‹ Les arbres de commerce de la province de QuébecChapitre 5 sur 22 · FIN BOUGE · texte numérisé non relu

FIN BOUGE

Pinus resznosay AiT. — Red Pine, Norway Pine, Yellow Pine des Néo-Ecossais, Pin résineux du commerce.

C'est un arbre de première grandeur, qui se trouve ordinairement mêlé au pin blanc et qui, en d'autres endroits, pousse en massifs assez considérables. Il ne croît que dans les terrains secs, de préférence dans le sable et le gravier. Son aire est à peu près la même que celle du pin blanc. Les arbres adultes atteignent jusqu'à 70 et 100 pieds de hauteur et mesurent de 15 à 24 pouces de diamètre à trois pieds du sol. On le distingue facilement du pin blanc par son écorce, qui est plus rugueuse et plus rouge, aussi par la couleur de son bois, qui est d'un jaune rougeâtre. Le bois de cet arbre, doué d'une grande force, est résistable, élastique, a le grain comparativement fin et prend un poli soyeux. Il n'a pas d'aubier.

La souche et les branches du pin rouge fourniraient probablement beaucoup de résine ou de goudron, si la fabrication de ces malières était introduite dans le pays. Sa durée est remarquable et comme il prend un beau fini, il est recherché pour la menuiserie ouvrée. Bn Angleterre, il est le rival du pin d'Ecosse {Ptnus sylvesiris^ Scotch Fir, Scotch Pine) que l'on importe du nord de la Prusse par les ports de Merriel et Dantzig.

Comme bois de charpente et de mâture, le pin rouge du Canada figure au premier rang. Il est très employé dans les chantiers du gouvernement, en Angleterre, pour la boiserie des ponts et des cabines ainsi que pour la confection des mâts et des espars. Dans les ouvrages de menuiserie ordinaire, il n'a été employé jusqu'à ces derniers temps qu'à Londres et dans l'ouest de l'Angleterre ; mais l'usage s'en répand de-

puis quelques années et la demande augmente. Il s'exporte en madriers et en morceaux équarris : ces derniers sont préférés aux sciages par les acheteurs anglais, qui le demandent en pièces de i6 à 50 pieds de longueur et de 10 à 18 pouces carrés. Chez nous, on emploie les petits arbres et les têtes des gros pour faire des traverses de chemins de fer, qui sont préférées à celles d'épinette.

Le duc de Northumberland a tenté l'acclimatation du pin rouge en Angleterre en 1756. Il en fit des plantations dans son domaine de Syon House ; mais le résultat qu'il obtint de cette tentative ne fut pas de nature à lui créer des imitateurs et parmi les espèces forestières exotiques, introduites en Angleterre, il est loin d'avoir la place qu'occupent d'autres espèces américaines.

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