sans faire de discours, Kn affaire je puiids les chemins les plus courts. Et pour tout arian£i;er et terminer la guerre , laudraU m' les adjuger sans les mettre à l'enchère.

Le malin !.

COMEDIE. ay

JACQUOT

GAIILARDIN.

Oui, cela Unirait l'embarras.

Mais parlons de ce ponl qui ne me convient pas, Et que votre meunier s'est permis de construire.

PLUMARD

Il est commode , au moins.

BAHU.

Dicible ! il ne peut pas nuire?

JACQUOT

Non , jarni.

GAILLARDFN.

Cependant , il sert à mon rival, Et pourrait quelque jour me devenir fatal.

BAHU.

Si l'on abat le pont , aurai je mon affaire ?

PLUMARD

Ferez-70us expulser de chrz vous mon confrère ?

GAILLARDIN.

C'est entendu !

GUiLtiOT , s^ approchant.

Messieurs , j'voudrais vous dire un mot.

GAILLARDIN,

Pourquoi nous interrompre ?

GUILLOT

Il s'agit de Jacquol.

JACQUOT , sous la table.

Me v'ià sur le lapis.

GAILLARDIN.

Eh bit n ! qu'cr ye ix-tu faire ?

GUILLOT

Je voudrais le rosser , car je suis en colère.

aS LES ARBITRES,

BAHU.

Qui t'en empêche donc ?

PLUMABD.

Ce n''est pas moi !

GAILLARDIN.

Ni moi !

JACQUOT

Ils ne l'empêcli'ronl pas ; ils ont grand tort, ma foi.

GAILLARDIN.

Nous ne sommes pas bien, messieurs, sur cette place ; On peut nous dér^nj^er. Entrez chez moi , de grâce, Pouï calmer les partis , hicntôl notre arrêté Y sera rt'di^jé sans partialité.

PIERRE jiAHU , d GailLardin. I

Oui, nous mettrons cheux vous le tout en écriture , Et quand j'aurons dessous posé not' sinafure , Il faudra qu''ils soyons contens bon gré malgré.

GAILLARDIN.

Venez , venez chez moi.

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