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blanc se trouve encore en quantité suffisante pour älimenter des chantiers réguliers comprend au plus le tiers du territoire du St-Maurice et la partie de celui de l'Ottawa située à l’ouest de la rivière de la Petite- Nation, soit une étendue d'environ 1 2,000,000 d’acres. Dans toute cette étendue le pin blanc est plus ou moins entremêlé à d’autres arbres et en beaucoup d’endroits ne forme que de beaucoup la plus petite partie de la végétation forestière, de sorte qu’en moyenne il représente au plus 2,500 pieds superficiels à l’acre, ou un total de 30,000,000,000 de pieds superficiels. Les “apports du commissaire des terres constatent que durant les dix années finissant le 30 juin 1905, il a été fait dans la province 3:204,368,193 pieds superfciels de pin blanc, soit une moyenne de 320,436,819 pieds par année. A ce taux, nos pinières seraient épuisées dans quatre-vingt-treize ans. Mais en tenant compte de l’augmentation de la production, des empiètements de la colonisation, des ravages du feu, du fait que dans ce qui reste les dimensions des arbres et la qualité du bois diminuent d’année en année, il est raisonnable de croire que dans une quarantaine d’années nos forêts de pin blauc seront chose du passé. Le cèdre disparaît encore plus rapidement. Il n’y en a plus dans les Cantons de P'Est ; plus de la moitié de ce qu’il y en avait dans la région du lac Témiscouata a été livré au commerce ; les fabricants de bardeau de Rimouski, Matane et Bonaventure ainsi que les commerçants de dormants de chemins de fer font dans les cédrières de la Gaspésie des trouées qui augmentent d'année en année. Dans ces régions de
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Témiscouata et de la Gaspésie, il se fait annue
ment une quarantaine de millions de bardeaux, p d’un demi-million de dormants de chemin de fer, « quantités considérables de poteaux de télégraphe
de téléphone, du bois carré pour les ponceaux et | viaducs de chemins de fer, des perches et des piqu. de clôture. Dans la région de l’Ottawa, l’épuiseme des cédrières, qui ne sont pas abondantes, se f: encore plus rapidement, En 1899, il a été fait da ce territoire plus de 300,000 dormants et 5,000,0 de pieds de cèdre, à part ce qui a été pris dans la r gion du lac Témiscamingue et expédié par chem de fer vers l’ouest. La quantité de cèdre livré ann ellement au commerce est d'au moins 25,000,000 pie et la consommation pour les usages domestiques e: cède 5,000,000. A ce taux, il est facile de prévoir qu nos cédrières seront épuisées dans une vingtain d'années.
La pruche est à peu près épuisée dans les Car tons de l'Est et la contrée du St-Maurice. Le plu fort appoirt qui reste se trouve dans le territoire d l'Ottawa; mais c’est comparativement peu de chose vu que le bois est rare, petit, et l'épuisement de cett espèce forestière suivra de près la construction de chemins de fer dans les endroits où il s’en trouv. encore. Déjà nos tanneries de Québec sont parfoi obligées de faire appel à la région de Rogersville dans le Nouveau-Brurswick, et à celle du lac Nipis sing, dans Ontario, pour se procurer l’approvisionne. ment d’écorce qu’elles consomment.
Quant à nos forêts d’épinette, elles sont tout sim:
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plement inépuisables, d'autant plus qu’elles se renouvellent à peu près tous les vingt-cinq ans, quand elles sont exploitées avec sagesse: mais la prudence n’en commande pas moins de compter avec les envahissements de la colonisation, les ravages du feu et la diminution par l'exploitation. D’après les rapports du commissaire des terres, durant les cinq années finissant le 30 juin 1905, il a été fait dans les concessions sous licence pour la coupe du bois, 2,366,795,330 pieds superficiels d’épinette, ou une moyenne de 473,359,066 de pieds par année. Il en a été fait au moins 125,000,000 de pieds par année sur les terrains patentés et les lots de colons sous billets de location, qui n® sont pas compris dans les rapports du commissaire des terres, ce qui porte à environ 598,359,066 pieds la production annuelle, En moyenne, nos forêts d’épinette ne donnent pas plus de 2000 pieds de bois à l’acre, de sorte que la quantité de bois livrée chaque année à l’industrie et au commerce d'exportation dénude 300,000 acres ou 418 milles en superficie de nos forêts d’épinette. Les défrichements en fout disparaître autant et les feux de forêts encore plus. La fameuse conflagration de 1870 a balayé une lisière S’étendant des sources du St-Maurice à la rivière Romaine, distance de 500 milles, et détruit plus de 10, C00 milles, ou 6,500,070 acres de forêts d’épinette, De 1880 à 1895, le feu a détruit toutes les forêts de la rivière Romaine, de ses sources à son embouchure, où une aire d'environ 1,500,000 acres. D'égales étendues ont été dévastées par le feu dans la partie supérieure des vallées des rivières Péribonka, Mistassini et du
Chef. Au nord du St-Laurent et dans les ancient limites de la province, la superficie des forêts d’épin tes détruites par le feu depuis une vingtaine d’anné est d’a1 moins 1 5:000,000 d’acres, ou environ 25,0 milles carrés. En calculant à 2000 pieds à l’acre, c pertes causées par le feu représentent 30,000,000,0c ou trente millions de mille pieds de bois, mesure planche, ou assez pour suffire durant soixante ans à ui consommation de cinq cent millions de pieds par anné Ces désastres se répéteront probablement tant qu sera permis aux Sauvages de passer l’été dans la pr fondeur de nos forêts du nord. De la solution de cet: question des Sauvages dépend en grande partie | Conservation de nos forêts d’épinette, de même qu l'avenir de la grande industrie de la pulpe et d papier.
Notre domaine forestier est encore immense : mai les faits exposés plus haut montrent assez clairemen que pour certaines essences ligneuses, et des plu précieuses, l’époque de leur épuisement n’est pa éloignée; que pour d’autres, telles que l’épinette leur conservation: dépend en grande partie du soir que nous apporterons à les protéger contre le feu.
C'est ce que l’on pourrait appeler “la question forestière ” — question d’une importance vitale pou notre province, puisque l’industrie forestière est la plus importante chez nous, de même que la recette des bois et forêts constitue la partie la plus considérable et la plus sure de notre revenu provincial.
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