‹ Les arbres de commerce de la province de QuébecChapitre 14 sur 22 · PLAINE · texte numérisé non relu

PLAINE

Acer rubrurn^ Linn. — Red Maple, Soft Maple, Swamp Maple, White Maple, Erable rouge. Erable bâtarde.

Cet arbre tire les différents noms sous lesquels on le désigne de la couleur rouge de ses bourgeons, au printemps, de la couleur de son bois, qui est d'une blancheur remarquable, des savanes, qui sont les lieux

où il croît de préférence, de la dureté de son bois, qui est plus mou que celui de l'érable à sucre. La plaine ne pousse que dans les terrains bas et humides, jamais en massifs. Elle ne vient pas aussi grosse et ne vit pas aussi longtemps que l'érable. Son bois est plus léger, plus mou, moins durable. Comme tous les arbres qui poussent dans les terrains humides et les savanes, la plaine a beaucoup d'aubier, à tel point que dans bien des cas le bois de cœur ne forme pas la moitié du tronc, et n'a que trois ou quatre pouces de diamètre. Elle a le grain fin, ce qui en fait un bon bois de tour et la rend susceptible d'un très beau poli. Quand les fibres de ce bois sont disposées en ondes, on le désigne par l'appellation de " plaine ondée ". On en fait des feuilles de placage, des articles de marqueterie et de fine ébènisterie. Ce bois onde, aussi élégant que léger, est très employé en Angleterre pour faire les crosses de fusils de chasse et de carabines. Sur les marchés anglais, la plaine a été supplantée dans l'ébènisterie par l'acajou, que les forêts du Sud- Afrique produisent en grande quantité et qui, depuis quelques années, est livré au commerce à bas prix. La jeune écorce de plaine, avec un mordant de couperose, donne une teinture pourpre foncé, employée pour donner cette couleur à la laine et au coton. La sève de la plaine, moins riche que celle de l'érable, donne un sucre de qualité inférieure et qui gâte la qualité de celui de l'érable, quand la sève de l'une et l'autre espèce est mélangée.

ÉBABLE BATARDE

Acer spicatum^ Lam. — Dwarf Maple, Mountain Maple, Erable à épis, Plaine bâtarde, Bois boc.

De tous les érables, c'est celui dont l'aire s'étend le plus loin au nord : on le trouve au delà du lac St- Jean et même jusqu'à la baie James. C'est un arbuste qui pousse ordinairement en bouquet sur une racine commune, et dont la hauteur n'excède pas une quinzaine de pieds, ni le diamètre trois pouces. L'abbé Brunet dit que dans la Gaspésie, on l'entaille pour faire du sucre. Je n'ai pas pu obtenir la corroboration de cet énoncé, sur les lieux, et j'ai d'autant plus raison de croire que c'est une erreur, qu'il est à ma connaissance personnelle que dans cette région on ne tire même pas partie des superbes érablières à sucre qui se trouvent en beaucoup d'endroits. Le bois de l'érable bâtard a les mêmes qualités que celui de la plaine ; mais les dimensions de l'arbre l'excluent du domaine du commerce. Je ne le mentionne que pour faciliter l'intelligence des rapports des explorateurs et des arpenteurs. Il peut se cultiver en taillis, avec d'autres arbustes, dans les sols rocheux.

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