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d’épinettes s'tuées à une vingtaine de milles de la mer. Dans l’immense contrée égouttée par le fleuve Nottaway et ses tributaires, embrassant une superficie d’une vingtaine de millions d’acres, les rapports d'exploration du Dr Bell et de M. l’arpenteur O'Sullivan constatent que l’épinette blanche atteint de grandes dimensions, que le long des rivières on voit à beaucoup d’endroits des arbres mesurant 24 et même 30 pouces de diamètre et jusqu’à cent pieds de longueur.
L'épinette blanche s’accommode de toutes les situations et de tous les sols : elle croît sur les cîmes et les crêtes de montagnes, dans les flancs escarpés des falaises abruptes, dans les savanes comme sur le sommet des collines et dans les terrains secs, dans les sols pauvres comme dans les riches platières d’alluvion. Il n’y a que les terres arides ou constamment mouillées qui soient un obstacle à sa végétation, Mais la qualité du bois et la taille des arbres subissent naturellement l'influence de ces différents milieux. La plus belle épinette se trouve ordinairemeut sur les versants des collines à pente douce, dans les vallons de terre fraîche et riche, sur le bord des ravins qui coupent les versants des montagnes. Dans les épi. nettières, où le sol est frais, même humide, sans être mouillé, les arbres sont de taille moyenne ; dans les terrains bas et marécageux, ils sont peties et poussent lentement.
L’adaptabilité caractéristique de l’épinette blanche à s’accommoder de toutes les situations et de tous les sols explique comment il se fait qu’en tant d’endroits elle occupe le terrain à l'exclusion de toute
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aütre végétation forestière. Ainsi dans les end secs, mais où le sol est trop mince ou trop rocl pour faire croître les arbres à feuillage décidu, 1 nette, qui est moins exigeante, s'empare du terrai le couvre exclusivement. Elle s'empare de la m façon des terrains bas et humides, impropres | croissance des autres arbres qui ne peuvent pas v dans ces conditions. C’est pour la même raison l’on trouve presque toujours l’épinette blanche s sur les crêtes des falaises, dans les flancs de roc! escarpés, sur da cime des buttes, dans les fortes d vités de terrain, sur les bords humides des lacs, c à-dire dans tous les endroits où les autres arbres peuvent ni prendre racine ni vivre. Si, dans ces tuations, l’épineite se trouve seule, forme exclus ment la végétation forestière, ce n’est pas parce les conditions de sol et de situations sont partict rement favorables à sa croissance, mais parce que é! moins exigeante que les autres espèces, elle s'acc mode de ces milieux où les autres espèces ne peuv pas vivre. L'existence de l’épinette dans ces co: tions est le résultat de la possibilité, non de la sé tion. C'est dans les terrains élevés, propices à croissance des autres arbres, que l’épinette blan atteint les plus grandes dimensions et donne le P beau bois. Mais ici elle se partage le terrain a les autres espèces forestières et ne se rencon jamais en massifs.
À l'exception de l’érable à sucre et du hêtre, pinette blanche est de tous les arbres de nos fo celui qui supporte le mieux l’ombrage. Elle pou
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et vit à l’ombre, cachée aux rayons du soleil par l’épais + feuillage des bois durs, Dans ces conditions, elle
* croît lentement, sa végétation est moins vigoureuse,
mais la durée de son existence n'est pas abrégée.
2 Dans les forêts de bois franc, on trouve souvent des
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à rasse de l’ombrage qui a paralysé leur croissance, pous-
4 sent et grossissent rapidement dès qu'ils viennent en arbres ne # contact direct avec les rayons du soleil. Si le rameau 4 de tête ou le sommet de la tige principale a été cassé # par le vent, la plus haute branche se redresse pour # prendre sa place et la croissance marche à merveille, 2 Mais cette recrudescence de végétation ne donne qu’un 2 bois de qualité inférieure. La partie du tronc aupa- 4 ravant occupée par la tête touffue, durant la période e peuvent À ces condi- À la sélec- !
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d’ombrage, n’est qu’une masse de nœuds, et même dans ceux de ces arbres qui augmentent leur diamètre jusqu’à 24 pouces après avoir été exposés à l’action des rayons solaires, il est rare que l’on puisse trouver plus de deux billots de sciage.
Dans les “ épinettières pures”, principalement dans les vallons unis, les arbres sont moins gros, mais plus longs, moins noueux et plus uniformes dans la
À moyenne de leurs dimensions. Recherchant à chance
égale les rayons solaires, les arbres développent leur feuillage au sommet, formant ainsi un ombrage qui empêche les branches de se développer plus bas et
produisant des troncs sveltes, élancés, nets, qui c nent un bois de première qualité.
On trouve des épinettiers pures, ou des mas composés exclusivement d’épineties, sur les terre élevés et riches, de même que dans les terrès m: cageuses et pauvres. L'existence de ces massifs d des terrains élevés, riches, des plus propices à la cr sance des autres arbres, notamment des bois fra s'explique par le fait que l’épinette s’est emparée sol en premier lieu et en a ensuite exclu toute at végétation forestière.
Multiples sont les usages auxquels le bois l’épinette blanche est adapté. Ce bois, fort élastiq plus dur que celui du pin, à grain comparativem fin, d’une blancheur remarquable, s'emploie pour mâture et la construction des navires, la construct des quais, dans la charpenterie, la menuiserie, la t uellerie, mais surtout dans les grandes industries sciage, de la pulpe et du papier. Avec les racines la souche, l’on faisait autrefois des courbes pour construction des navires. Aujourd’hui l’on empl encore ces courbes pour consolider les charpentes ( moulins, des usines, des bateaux à vapeur et des £ lettes. |
Les madriers et les planches d’épinette sont grande demande aux Indes Occidentales. En A gleterre, surtout à Birmingham et Manchester, on e ploie beaucoup ce bois pour faire les boîtes d’emb lage. Au Canada: on en fait aussi du bardeau, da les localités où il n’y a ni cèdre ni pin.
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L'épinette jaune, l’épinette grise, l’épinette bâtarde ne sont que des variétés de l’épinette blanche, dont elle ne diffèrent que par la couleur, différence qui est bien plus imaginaire que réelle. La différence dans la couleur de l'écorce et la disposition du feuillage ne proviennent que d’une meilleure exposition au soleil. Ces variétés, d’ailleurs, ne croissent que dans les meilleurs situations, les meilleurs sols et presque exclusivement dans les parties les plus méridionales de la province. La variété grise est celle qui atteint les plus grandes dimensions—jusqu’à 40 pouces de diamètre, à trois pieds du sol. L'année dernière M. James Hamilton, l’un des inspecteurs de mesurage du ministère des terres et forêts, a mesuré dans la région de la rivière Squatteck, un peu à l’est du lac Témiscouata, un billot d’épinette de quatorze pieds de longueur et de trente-sept pouces de diamètre au petit bout.
C'est dans cette région, dans les riches et profonds terrains de l’âge silurien, que se trouve la plus belle et la plus grosse épinette blanche que j'ai vue dans la province. Vient ensuite l’épinette de la vallée de la rivière Chaudière, principalement celle des cantons Metgermette, Risborough et Marlow.