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AMENAGEMENT DU JARDIN FRUITIER

cylindre très court et large. Les manchons sont indispensables, ils empêchent la terre et les racines de pénétrer dans les drains qu'elles pourraient obstruer.

Toutes les lignes en pente légère (2 millimètres par mètre) débouchent dans une autre ligne de drains collecteurs, plus larges que les drains d'assèchement.

L'eau surabondante du sol pénètre dans les drains d'assèchement par infiltration ; elle coule jusqu'aux drains collecteurs qui l'envoient au loin.

Le drainage fait disparaître tous les défauts inhérents aux terres humides; les terres drainées sont moins froides, plus aérées et plus meubles; les mauvaises herbes qui les envahissaient les abandonnent, les fruits qu'elles produisent deviennent moins aqueux et plus sapides.

Cet heureux changement apporté par le drainage est une amélioration sinon constante, du moins fort durable. Il est en effet des exemples de drains qui fonctionnent depuis plus de 50 ans.

Aménagement du jardin fruitier.

ger le jardin fruitier, c'est l'ordonner, le disposer pour les plantations qui y doivent être faites.

On peut diviser le terrain en un petit nombre de grandes surfaces rectangulaires dans lesquelles les arbres seront plantés en lignes parallèles. Ces grandes surfaces sont encadrées par des allées de 3 mètres de large pour la circulation des voitures.

Fig 13. — Contre-espalier.

Quelques personnes préfèrent établir autant de plates-bandes que de lignes d'arbres ; nous ne sommes pas de leur avis, parce qu'agir ainsi c'est multiplier considérablement la surface des allées à laquelle correspond une masse de terre tassée, non aérée et impropre au développement des racines. Les plates-bandes qui côtoient les murs auront une

AMEUBLISSEMENT DU SOL 43

largeur suffisante (1 m. 50) pour permettre, sans nuire aux espaliers, l'installation de cordons de pommiers et de poiriers sur leurs bords.

Il sera procédé à l'installation de contre-espaliers (sorte de charpente) (fig. 13), pour le palissage en plein air des arbres dont la forme doit avoir une symétrie bilatérale.

Si le sol est peu épais, la terre des allées est apportée à la surface des carrés ou des plates-bandes et remplacée par des gravois et des décombres. Ces mêmes allées sont bordées avec des plantes naines utiles ou purement ornementales : fraisier, ciboulette, buis, ou avec des briques spéciales.

Article premier.

Ameublissement du sol.

L'ameublissement est cette opération par laquelle on remue la terre arable sur une surface donnée et à une plus ou moins grande profondeur, pour en diminuer la compacité. Cet ameublissement favorise la multiplication des racines et leur élongation, parce qu'il crée à ces organes un milieu plus perméable, plus sain, plus aéré.

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En arboriculture fruitière, l'ameublissement du sol, pour exprimer qu'il est très profond, prend le nom de dèfoncement.

Le dèfoncement peut s'exercer sur la surface totale du jardin fruitier ou seulementsur une partie de cette surface. Disons de suite que le dèfoncement de la surface totale du jardin est très coûteux et qu'il ne donne pas tous les bons résultats qu'on pourrait en désirer, parce que certaines parties du jardin ont repris leur compacité primitive quand les racines des arbres sont prêtes à les pénétrer.

On adoptera donc le dèfoncement partiel. Celuici se fait par «plates-bandes» ou « par trous».

Epoque. — On opère généralement l'ameublissement du sol en septembre, c'est-à-dire un ou deux mois avant la plantation, pour que la terre ait le temps de se tasser un peu avant cette opération.

Profondeur. — La profondeur à laquelle on attaque le sol en défonçant dépend de la qualité des essences à planter. Quand celles-ci sont à racines pivotantes: pommier, poirier sur franc,

AMEUBLISSEMENT DU SOL

pêches sur amandier ou sur franc, il est bon d'ameublir jusqu'à 80 centimètres ou 1 mètre. Pour planter des essences à racines traçantes ou moins développées, il suffit d'ameublir seulement jusqu'à 60 centimètres (pommier sur doucin, poirier sur coignassier) ou 40 centimètres (groseilliers, framboisier).

Défoncement par plates-bandes. — Ces platesbandes de 2 mètres de large sont tracées de manière que la ligne de plantation en occupe le milieu ; elles sont généralement parallèles et séparées entre elles par des espaces qui ne seront point défoncés.

Les plates-bandes étant tracées, le jardinier ouvre à l'extrémité de la première une tranchée profonde de m. 80 et de 2 m. de côté.

Placé au fond de la tranchée, il abat la terre de la planche à ses pieds en la coupant de haut en bas à coups de pioche, puis, au moyen d'une pelle, il saisit cette terre et la jette à la place de la terre extraite ; il continue ainsi jusqu'au bout de la planche. Quand il y est arrivé, il ouvre une tranchée à l'extrémité la plus proche de la planche voisine, la terre enlevée lui sert à combler défini-

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tivement la tranchée de la première planche; il défonce la seconde planche comme il a défoncé la première, puis, par le même procédé, il passe à la troisième, à la quatrième, etc., jusqu'à la dernière qu'il comble définitivement avec la terre obtenue par le percement de la tranchée initiale.

C'est pendant le défoncement qu'est faite l'incorporation des engrais; aussi ceux-ci doivent-ils être préalablement répandus à la surface des planches.

Défoncement par trous. — Les places que doivent occuper les arbres étant marquées, il est ouvert à chacune d'elles un trou rectangulaire de 1 à 2 mètres de côté et d'une profondeur variable selon les essences que l'on plantera. Le sol extrait est mis de côté, la terre du sous-sol se met à part. Les trous restent ouverts quelque temps, 15 jours à un mois et demi, pour que la terre s'amende au contact de l'air, puis ils sont comblés, mais c'est la terre de la superficie qui est mise au fond et la terre du sous-sol qui est placée à la surface. Cette disposition importante permet de mettre de

suite à portée des racines un milieu fertile et propice au développement général de l'arbre.

Lorsque le sous-sol est tout à fait mauvais et le sol peu épais, il vaut mieux le laisser à sa place, tout en l'ameublissant cependant et en faisant des apports de bonne terre pour augmenter l'épaisseur du sol.

Parfois, le renouvellement de la terre doit être combiné au défoncement, c'est lorsque le sol ayant déjà produit une essence, la vigne par exemple, on veut replanter cette môme essence. Ce renouvellement, usité surtout pour les cultures d'espaliers, se fait sur une profondeur de 80 centimètres et une surface d'au moins 1 mètre carré par arbre. 11 serait plus économique d'assoler la terre, c'està-dire de la planter en une essence différente de la première.

article III. — Multiplication des arbres.

Multiplier les végétaux, arbres ou plantes herbacées, c'est en augmenter le nombre, soit en se servant pour cela de l'organe naturel de la reproduction : la graine, soit en prenant une partie

enracinée {drageon) que l'on détache de l'individu, ou bien un rameau aérien auquel on fait produire artificiellement des racines [bouture, marcotte) ou bien encore un simple bourgeon, un rameau que l'on place sur un autre individu pour qu'il y vive et y croisse en parasite de la sève puisée par les racines de ce dernier [greffon).

Ces procédés décrits brièvement dans l'ordre que nous venons d'énoncer s'appellent : 1° Le semis, 2° la séparation des drageons, 3° le bouturage, 4° le marcottage, 5° le greffage. Nous allons les étudier.

Semis. — Le semis est un procédé de multiplication peu usité en aboriculture, du moins pour la multiplication directe des arbres. La raison de ceci est que rarement nos variétés se reproduisent d'une manière exacte par la voie du semis. Presque toujours les graines des variétés, au lieu de reproduire leur ascendant immédiat, donnent naissance à des individus qui rappellent les types primitifs de l'espèce, les types sauvages. Si vous semez les pépins d'une poire duchesse, par exemple, ces pépins produiront des « sauvageons », c'est-à-dire des

poiriers n'ayant aucune analogie avec la variété génératrice.

Quelques variétés de pêcher, d'abricotier, de prunier passent pour se reproduire exactement par la voie du semis.

Mais les pépins de poires, de vignes, les noyaux de pêches, de prunes, d'abricots, etc., devront être semés pour la production de « sujets », c'està-dire d'individus « porte-greffe » . Ils seront semés encore en vue de la production des nouvelles variétés, car, s'il est vrai qu'une certaine force ( l'atavisme ) tend constamment à reproduire dans les descendants des variétés les caractères des types primitifs sauvages, il existe une autre force (l'hérédité) moins puissante, qui procure à certains descendants privilégiés le pouvoir de reproduire les qualités de leurs parents immédiats. Quelquefois même ces qualités sont avantageusement modifiées ou légèrement accrues. Ce sont ces genres de modifications qui produisent les nouvelles variétés. Seulement il faut semer des quantités considérables de graines pour espérer obtenir quelques variétés nouvelles dignes d'être propagées.

On peut, il est vrai, préparer de longue main

l'obtention de ces variétés nouvelles en pratiquant des fécondations artificielles entre individus d'élite.

Agir ainsi, c'est enlever à l'atavisme une partie de sa fâcheuse influence.

Les semis de pépins et noyaux d'arbres fruitiers se feront très tôt, peu de temps après la consommation des fruits. Si on tardait trop, la vitalité des germes serait perdue. C'est le plus souvent à l'automne que l'on opère.

On sème en rayon dans un sol sain de consistance moyenne et peu profondément ameubli, pour que les pivots ne puissent pas s'enfoncer trop.

Fig. 14. — Graine germant, co. p. c. racine principale, t. tige; co collet c tégument, a albumen.

Quand les semis ne peuvent être faits en automne, il faut stratifter les graines, c'est-à-dire les disposer

dans des pots à fleurs par couches alternant avec

des couches de sable.

Le pot à fleur est conservé en cave ou enfoui

au pied d'un mur. En avril, les graines stratifiées

sont germées (fig. 14), on les sème avec précaution

pour ne point casser les germes. Le plus simple

consiste à répandre ces graines ou amandes au

fond des rayons, puis à les recouvrir de terreau

sans presser celui-ci.

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Séparation des drageons. — Un drageon (fig. 15) est un rameau qui, poussant sur la souche souterraine de certaines plantes, porte à sa base,

Fig. 15. — Arbre à racines drageonnantes a a drageons.

sur sa partie enterrée, des racines adventives ; il peut donc être détaché de son pied générateur et

planté à part pour constituer un nouvel individu indépendant.

Le framboisier, le figuier, le prunier myrobolan, le noisetier se multiplient ainsi.

L'époque à laquelle on opère est le printemps dans le nord de la France, et l'automne dans le midi.

Bouturage. — Une bouture est un rameau aérien qui, placé dans des conditions spéciales, émet des racines adventives et constitue bientôt une plante distincte, complète.

Les arbres qui se multiplient surtout par oe procédé sont la vigne, le cognassier, le groseillier, le figuier.

Les rameaux-boutures sont détachés en novembre, coupés exactement au-dessous d'un oeil, liés en bottes, étiquetés et enfouis dans le sol la pointe en bas ; leur longueur varie selon les espèces : groseillier, 15 centimètres, vigne, cognassier 20 à 22 centimètres.

La bouture peut être compliquée, c'est-à-dire peut porter différentes parties ou amputations qui favorisent l'émission de ses racines. Les boutures

conîpliquées les plus communes sont : la bouture à talon (fig. 16), elle porte à sa base tout l'empattement par lequel elle tenait à la plante génératrice ; la bouture crossetle (fig. 17) munie d'une portion de

Fig. 16.

Bouture à talon.

Fig. 17.

Bouture à crossette.

Fig. 18 Bouture écorcée.

vieux bois à sa base; la bouture écorcée (fig. 18) sur laquelle on a enlevé des lambeaux d'écorce .

Fig. 19. — Bouture anglaise.

Les boutures compliquées sont particulièrement usitées pour la multiplication de la vigne . On

emploie aussi pour propager la vigne la bouture à un œil dite bouture anglaise (fi g. 19), mais elle ne s'enracine très bien qu'en serre, non en pleine terre.

Au printemps, en avril, les boutures extraites du soi où on les avait enfouies sont plantées en terre fumée de terreau et ameublie depuis l'automne . On plante les boutures au plantoir dans leur posi-

Fig. 20. — Piquage dans lo sable des boutures.

Fig. 21.' — Terminaison de la plantation.

tion normale cette fois, et les enfonçant jusqu'à leur œil terminal. La terre sera bien appuyée autour d'elles, pour éviter leur dessication.

Au lieu de planter au plantoir, on peut ouvrir une rigole et disposer les boutures debout, appuyées contre un des côtés, puis combler et tasser, marcher sur la terre pour l'appuyer contre les boutures (fig. 20-21).

Dans ce cas, les boutures, au lieu d'être verticales dans le sol, sont légèrement penchées, ce qui ne nuit pas à leur enracinement au contraire. On peut même accentuer cette inclinaison ou bien couder la bouture (fig. 22).

Fig. 22. — Bouture coudée.

Le sol de la pépinière où sont les boutures sera paillé, c'est-à-dire garni d'une épaisseur uniforme de 3 centimètres de fumier décomposé.

Cela entretiendra une fraîcheur favorable à l'émission des racines ; si le paillis était insuffisant, il faudrait arroser.

A la fin de l'année, les boutures sont enracinées, beaucoup d'entre elles peuvent être déplantées et

mises en place, soit au jardin fruitier proprement dit, soit autre part.

Marcottage. — « Lorsqu'on suit avec attention la végétation d'un fraisier (fig. 23), dit Payer ',

Fig. 23. — Pied non fleuri de Fraisier Quatre Saisons, muni d'une branche qui s'est enracinée naturellement sur deux points.

on remarque qu'au printemps un grand nombre de branches sortent de l'aisselle des feuilles de la tige et s'allongent en rampant à la surface du sol ; puis on voit poindre sur la partie de ces branches en

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