‹ Les arbres de commerce de la province de Québec [microforme]Chapitre 19 sur 41 · GE · texte numérisé non relu

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mensions se ressentent naturellement du milieu dans lequel il croît. Dans les terres stériles, soit par excès de sécheresse, soit par excès d'humidité, il reste petit, atteignant au plus une trentaime de pieds de hanteur et de six à huit pouces de diamètre. C'est ce bouleau raclmitique que certains botanistes ont rangé dans une catégorie à partet ésnt ils ont fait une espèce distincte, sous les désignations ÆZe/w/a alba, Betula populifolia. Dans les terrains plus propices, les situations plus favorables, il atteint de beaucoup plus grandes dimensions, de 60 à 70 pied dé hauteur et de 12 à 24 pouces de diamètre. Ce sont ces gros arbres qui fournissent l’écorce dont les Sauvages font leurs canots. (C’est ce gros bouleau que les botanistes donnent comme une espèce distincte et qu’ils appellent Petula papyracea, le ‘ Canoe Birch ” des Anglais. Ne trouvant aucune différence quant aux qualités génériques, entre ce gros houleau et le petit, à maintes reprises j’ai demandé à mes guides, aux hommes de bois, s’ils connaissaient quelque différence dans la qualité du bois, la manière de croître ou le comportement des arbres: ils m'ont invariablement répondu dans la négative. ‘

Loudon dit que le bouleau du Canada ressemble beaucoup à celui d'Europe, mais qu’il croît avec moins de vigueur chez nous et n’atteint pas une aussi grande taille qu’en Europe. Il est dans l’erreur pour l’un et l’autre point: notre bouleau est le même que celui d'Europe et dans la province de Quebec, il atteint de beaucoup plus grandes dimensions qu’en Europe. M.

Gus. Langelier (‘) rapporte que dans la région des rivières Péribonka, il a vu des bouleaux mesurant jusqu’à 30 pouces de diamètre. ‘“ Dans les forêts primitives, dit-il, le bouleau est bien plus beau; j'en ai vu mesurant jusqu’à trente pouces de diamètre. Ces beaux arbres croissent sur les hauteurs, dans les flancs des montagnes et sur les bons terrains élevés. C’est le long de la ligne de base (49e parallèle) entre la petite Péribonka et la rivière Alex, sur une profondeur de cinq à six milles, que j'ai vu les plus gros.”

Il y a en abondance et des dimensions requises pour faire des billots de sciage, 4u bouleau dans la région du lac Edouard, où il se trouve en massifs et forme la jorêt primitive, Il y en a pareillement en abondance dans la région de la rivière Matane, où plusieurs industriels en font un commerce considérable, pour l'exportation en Angleterre. Des environs de Chicoutimi, il s’exporte aussi beaucoup de bouleau en Angleterre, pour la fabrication des fuseaux. Daus le voisinage du port St-Nicholas, sur la côte nord du golfe St-Laurent, il y a des forêts de bouleau qui donneraient des billots d’un diamètre moyen d’au moins douze pouces.

Le bois de notre bouleau est mou, pour un bois franc, blanc et prend un poli brillant. Le tronc de l'arbre est droit, exempt de nœuds, recouvert d’une écorce blanche, soyeuse, qui se dégage en lamelles, chez les jeunes arbres, contrairement à celle des vieux arbres, qui est rugueuse, coupée par des gerçures et

(1) Rapport du Commissaire des Terres, 1898, p. 92.

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des barres noires. Le cœur des vieux arbres est souvent noir et la couleur du bois a une nuance rougeâtre imitant le cerisier.

Dans les pays du nord, nombreux sont les usages du bois et de l'écorce du bouleau: dans le nord de l'Écosse, les paysans en font leurs maisons, leurs meubles, leurs ustensiles de cuisine, leurs moulins, leurs voitures, leurs instruments aratoires et leurs clôtures. On l’emploie aussi dans la teinturerie et dans la tannerie. En Suède et en Norvège, on met de l’écorce de bouleau entre les pièces des pans et le lambris des maisons, de même qu'entre le bardeau et les planches de la toiture. On l’emploie même à la place du bardeau : dans ce cas on recouvre l’écorce d’une couche de gazon ou de terre d’un pied d’épaisseur.

Les Suédois et les Norvégiens emploient aussi l’écorce de bouleau pour faire des paniers, des boîtes, des sacs, pour mettre le grain, la farine, le sel, le sucre. Ces paniers et ces boîtes dénotent une ingéniosité remarquable et font l'admiration des étrangers qui visitent le pays. Les Lapons font avec l’écorce de bouleau leurs bottes et leurs souliers. Ils s’en font aussi des imperméables, qui remplacent nos pardessus de toile huilée ou de caoutchouc. Dans les temps de disette, ils moudront la partie intérieure de l'écorce et s’en feront de la farine et du pain. Ils tissent la partie extérieure de l’écorce et en font des cordes avec lesquelles ils harnachent leurs chevaux et leurs rennes. Ils en font aussi des nattes et autres articles de ménage, comme les gens du nord de l’Ecosse.

En Russie, l'on emploie le bouleau pour distiller le fameux goudron de bois dont on se sert dans la tannerie. Ce goudron, composé en grande partie d’huile et d’acide pyroligneux, donne au cuir cette odeur agréable et particulière qui distingue le cuir de Russie. Raffinée, cette huile est employée en médecine et le résidu de la distillation fournit une matière lubrifiante employée pour lubrifier les essieux de charettes et des grosses machines.

En France, on fait avec le bouleau des jantes de roues, des barils, des sabots et c’est un bois de tour recherché. Avec les branches et les jeunes tiges, on confectionne des balais, des cercles, des claies, des paniers pour emballer la poterie et la faïence, des fagots et autres articles semblables.

Dans le nord de l’Europe, on fait avec ‘l'eau de bouleau ” de la bière, du vin et du vinaigre dont la qualité est fort appréciée. En Russie, on en fait du sirop et du sucre et l’on distille aussi cette eau pour faire de l'alcool. En Ecosse on emploie les branches de bouleau pour fumer le jambon et le hareng : la fumée de ce bois donne un arôme particulier, très recherché.

Le bouleau est un bois difficile à conserver et qu’il est presque impossible d'empêcher de chauffer. Il faut l’abattre en hiver, le couper en billes aussi courtes que possible, le sortir de la forêt avant le printemps, le mettre à l’abri du soleil et de la pluie, bien exposé à l'air, en piles espacées les unes des autres. S'il reste le moindrement dans la forêt quand la dégel commence et durant les pluies du printemps,

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la végétation se développe dans les billes abattues, celles-ci chauffent en très peu de temps. Le bois “cotit ” et devient hors de service. Le bois scié est aussi très difficile à conserver, surtout à bord des navires durant la traversée en Europe. L'humidité produit bien vite la fermentation, la moisissure se développe à l'extérieur et se communique bien vite aux premières couches du bois, qui sont ainsi gâtées par “plaques de coti”, d’une couleur verdâtre. On empêche le bois de cotir en le dépouillant de son écorce ; mais, alors, en séchant il craque, ce qui le gâte au< tant que la moisissure.

Ce sont ces inconvénients qui empêchent l’usage du bouleau dans la meublerie et son exportation en Europe pour cet emploi. Il en est cependant exporté d'assez grandes quantités, principalement de Chicoutimiet de Matane, pour faire des bobines et des fuseaux.

En Canada et aux Etats-Unis, le bouleau est beaucoup employé pour faire des chevilles de cordonnerie — la cheville en ruban pour les machines à cheviller —les formes à chaussures, les fuseaux et les articles confectionnés au tour. Il se tourne admirablement et prend un poli fin. C’est à peu près le meilleur bois pour faire les manches de balais.

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