CHENE ROUX
Quercus rubra^ Linn. — Chêne Rouge, Red Oak.
Arbre commun dans la région de l'Ottawa, où je l'ai vu en massifs dans les vallées des rivières Coulonge et Noire, à plus de soixante-quinze milles de leur embouchure. Il tire son nom de la couleur de son feuillage, qui est rouge à l'automne, et aussi de celle de son bois, qui est rougeâtre. C'est un arbre de première grandeur, atteignant jusqu'à 60 et 75 pieds de hauteur et 3 à 4 de diamètre. L'écorce est passablement unie, peu crevassée, de couleur foncée, très épaisse et très riche en tannin. Ses gros glands ovoïdes et renflés sont très amers. Comme tous ses congénères, le chêne roux recherche de préférence les terrains profonds, riches, friables ; mais il pousse aussi dans les sols sablonneux et sur les hauteurs. L'aire de cette espèce de chêne monte plus loin au nord que celle du chêne blanc et atteint 47^ de latitude, ou une ligne tirée de la Malbaie à la tête du lac Témiscamingue.
Le bois du chêne roux, de couleur roussâtre, a le grain grossier et il est si poreux qu'il est impossible d'en faire dès barils pour le vin et les liqueurs alcoo-
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liques. Depuis quelques années, il est très employé dans la meublerie et très recherché pour cet usage. On en fait aussi des barils pour la farine, le sucre et autres matières sèches. Autrefois on en faisait aussi des barils pour l'huile. On l'emploie pour les boiseries des maisons et un peu dans la marqueterie.
CHARME D'AHÊBiaTJE
Captnus amencana^ MiCHX.— Hombean, Water Beech, Swamp Beech.
Arbre commun dans nos forêts, où il ne se rencontre jamais en bosquets, mais isolément et dispersé parmi les autres espèces de bois francs. Son écorce grisâtre ressemble à celle du hêtre, dont il a les habitudes. A l'automne son feuillage devient successivement rouge foncée, rouge écarlate et jaune. Les plus gros arbres de cette espèce ne dépassent pas une vingtaine de pieds de hauteur et six pouces de diamètre. Le charme ne pousse pas au nord de 47*^ 30' de latitude.
Le bois du charme est compacte, blanc, dur, a le grain fin et il est remarquablement fort et résistable : pratiquement, il est impossible de l'écraser sous n'imquelle pression non plus que de l'user par la friction. Il est très recherché dans les arts mécaniques pour faire des leviers, des manches d'outils et autres articles exigant de la force ou de la dureté.
OSTSYEB DE VIBOINIE
Ostrya virginicay Wild., Carpinus Ostrya^ Michx.— Bois dur, Bois de fer, Hop Hombeam, Iron Wood, Lever Wood.
C'est un petit arbre de 25 à 30 pieds de hauteur, de 3 à 6 pouces de diamètre, couvert d'une écorce brune, mince, rayée de fines et longues crevasses, qui croît parmi les autres bois dans n'importe quelles situations, sur les montagnes comme dans les terrains riches des platières de rivières. Au nord, il ne dépasse pas 47^ de latitude, ou une ligne tirée de la tête de la baie des Chaleurs, passant un peu en arrière de Québec et aboutissant à l'embouchure de la Mattawa, sur l'Ottawa.
Le bois de l'ostryer est blanc, dur, fort et ses fibres roulées, tortillées, le rendent presque infendable. C'est un excellent bois de tour. Il est aussi employé pour faire des manches et des montures d'outils, des essieux de charette et autres articles semblables.
SORBIER D'AHÉRiaUE
Sorbus americana^ Pursh., Pyrus americana^ D. C. — Cormier, Maska, Masquabina, Rowan, Mountain Ash. .
C'est un bel arbre d'une vingtaine de pieds de hauteur, même plus, et une dizaine de pouces de diamètre. Le tronc, qui forme à peu près le tiers de
la hauteur de Parbre, est sans branches. L'écorce est d'un rouge brun, lisse, d'un lustre ressemblant à celui du vernis. Dans le désert et les éclaircies de la forêt les branches se développent latéralement et donnent à la tête de l'arbre l'apparence d'un pot de fleurs. Le fruit du cormier est roug:e corail, persiste sur l'arbre durant l'hiver :. quoique un peu amer, il a une saveur agréable et il est très recherché par les oiseaux. Cet arbre est toujours l'indice d'un sol riche, vu qu'il ne pousse que dans les endroits humides des montagnes, des versants de collines et dans les platières des rivières, ce qui explique pourquoi il est si abondant dans les riches terrains siluriens de la Gaspésie. Au nord, l'aire du sorbier atteint la latitude de la baie James.
Le bois du cormier est d'un blanc tirant un peu sur le jaune, avec des barres d'un beau noir en approchant du cœur. Il a le grain fin, ce qui le rend susceptible du plus beau poli. Vert, ce bois est mou, tendre, des plus faciles à travailler ; sec, il est tellement dur qu'il est presque impossible de l'ouvrer autrement qu'au tour. Il a une force de résistance presque égale à celle du frêne blanc. On s'en sert pour faire des essieux de charettes, ce qui est à peu près son seul usage connu à la campagne. A titre d'essai, j'en ai fait tourner des poteaux d'escaliers, qui ont été admirés des connaisseurs pour leurs richesse et leur beauté. Le poli était des plus fins, le vernis donnait à la partie blanche du bois une couleur jaunâtre qui se mariait admirablement aux parties brunâtres de la couleur du noyer noir. C'est aussi un excellent bois pour le découpage et la marqueterie et il ferait des meubles
d'une richesse remarquable. C'est le meilleur bois pour faire les crosses et les montures de fusils. Les arbres susceptibles, par leur qualité et leur taille, d'être employés à ces différents usages, sont communs dans les riches terrains de la Gaspésie. Le cormier est aussi l'un des plus jolis arbres d'ornement et il est facile à cultiver autour des habitations.